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COP31 : pourquoi le monde de la santé doit s’y intéresser

oliviertoma
22 oct.
6 min de lecture

Une chambre qui surchauffe. Des soignants qui travaillent sous tension pendant une canicule. Un établissement menacé par une inondation. Des approvisionnements perturbés. Le changement climatique pose une question très concrète : comment continuer à bien soigner dans un climat qui change ?


Du 9 au 20 novembre 2026, la COP31 se tiendra à Antalya, en Turquie. Cette conférence internationale sur le climat peut sembler éloignée du quotidien des établissements de santé. Pourtant, elle concerne directement leur avenir : prévention, continuité des soins, investissements, conditions de travail et réduction des impacts environnementaux. Source : CCNUCC



Une COP, à quoi ça sert ?

Une COP est une « Conférence des Parties » : une réunion des États signataires d’une convention internationale. Ici, il s’agit de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques, à laquelle se rattache l’Accord de Paris.

Les États y négocient notamment la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’adaptation aux conséquences du réchauffement et les moyens financiers nécessaires à l’action.

Mais une COP accueille aussi des conférences, des rencontres scientifiques, des présentations de projets et des initiatives volontaires.


Il faut donc distinguer trois choses : une décision négociée entre États, un engagement volontaire et une solution présentée lors d’un événement. Leur portée n’est pas la même. Une annonce très visible ne devient pas automatiquement une obligation pour les établissements de santé.


La santé aura-t-elle une place à la COP31 ?

Oui. Selon le programme annoncé par l’OMS, une journée consacrée à la santé est prévue le 9 novembre, suivie d’une journée dédiée à l’alliance ATACH le 10 novembre. Cette alliance accompagne la transformation des systèmes de santé face au changement climatique. La santé figure également parmi les dix thèmes prioritaires de la présidence. Source : OMS — Santé à la COP31

Un Pavillon Santé, organisé par l’OMS avec Wellcome et la communauté de la santé, est annoncé pendant les deux semaines de conférence. Il doit réunir des acteurs de différents secteurs autour des liens entre climat, santé et équité. Source : OMS — Pavillon Santé

Cette visibilité est encourageante. Elle devra maintenant se traduire en actions, en moyens et en résultats.


One Health : regarder au-delà des murs de l’hôpital

L’approche One Health, ou « Une seule santé », reconnaît que la santé humaine, celle des animaux, des végétaux et des écosystèmes sont interdépendantes.

Elle invite à faire travailler ensemble des acteurs qui interviennent encore trop souvent séparément : professionnels de santé, vétérinaires, collectivités, spécialistes de l’environnement, agriculteurs et chercheurs. La qualité de l’eau, les maladies transmises par des vecteurs, la sécurité alimentaire ou l’antibiorésistance illustrent ces liens. Source : OMS — One Health

Pour un établissement de santé, cette approche ouvre une perspective : prévenir les risques avec son territoire, plutôt que répondre uniquement à leurs conséquences dans les services.

À la COP31, notre question sera donc : les initiatives présentées encouragent-elles une coopération durable entre santé, environnement et acteurs locaux ?


Adapter les hôpitaux : pouvoir soigner pendant la crise

L’adaptation consiste à préparer les établissements aux effets présents et futurs du changement climatique. L’OMS propose déjà un cadre pour construire des systèmes de santé capables d’anticiper les risques climatiques et de maintenir des soins sûrs et de qualité. Source : OMS — Cadre opérationnel


À l’échelle d’un hôpital, cela conduit à poser des questions très pratiques :

  • Quels services sont les plus exposés à la chaleur ou aux inondations ?

  • Comment maintenir l’accès à l’eau, à l’énergie et aux communications ?

  • Les accès au site et les approvisionnements restent-ils possibles pendant un événement extrême?

  • Comment protéger les patients les plus vulnérables et organiser une hausse des besoins ?

  • Les solutions prévues tiennent-elles compte du climat des prochaines décennies ?


