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Et si la médecine avait oublié quelque chose d’essentiel ?

  • oliviertoma
  • 28 janv.
  • 3 min de lecture

Quand l’art s’impose comme le chaînon manquant de la santé

Pendant longtemps, la médecine moderne s’est construite sur une promesse : réparer le corps.Avec rigueur, avec science, avec efficacité. Et elle y est parvenue, souvent brillamment.

Mais à force de soigner des organes, n’a-t-elle pas parfois perdu de vue l’essentiel : l’expérience humaine de la maladie?

Deux prises de parole récentes, venues de sphères différentes mais étonnamment convergentes, témoignent d’une prise de conscience mondiale : la santé ne se joue pas uniquement dans les molécules, les protocoles ou les blocs opératoires. Elle se joue aussi dans la capacité à ressentir, à créer, à se relier, à donner du sens.


Ce que la création apporte là où la médecine s’arrête

Dans un article très remarqué, le Royal College of Art pose une question simple et dérangeante :« What can creativity offer that medicine alone cannot? » Que peut offrir la créativité que la médecine, seule, ne peut pas ?

La réponse est sans détour.La création agit là où la médecine atteint ses limites :

  • dans l’appropriation du vécu de la maladie,

  • dans la reconstruction identitaire après un choc ou une pathologie lourde,

  • dans la relation soignant-soigné, souvent mise à mal par la technicité des parcours,

  • dans l’apaisement, la projection, la capacité à se sentir encore vivant et acteur.


Le Royal College of Art ne parle pas d’art comme décoration ou animation périphérique.Il parle de pratiques créatives intégrées : narration, arts visuels, design, expériences immersives…Des pratiques capables de transformer l’expérience du soin, pour les patients comme pour les professionnels.


Quand la presse médicale pose la même question

Presque au même moment, un média de référence du monde médical français, Medscape France, publie un article au titre tout aussi explicite :« L’art : l’outil manquant de la santé ? »

Ici, ce ne sont plus des designers ou des artistes qui s’expriment, mais des médecins, chercheurs et praticiens.Le constat est clair : malgré des systèmes de soins de plus en plus performants, les indicateurs de souffrance psychique, d’épuisement professionnel, de perte de sens et de chronicisation continuent d’augmenter.


L’article met en lumière des données désormais solides :

  • les interventions artistiques réduisent le stress et l’anxiété,

  • améliorent l’adhésion aux soins,

  • favorisent la récupération fonctionnelle,

  • soutiennent la santé mentale des soignants eux-mêmes.

Ce qui était perçu hier comme “complémentaire” devient aujourd’hui un levier stratégique.


Une convergence mondiale, pas un effet de mode

Ce qui frappe, ce n’est pas seulement la qualité des arguments.C’est leur convergence.

Quand une grande école d’art britannique et un média médical international tiennent le même discours, ce n’est plus une intuition isolée.C’est le signe d’un changement de paradigme :

👉 la santé ne peut plus être pensée sans intégrer les dimensions sensibles, culturelles et relationnelles.

L’Organisation mondiale de la Santé l’avait déjà formulé en 2019 en analysant plus de 900 études sur le lien entre arts et santé.Aujourd’hui, cette vision descend du niveau conceptuel vers le terrain.


En France, les leviers existent : il est temps de s’en saisir

Contrairement à une idée reçue, les établissements de santé français ne sont pas démunis pour s’engager dans cette voie.Des dispositifs de soutien publics existent déjà, portés par le Ministère de la Culture et ses partenaires.


Les appels à projets « Culture, Santé, Handicap et Dépendance » permettent :

  • de financer des projets artistiques intégrés aux établissements de santé,

  • de co-construire des démarches entre soignants, artistes et patients,

  • d’inscrire ces actions dans la durée,

  • et de documenter leurs impacts humains et organisationnels.

Autrement dit : les moyens sont là. Ce qui manque encore, c’est parfois l’audace, la vision, et la volonté de sortir d’une approche strictement biomédicale du soin.


Un appel clair aux établissements de santé

La question n’est plus :“Avons-nous le temps ou les moyens d’intégrer l’art ?”

La vraie question devient :“Pouvons-nous encore nous permettre de ne pas le faire ?”

À l’heure du vieillissement de la population, de la saturation des services, de la crise des vocations et de la santé mentale, intégrer l’art dans les parcours de soin n’est ni un luxe ni une décoration.C’est un investissement stratégique, humain et durable.


Conclusion – Soigner, c’est aussi créer

La médecine soigne les corps.La création soigne les liens, les récits, les sensations, le sens.

L’avenir de la santé ne sera ni uniquement médical, ni uniquement artistique.Il sera hybride, sensible, transdisciplinaire.

À l’Atelier des 5 Sens, cette conviction est simple :

👉 l’art ne s’ajoute pas au soin, il en révèle une dimension oubliée.

Et si c’était là, finalement, l’une des clés d’une santé plus humaine, plus juste, plus vivante ?

 
 
 

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