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Environnement et santé : un Européen sur cinq meurt d’une cause cardiovasculaire évitable

  • oliviertoma
  • 12 nov. 2025
  • 3 min de lecture

Le chiffre claque : selon le dernier rapport de l’Agence européenne pour l’environnement (EEA), publié le 6 novembre 2025, 20 % des décès cardiovasculaires en Europe pourraient être évités si nous réduisions les expositions environnementales évitables : pollution de l’air, bruit, stress thermique et modes de vie urbains inadaptés.Ce rapport, intitulé “Healthy environments for healthy hearts”, analyse la mortalité cardiovasculaire dans les 27 pays membres de l’Union européenne et ses corrélations directes avec la qualité de l’air, la chaleur urbaine, la pollution sonore et l’accès aux espaces verts.


L’air que nous respirons tue (encore)

La pollution de l’air reste le premier facteur environnemental de risque cardiovasculaire. L’EEA estime qu’elle est responsable de plus de 250 000 décès prématurés par an en Europe.Les particules fines (PM2.5) et le dioxyde d’azote (NO₂) provoquent des inflammations chroniques et un stress oxydatif favorisant infarctus et AVC.Bonne nouvelle : les villes ayant mis en place des zones à faibles émissions (ZFE) et des politiques actives de mobilité douce voient déjà leurs indicateurs de santé publique s’améliorer. L’EEA cite notamment Stockholm et Amsterdam, où les taux de mortalité cardiovasculaire ont chuté plus vite que la moyenne européenne.


Le bruit, grand oublié de la santé publique

Deuxième coupable : le bruit environnemental, principalement lié au trafic routier, ferroviaire et aérien.Selon l’EEA, 18 millions d’Européens sont exposés à des niveaux dangereux (supérieurs à 65 dB), générant insomnie, anxiété et hypertension chronique.Les chercheurs soulignent que le bruit augmente de 8 % le risque d’infarctus du myocarde, un effet comparable à celui du tabagisme passif.L’urbanisme et la végétalisation peuvent réduire drastiquement cette exposition.


Chaleur urbaine et stress climatique

La hausse des températures amplifie les risques pour le cœur : en 2023, les vagues de chaleur ont été liées à plus de 61 000 décès en Europe, dont une large part d’origine cardiovasculaire.L’EEA insiste sur la nécessité d’intégrer la résilience climatique dans la planification sanitaire et urbaine : ombrage, ventilation naturelle, adaptation des horaires de travail, systèmes d’alerte et d’hydratation dans les établissements de santé.


Le cœur a besoin de nature

À l’inverse, l’exposition régulière à la nature — espaces verts, parcs, jardins — réduit le stress et améliore la tension artérielle.L’EEA démontre que vivre à moins de 300 m d’un espace vert abaisse de 16 % le risque d’hypertension et augmente l’espérance de vie de près d’un an.Les hôpitaux dotés de “green courtyards” ou de toits végétalisés constatent une baisse du stress du personnel et un meilleur rétablissement des patients : la santé environnementale, ici, devient thérapeutique.


Implications pour les établissements de santé

Ce rapport est un véritable appel à l’action. Pour les hôpitaux et cliniques :

  • Mesurer leur empreinte environnementale (air, bruit, énergie, température intérieure) devient un enjeu de santé publique ;

  • Les plans blancs et DUERP devraient inclure la vulnérabilité chaleur et la qualité de l’air intérieur ;

  • La qualité architecturale et paysagère doit être repensée : orientation, matériaux, ventilation naturelle, intégration du végétal ;

  • L’évaluation RSE ne peut plus ignorer les effets sanitaires indirects du bâti et des infrastructures.

Pour les fournisseurs, ce rapport ouvre la voie à de nouvelles attentes : proposer des solutions bâtiment-santé, des équipements sobres, silencieux, à faible émission de particules ou de chaleur.


RSE et One Health : même combat

Ce travail de l’EEA illustre parfaitement la logique One Health : la santé humaine dépend de celle de nos environnements physiques et biologiques.Le label THQSE®, la démarche OSMOSE® d’éco-conception des soins ou encore les stratégies d’achats responsabless’inscrivent pleinement dans cette vision : préserver la santé humaine en agissant sur les causes environnementales évitables.


Conclusion : vers un indicateur “Cœur-Climat-Santé” ?

Il est temps que la France et l’Europe traduisent ces données en politiques concrètes :un indicateur combiné (qualité de l’air + température + bruit + espace vert) pourrait devenir un nouvel outil de pilotage de la santé publique et hospitalière.Car au fond, améliorer la qualité de l’environnement, c’est déjà soigner le cœur des citoyens.


🔗 Source officielle

European Environment Agency (EEA)One in five cardiovascular deaths in the EU are preventable by improving the environment, 6 November 2025, Copenhague.👉 Lien direct vers le communiqué: https://www.eea.europa.eu/en/newsroom/news/state-of-europes-environment-2025

 
 
 

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