Greenwashing : la DGCCRF change de braquet. Et si l’écoconception devenait enfin la règle – et non l’argument marketing ?
- oliviertoma
- 8 déc. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 13 déc. 2025

Il y a des annonces qui passent inaperçues… et d’autres qui devraient faire trembler plus d’une direction marketing.Ce 16 septembre 2025, la DGCCRF a posé ses nouvelles priorités pour les années à venir. Deux mots s’imposent : écoconception et lutte contre le greenwashing.Deux mots simples, presque anodins… mais qui pourraient reconfigurer en profondeur les pratiques des entreprises françaises, tous secteurs confondus.
« La durabilité fait partie de la protection des consommateurs », rappelle Sarah Lacoche, directrice générale de la DGCCRF. Le message est clair : la transition écologique n’est plus un supplément d’âme. C’est une obligation de rigueur, de cohérence, et bientôt, de conformité.
Écoconception : la voie royale pour sortir du brouillard réglementaire
Avec l’entrée en vigueur de l’indice de durabilité et le futur règlement européen sur l’écoconception (ESPR), la DGCCRF devient la régulatrice française d’un cadre qui se durcit.2027 pour les textiles.2028 pour les meubles.Et demain, potentiellement, tout le reste.
Cette bascule crée un mouvement structurel :
L’affichage ne suffira plus. Il faudra démontrer la méthode de calcul, la robustesse des données, la réalité de la performance.
Les entreprises ne pourront plus se contenter du vernis “responsable” ; elles devront réorganiser leur conception, leur fabrication, leur supply chain.
Autrement dit : la seule défense durable contre le greenwashing, c’est l’écoconception.Pas la communication.Pas les labels opportunistes.Le produit. Le process. La preuve.
Le greenwashing : d’indignation morale à risque stratégique majeur
La DGCCRF ne s’en cache plus : après la pédagogie vient le temps de la correction, puis celui de la répression.Et un outil monte en puissance : le name and shame, utilisé pour la première fois en 2024.
Dans un monde où l’image vaut autant que le bilan financier, aucune entreprise ne peut se permettre de figurer sur une liste d’écoblanchiment publiée par l’État.Le message est limpide :Celui qui joue avec l’écologie joue désormais avec sa réputation – et avec celle de tout un secteur.

L’Europe donne le cadre : VSME, Empowering Consumers Directive, devoir de vigilance.
L’arsenal européen se complète.La directive Empowering Consumers, la réglementation VSME sur les allégations environnementales, et le devoir de vigilance convergent vers un même message :
fin des slogans vagues,
fin des preuves insuffisantes,
fin des allégations non vérifiables.
Les entreprises qui veulent éviter le mur n’auront pas le choix : mettre leur organisation en conformité structurelle, et non cosmétique.
Société à mission : l’angle mort qu’il est temps d'éclairer
Il y a pourtant en France un outil puissant, précurseur, trop peu mis en lumière : le statut de société à mission.Il impose :
une raison d’être,
des objectifs sociaux et environnementaux,
un comité de mission,
et surtout une vérification indépendante.
Ce statut pourrait devenir un levier national pour distinguer les structures sincères, organisées, transparentes… de celles qui ne le sont pas.Encore faudrait-il que les pouvoirs publics le valorisent davantage.Encore faudrait-il que les entreprises osent franchir le pas.
THQSE : transformer les allégations en engagement vérifié
Dans ce paysage en mutation, une démarche se distingue par son antériorité et sa robustesse : le label THQSE (Très Haute Qualité Sanitaire ,Sociale et Environnementale).Contrairement aux approches d’antan :
THQSE ne labellise pas des intentions,
ne labellise pas une communication,
ne labellise pas un discours.
THQSE valide par un tiers indépendant une transformation réelle, mesurable, structurante, couvrant les impacts sanitaires, sociaux, environnementaux et économiques.Exactement ce que Bruxelles demande.Exactement ce que la DGCCRF réclame.Exactement ce que les consommateurs attendent.
La fin du greenwashing passera par là : par des preuves, pas par des promesses.
Le message pour les entreprises : l’écoconception n’est plus une option. C’est une assurance-vie.
Le secteur de la santé, de l’hôtellerie, du tourisme, du textile, de l’alimentaire… tous sont concernés.
Parce qu’un jour très proche :
l’écoconception sera un pré-requis réglementaire,
les allégations devront être démontrées,
les labels devront être crédibles et certifiables,
les comportements trompeurs seront publiés,
et le marché distinguera clairement les entreprises qui agissent de celles qui racontent.

Conclusion : l'heure n’est plus au storytelling. Elle est au courage.
La DGCCRF ouvre une nouvelle ère : celle où la transition écologique cesse d’être déclarative pour devenir opérationnelle.Ceux qui s’engagent dans l’écoconception, dans le statut de société à mission, dans le devoir de vigilance et dans des démarches vérifiées comme THQSE seront les leaders de demain.
Ceux qui s’y refusent… seront tôt ou tard rattrapés par la réglementation, par les consommateurs, ou par la réalité même des risques.
L’écoconception n’est pas un coût :c’est un investissement stratégique,une preuve de cohérence,et la fin du greenwashing par le design même du produit.
L’avenir tranchera très vite entre ceux qui veulent “paraître verts” et ceux qui sont capables de le devenir vraiment.



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