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Climat, santé publique et économie : l’OCDE rappelle une vérité que la politique peine encore à regarder en face

  • oliviertoma
  • 7 déc. 2025
  • 4 min de lecture

Il y a parfois des rapports qui ne demandent ni commentaires, ni interprétations : simplement qu’on les lise, qu’on les comprenne, et qu’on en tire des décisions.Le Panorama de la santé 2025 publié par l’OCDE fait partie de ceux-là.

L'organisation – qui réunit 38 pays et produit depuis des décennies les analyses les plus solides sur l'économie, la santé publique et les politiques sociales – envoie un message sans ambiguïté : la crise climatique est désormais l’un des déterminants majeurs de la santé humaine, mais aussi un risque économique systémique.

Et pourtant, elle continue d’être abordée comme un sujet partisan, un champ de bataille idéologique, un axe programmatique réservé aux partis écologistes.C’est précisément ce que l’OCDE démonte , chiffres à l’appui.


L’OCDE rappelle un principe simple : la crise climatique est une crise sanitaire

Le rapport insiste notamment sur :

  • l’augmentation des maladies cardiovasculaires et respiratoires liées à la dégradation de l’air ;

  • la montée des pathologies liées aux vagues de chaleur (déshydratation, insuffisances rénales, complications chroniques) ;

  • la progression de maladies vectorielles dans des zones où elles étaient historiquement absentes ;

  • la saturation progressive des systèmes de santé lors d’épisodes climatiques extrêmes.

Autrement dit :ce que nous appelons “climat” se traduit, en médecine, par des admissions, des maladies, des décès, du handicap et des coûts.

Ce n’est plus une projection ; c’est une observation clinique.


Le changement climatique coûte déjà très cher et ce n’est qu’un début

La crise climatique n’est pas seulement un sujet “environnemental” : c’est une menace directe sur l’assurabilité, la stabilité financière des territoires, et la capacité des ménages et des entreprises à absorber les chocs.

Comme le montre de nombreuses études :les primes d’assurance explosent en France, sous l’effet de la multiplication des catastrophes climatiques, au point que certains territoires deviennent difficilement assurables.


Quand l’assurance vacille, c’est toute l’économie qui vacille :

  • baisse de la valeur immobilière,

  • baisse des investissements,

  • renchérissement du coût du capital,

  • fragilisation des entreprises,

  • exposition accrue des ménages aux chocs futurs.

Le climat n’est plus un horizon lointain , c’est une ligne budgétaire, un risque systémique, et un révélateur de vulnérabilités que ni les États ni les marchés n’avaient anticipés à une telle vitesse.


Agir pour le climat : ni militantisme, ni utopie , mais politique de santé et de stabilité

Une erreur culturelle majeure persiste :la transition écologique est encore perçue, dans le débat public, comme une posture idéologique.

Une partie du monde politique , y compris certains partis écologistes , a parfois contribué à installer l’idée que “agir pour le climat” relevait d’un engagement militant, presque identitaire, créant un clivage inutile :d’un côté les convaincus, de l’autre les sceptiques.

Or, les données de l’OCDE montrent l’inverse :agir pour le climat, c’est maintenir des populations en bonne santé, préserver les infrastructures, protéger l’économie et sécuriser l’avenir des territoires.

Ce n’est ni un acte moral, ni un acte partisan.C’est un choix rationnel de santé publique et de durabilité économique.


Pourquoi chaque parti politique devrait intégrer ces conclusions , sans exception

L’OCDE ne parle pas aux écologistes.Elle parle aux ministres des finances, aux directeurs d’hôpitaux, aux économistes, aux assureurs, aux parlementaires, aux maires, aux citoyens.


Quand un rapport de cette ampleur affirme :

  • que le climat dégrade déjà les systèmes de santé,

  • qu’il augmente le coût des vies humaines et des pathologies chroniques,

  • qu’il affaiblit l’assurabilité,

  • qu’il risque d’entraîner une instabilité économique durable,


il ne s’agit plus de convictions politiques.Il s’agit de gouvernance responsable, de protection des générations futures, et de survie économique.


La transition écologique devrait donc être :

  • un axe sanitaire (réduction des pathologies évitables),

  • un axe économique (préservation du capital, réduction des risques),

  • un axe social (équité, résilience),

  • un axe industriel (innovation, compétitivité).

Et non un marqueur partisan.


La voie à suivre : santé, climat et économie comme un seul et même sujet

Il est temps de dire les choses clairement :la politique climatique est la nouvelle politique de santé publique,et la politique de santé publique est l’un des meilleurs investissements économiques disponibles.


Agir pour le climat, c’est :

  • moins de maladies,

  • moins d’hospitalisations,

  • des territoires plus sûrs,

  • une économie plus stable,

  • une meilleure soutenabilité budgétaire,

  • une attractivité renforcée.

Le dérèglement climatique est un “stress test” géant.La transition écologique est la stratégie d’adaptation la plus intelligente dont nous disposons.


Conclusion : Agir pour le climat n’est pas un acte militant. C’est un acte de santé et de pérennité.

Le message de l’OCDE devrait être compris comme tel :ne pas agir coûtera toujours plus cher , en vies humaines, en santé publique, en infrastructures, en stabilité économique.


Agir, au contraire :

  • protège,

  • prévient,

  • valorise,

  • stabilise,

  • et garantit l’avenir de l’économie comme celui des générations futures.


La véritable question politique n’est donc plus :“Faut-il agir ?”mais “Comment agir ensemble, maintenant, pour protéger notre santé et notre économie ?”

C’est cela, la voie responsable.Et cela n’appartient à aucun parti : cela concerne la société entière.

 
 
 

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