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SNANC 2025-2030 : la nouvelle boussole de l’alimentation en santé

  • oliviertoma
  • il y a 2 heures
  • 4 min de lecture

Voici la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat 2025-2030 (SNANC). Elle marque un tournant clair : l’alimentation n’est plus seulement une question agricole ou sanitaire, elle devient un levier structurant de santé publique, de transition écologique et de cohésion sociale. Pour les établissements de santé, médico-sociaux et les structures accueillant de jeunes enfants, c’est un signal fort et opérationnel.


La stratégie fixe une ambition centrale : transformer durablement les régimes alimentaires des Français pour réduire les maladies chroniques, l’empreinte carbone et les inégalités sociales. Elle articule explicitement les enjeux nutritionnels, climatiques et de santé environnementale. Autrement dit, ce que vous défendez depuis des années dans vos démarches RSE et d’éco-conception des soins devient une politique nationale consolidée.


Concernant la restauration collective, l’objectif est clair : faire de ce secteur un moteur de transformation. La SNANC rappelle et renforce les exigences issues d’EGAlim, avec une montée en puissance de l’approvisionnement en produits durables et de qualité, dont une part significative en bio, et une trajectoire de diversification des protéines en faveur du végétal. La restauration collective est identifiée comme un levier prioritaire pour réduire l’empreinte carbone alimentaire, améliorer la qualité nutritionnelle des repas et lutter contre le gaspillage.


Pour les hôpitaux, EHPAD, établissements médico-sociaux et structures d’accueil de la petite enfance, cela implique plusieurs responsabilités structurantes.

D’abord, améliorer la qualité nutritionnelle des menus. La stratégie insiste sur la prévention de l’obésité, du diabète, des maladies cardiovasculaires et de certains cancers par une meilleure composition des repas : réduction du sel, du sucre et des produits ultra-transformés, augmentation des fruits, légumes, légumineuses et fibres. Dans les établissements de santé, cela dépasse la simple restauration : c’est un acte de soin. L’alimentation est reconnue comme partie intégrante du parcours de santé.


Ensuite, réduire l’empreinte environnementale des approvisionnements. La SNANC aligne explicitement l’alimentation avec la Stratégie nationale bas carbone. Les établissements publics, dont les hôpitaux, sont appelés à intégrer des critères climatiques et environnementaux dans leurs marchés publics : saisonnalité, proximité, modes de production, impact carbone. Cela rejoint directement les logiques de SPASER et de commande publique responsable. La restauration hospitalière devient un outil d’exemplarité territoriale.


La lutte contre le gaspillage alimentaire est identifiée comme un axe prioritaire. Les établissements de santé sont concernés à double titre : pour des raisons économiques et environnementales, mais aussi pour des raisons éthiques. La stratégie encourage la mesure systématique des pertes, la formation des équipes, l’adaptation des portions, le travail sur l’acceptabilité des menus et la valorisation des biodéchets. Les outils méthodologiques existants seront consolidés et diffusés.

La question des publics vulnérables occupe une place centrale. Les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et les patients hospitalisés sont explicitement identifiés comme des populations prioritaires. La SNANC renforce l’idée que les établissements accueillant ces publics doivent proposer une alimentation exemplaire, protectrice et éducative. Dans les crèches et écoles, l’alimentation devient un vecteur d’apprentissage du goût, de prévention des inégalités sociales de santé et de sensibilisation aux enjeux environnementaux.

Sur la formation, la stratégie est explicite : la montée en compétences des professionnels de la restauration collective est indispensable. Cela concerne les cuisiniers, les gestionnaires, les acheteurs publics, mais aussi les soignants et encadrants. Il s’agit de former à la nutrition, à la diversification protéique, à la réduction du gaspillage, aux critères environnementaux et aux achats responsables. La SNANC prévoit le renforcement des dispositifs de formation initiale et continue, ainsi que la production d’outils pédagogiques nationaux. Les établissements de santé ont donc un rôle clé à jouer pour structurer des plans de formation internes cohérents avec leur stratégie RSE.

La stratégie insiste également sur l’évaluation et le pilotage. Des indicateurs seront mobilisés pour suivre l’évolution de la qualité nutritionnelle, de l’impact environnemental et de l’accès à une alimentation durable. Les établissements publics seront progressivement amenés à documenter leurs pratiques. Cela ouvre un espace stratégique pour intégrer ces indicateurs dans les démarches qualité, les certifications, les projets d’établissement et les labels.

En matière de moyens, l’État annonce un renforcement de la coordination interministérielle et l’articulation avec les politiques agricoles, climatiques et sanitaires. Des financements continueront à transiter par les dispositifs existants liés à la transition écologique, à la santé publique et à l’alimentation durable, notamment via les agences régionales, les programmes nationaux et les appels à projets. La restauration collective est clairement positionnée comme bénéficiaire prioritaire de ces dynamiques, en particulier lorsqu’elle s’inscrit dans une logique territoriale.

Pour les établissements de santé, le message est limpide : la restauration n’est plus un centre de coûts isolé, mais un levier stratégique. Elle impacte la santé des patients, la performance environnementale de l’établissement, son image, son attractivité et sa conformité aux politiques publiques. Elle devient un pilier de la RSE hospitalière.


En synthèse, la SNANC 2025-2030 fixe quatre orientations structurantes pour la restauration collective hospitalière : améliorer la qualité nutritionnelle, réduire l’empreinte carbone, lutter contre le gaspillage et former massivement les professionnels. Les établissements de santé et les structures accueillant des jeunes enfants sont appelés à être exemplaires et moteurs.

Pour un dirigeant hospitalier ou un directeur d’EHPAD, la question n’est donc plus de savoir s’il faut transformer la restauration, mais comment accélérer. La stratégie nationale fournit le cadre. La RSE et l’éco-conception des soins peuvent en devenir la méthode.

 
 
 

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