Voici une question utile pour ouvrir une discussion en équipe : « Si un épisode extrême durait plusieurs jours, quelles fonctions de notre établissement seraient fragilisées en premier ? »

La COP31 s’inscrit notamment dans le prolongement du Plan d’action de Belém pour la santé, lancé autour de la COP30 et consacré à l’adaptation du secteur. Nous pouvons attendre de cette nouvelle conférence qu’elle aide à transformer ce cadre en projets financés et suivis. Cela reste une attente, pas un résultat acquis. Source : OMS — Plan de Belém


Écoconcevoir les soins : intégrer l’environnement aux décisions

Adapter le système de santé et réduire son empreinte doivent avancer ensemble. C’est la double ambition du cadre de l’OMS sur les systèmes de santé résilients et bas carbone. Source : OMS

L’écoconception des soins donne une traduction concrète à cette ambition : examiner un soin ou un parcours pour réduire ses impacts environnementaux, tout en préservant sa pertinence, sa qualité et sa sécurité.

Parmi les pistes à étudier avec les équipes : ajuster les matériels préparés aux besoins réels, limiter les produits ouverts puis jetés, interroger les déplacements évitables ou comparer des solutions sur l’ensemble de leur cycle de vie.

Un point mérite toute notre vigilance : réduire le carbone ne suffit pas à évaluer une solution. Il faut aussi examiner ses conséquences sur l’eau, les ressources, les pollutions et le travail des professionnels.

Pour la COP31, nous pouvons souhaiter davantage de méthodes partagées, de retours d’expérience et de soutien aux équipes. Il serait prématuré d’annoncer qu’elle imposera une méthode universelle d’écoconception des soins.


La santé des soignants doit faire partie de l’adaptation

On ne peut pas parler de résilience hospitalière sans parler des personnes qui font fonctionner l’hôpital.

La chaleur au travail expose notamment à la déshydratation et au coup de chaleur. Sa prévention exige d’agir sur les locaux, les tâches, les temps d’exposition, les pauses et l’accès à l’eau. Sources : INRS — Effets sur la santé, mesures de prévention

Pour les établissements, cela invite à construire l’adaptation avec les équipes : soignants, personnels techniques, logistiques, administratifs et services de prévention et de santé au travail.

Notre attente pour la COP31 est claire : que les professionnels soient reconnus comme des personnes à protéger et comme des acteurs des transformations. Leur demander de porter de nouvelles démarches suppose du temps, de la formation et des moyens.


Que peut-on raisonnablement attendre de cette COP ?

Voici notre grille de lecture pour le secteur de la santé :

Des financements accessibles. Les annonces permettent-elles réellement de financer des établissements, des infrastructures et des compétences, notamment dans les territoires les plus vulnérables ?

Des plans opérationnels. Les engagements précisent-ils qui agit, avec quel budget et à quelle échéance ?

Des résultats mesurables. Suit-on la continuité des soins, la protection des populations et des équipes, ainsi que les impacts environnementaux ?

Une attention aux inégalités. Les solutions bénéficient-elles aussi aux personnes et aux structures disposant de moins de ressources ?

Une action sur les causes. L’adaptation doit aller de pair avec la réduction des émissions : le rapport spécial de l’OMS pour la COP30 souligne les limites de l’adaptation lorsque le changement climatique se poursuit. Source : OMS — Rapport spécial COP30

Une COP peut donner une direction et accélérer des coopérations. Sa réussite se jugera aussi après la clôture, dans les budgets, les organisations et les résultats.


Où suivre ce qui se dit pendant la conférence ?

Quelques sources complémentaires permettent de suivre les échanges sans être sur place :

Et si nous commencions avant la COP ?

Inutile d’attendre la déclaration finale pour réunir une équipe autour de trois questions :

Quel risque climatique menace le plus notre capacité à soigner ?

Quel soin ou parcours pourrions-nous examiner sous l’angle de l’écoconception ?

De quoi nos professionnels ont-ils besoin pour travailler en sécurité pendant une crise climatique ?

La COP31 mérite notre attention parce qu’elle touche à une mission essentielle : préserver la possibilité de soigner, aujourd’hui et demain.

Pour RSE 4 Life, suivre cette conférence, c’est chercher comment les engagements internationaux peuvent devenir des améliorations concrètes pour les patients, les professionnels et les territoires.


 
 
 

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