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Air pollution : quand la santé paie la facture, et comment le secteur de la santé peut devenir la solution

  • oliviertoma
  • 2 déc. 2025
  • 3 min de lecture

Chaque année, la pollution de l’air reste l’un des premiers facteurs environnementaux de mortalité en Europe. Le nouveau rapport 2025 de l’Agence Européenne de l’Environnement (EEA) confirme que les particules fines (PM2.5), l’ozone (O₃) et le dioxyde d’azote (NO₂) provoquent des dizaines de milliers de décès prématurés, aggravent les maladies chroniques, impactent les capacités cognitives des enfants et fragilisent les populations les plus vulnérables.

La pollution atmosphérique n’est donc pas seulement un enjeu écologique : c’est un problème de santé publique majeur, une bombe économique, et paradoxalement… un champ d’action immense pour les établissements de santé eux-mêmes.


D’où viennent les particules fines ? Comprendre pour agir

Les PM2.5 proviennent principalement de :

  • la combustion des carburants (transport routier, chauffage au fioul, chaudières anciennes)

  • l’industrie (procédés thermiques, production de matériaux, incinération)

  • l’agriculture (ammoniac qui se combine pour former des particules secondaires)

  • la logistique et le fret

  • certaines émissions hospitalières indirectes liées aux déplacements de patients, de visiteurs, de personnels, ainsi qu’aux chaînes d’approvisionnement.


Autrement dit : la moitié de notre exposition vient de processus que nous pouvons modifier, réduire ou transformer.


Un impact sanitaire massif, documenté et concret

Selon l’EEA 2025, la pollution atmosphérique est liée à :

  • une augmentation de la mortalité cardiovasculaire et respiratoire,

  • des complications chez les enfants (asthme, infections respiratoires),

  • une aggravation des pathologies chroniques,

  • un impact documenté sur la fertilité et le développement du fœtus,

  • une hausse des hospitalisations, coûtant chaque année des milliards aux systèmes de santé.


En France, le coût sanitaire et économique de la pollution de l’air est pèse plusieurs dizaine de milliards d’euros par an (soins, arrêts maladie, perte de productivité).Dans les établissements de santé eux-mêmes, la qualité de l’air intérieur est souvent 2 à 5 fois plus polluée que l’air extérieur, rappelait déjà l’ANSES et les données compilées dans votre Carnet des Tendances .

Ce n’est donc pas seulement un enjeu climatique : c’est un enjeu budgétaire national et un levier de soutenabilité pour notre système de santé.


Pourquoi le secteur de la santé a un rôle décisif à jouer

La santé « subit » la pollution, mais elle en est aussi - indirectement - un acteur via ses achats et sa logistique.Or les données du " carnet des tendances" montrent que :

  • 65 % des établissements ont déjà intégré des critères d’achats durables, mais seulement 6 % de manière systématique .

  • Le transport associé aux soins représente souvent la première source d’impact carbone (jusqu’à 95 % pour certains parcours de soins, comme l’a montré l’étude du CHU de Nîmes) .

  • Le secteur génère des milliers de tonnes de déchets, dont une partie liée au tout-jetable et à des emballages inutiles, eux-mêmes émetteurs de particules fines à la production et à l’incinération.


À l’inverse, lorsqu’un hôpital oriente ses achats vers :

  • des produits réutilisables (ex : stérilisation réintroduite au CHU de Toulouse)

  • des flux logistiques mutualisés

  • des matériaux à faible impact

  • des solutions bas carbone

  • des ACV systématiques sur les produits de santé

  • des SPASER ambitieux (ex : GHT Atlantique 17)

… alors les émissions indirectes chutent, et les dépenses aussi.

Notre Carnet des tendances montre par exemple :– une réduction de 97 % de l’impact environnemental lorsque l’on réutilise plutôt que recycler une lame de laryngoscope ;– des gains énergétiques majeurs via l’ISO 50001 ;– des mutualisations logistiques qui réduisent fortement les particules liées au fret.

Chaque marché public bien écrit, chaque cahier des charges bien construit devient une action de santé publique.


Réduire les particules fines grâce aux achats responsables : 5 leviers concrets

1. Choisir des produits réutilisables plutôt que jetables

Réduction directe de la production, de la combustion des déchets et des flux logistiques.

2. Exiger des analyses de cycle de vie (ACV)

Comme pour les générateurs d'oxygène Novair, l’ACV révèle des gains carbone de 10 à 70 % selon les scénarios de production .

3. Mutualiser les commandes

Moins de camions, moins de kilomètres, moins de particules.

4. Intégrer des critères ESG obligatoires dans les marchés

La CSRD pousse déjà dans ce sens ; les établissements peuvent aller plus loin via SPASER ou chartes fournisseurs.

5. Réduire les déplacements liés aux soins

Téléconsultations, parcours repensés, optimisation des suivis : jusqu’à 95 % d’impact carbone évité.



Conclusion : la pollution de l’air n'est pas une fatalité — c’est un révélateur

La pollution tue. Elle coûte. Elle dégrade.Mais elle montre aussi que la santé est l’un des rares secteurs capables d’agir immédiatement sur tous les leviers : prévention, achat, innovation, organisation, sobriété.

Le rapport de l’EEA 2025 nous rappelle l’urgence.Le secteur de la santé, lui, rappelle qu'il existe des solutions — simples, mesurables, duplicables — quand on choisit de mettre la santé environnementale au cœur des établissements.

Et si nous décidions, collectivement, que chaque achat hospitalier devienne un acte de prévention ?

 
 
 

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