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Que notre alimentation soit notre premier médicament ( Hippocrate)

  • oliviertoma
  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture



Dans les établissements de santé comme à domicile, la question de l’alimentation ne se résume pas à la logistique des repas, mais à un enjeu de santé publique. La littérature scientifique est abondante sur le rôle des apports alimentaires sur les maladies chroniques, et une des interventions les plus documentées est la réduction de la consommation de sodium.


Les autorités sanitaires internationales, sur la base des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, recommandent un apport en sodium inférieur à 2 g par jour, correspondant à moins de 5 g de sel, comme stratégie clé pour réduire la pression artérielle et les risques cardiovasculaires.

Les preuves issues de revues systématiques et de méta-analyses sont claires : une diminution de l’apport en sodium réduit significativement la pression artérielle, chez les personnes hypertendues comme chez les normotendues, et est associée à une baisse du risque d’accidents cardiovasculaires, de mortalité cardiovasculaire et d’AVC.

Des travaux montrant l’impact à l’échelle populationnelle suggèrent que une réduction de l’apport de 5 g de sel par jour est associée à une diminution substantielle du risque d’AVC et de maladie coronarienne, avec des chiffres d’effets cliniquement significatifs rapportés.


Une restauration éthique et durable comme levier social et sociétal

Au-delà de ce seul levier nutritionnel, la restauration collective peut et doit être pensée comme un outil de santé publique et un levier sociétal majeur dans le secteur de la santé. Quand on observe que les facteurs alimentaires contribuent largement à la progression des maladies chroniques - hypertension, diabète de type 2, obésité, maladies cardiovasculaires - il devient évident que ce que l’on sert à la cantine hospitalière ou en EHPAD n’est pas neutre.


Porter une politique de restauration éthique et durable, c’est intégrer dès la conception des menus des objectifs de qualité nutritionnelle, de réduction des aliments ultra-transformés, de maîtrise des apports en sodium, mais aussi de préservation environnementale, en réduisant les protéines animales au profit des protéines végétales et en diminuant l’empreinte carbone et hydrique des repas.

Ce travail n’est pas isolé : il doit être articulé avec les centrales d’achat des établissements, avec les sociétés de restauration collective et avec les équipes de soins et de direction. Fixer des objectifs ambitieux en matière de teneur en sel, de densité nutritionnelle, d’origine locale des aliments ou de menus à haute qualité environnementale peut devenir, dans une stratégie RSE intégrée, un moteur d’innovation pour toute la chaîne alimentaire hospitalière.


Le rôle pédagogique des établissements de santé

Les établissements de santé sont des lieux d’exemplarité. Ils ont une audience captive, composée des patients dont les habitudes alimentaires influencent leur rétablissement, mais aussi des personnels soignants et des familles qui observent et sont sensibles aux pratiques institutionnelles. En faisant de la restauration un espace d’éducation à une alimentation plus saine et durable, ils deviennent aussi des vecteurs de culture alimentaire pour leur territoire.

Dans cette perspective, proposer des recettes qui boostent l’immunité, qui favorisent les micronutriments essentiels, qui réduisent les facteurs de risque cardio-métaboliques,qui anticipent les interactions Médicaments/Aliments devient une manière d’agir sur la santé avant même que le malade ne franchisse la porte du cabinet. Ces approches ne sont pas anecdotiques : elles s’inscrivent dans une stratégie cohérente de prévention primaire et secondaire, qui intègre les déterminants alimentaires des maladies chroniques.


En synthèse

Réduire le sel dans l’alimentation n’est pas seulement un impératif nutritionnel : c’est une politique de santé publique avec des effets mesurables sur la pression artérielle et les risques cardiovasculaires. Ce levier s’inscrit dans un panorama plus large où la restauration collective peut devenir un levier social, sociétal et thérapeutique puissant, en s’appuyant sur des objectifs de qualité nutritionnelle, de durabilité environnementale et d’éducation à la santé.

En intégrant ces dimensions dans une stratégie RSE structurée, les établissements de santé peuvent transformer un acte quotidien - le repas -

en un terrain d’action pour la prévention, l’éducation et la performance globale.

 
 
 

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