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JUSTIN, ou comment un café et un soda dévoilent l’immense gâchis invisible de la restauration

  • oliviertoma
  • 5 déc. 2025
  • 4 min de lecture

On croit encore qu’une révolution écologique doit forcément ressembler à un chantier titanesque : remplacer des flottes de camions, inventer des procédés industriels, rénover des réseaux d’eau. Parfois, pourtant, la transformation se cache dans des gestes minuscules.Prenez un café. Ou un soda. Rien de plus banal. Et pourtant, derrière ces boissons anodines se cache un rituel coûteux, énergivore, souvent inutile, et presque toujours automatique.

Aujourd’hui, il est urgent d’observer ce qui nous échappe : l’impact colossal de tout ce qui entoure la boisson, mais qui n’est jamais demandé. Café ou soda, même combat : nous avons transformé un simple service en une petite cérémonie de sur-emballage et de surconsommation.


Le café : la soucoupe la plus carbonée de France

Scène de vie : vous commandez un café.On vous sert donc… un café. Mais pas seulement.

Arrivent, en renfort :

  • une touillette (bois, bambou, ou lointain souvenir de plastique),

  • un stick de sucre emballé individuellement,

  • un petit biscuit sous plastique,

  • parfois même deux sucres « au cas où »,

  • le tout posé sur une soucoupe qu’il faudra laver à 60°C.


Personne n’a rien demandé, mais tout le monde reçoit le kit complet.

Pourtant, 90 % des clients ne sucrent pas leur café.Mais 100 % reçoivent le sachet.


L’empreinte invisible

Un espresso « nu » pèse environ 30 g de CO₂e.Le trio « sucre + touillette + biscuit », lui, approche 75 g de CO₂e.

Servir un café garni triple quasiment son impact carbone.

À l’échelle du pays, c’est vertigineux :environ 17 milliards de cafés servis hors domicile par an, dont près de la moitié accompagnés du kit complet.Résultat : près de 500 000 tonnes de CO₂e annuelles rien que pour les à-côtés du café.

Le biscuit, à lui seul, est un champion méconnu : 10 g de friandise, 70 g de CO₂e - soit deux à trois fois l’empreinte du café qu’il accompagne.

Mais l’absurdité ne s’arrête pas là.Les touillettes alignées bout à bout équivaudraient à près de trente fois le tour de la Terre. Pour… touiller un café que l’immense majorité boit noir.


Le soda : quand le service automatique devient un sport de glisse

Passons à son cousin : le soda.

Vous commandez une boisson fraîche.On vous apporte :

  • un verre,

  • des glaçons (même en plein mois de décembre),

  • une paille en carton ou en bambou,

  • une rondelle de citron,

  • et la bouteille ou la canette.


Ici encore, personne n’a rien demandé.Et pourtant, on reproduit un protocole devenu plus culturel que fonctionnel.


Portrait carbone d’un soda « enrichi »

Un verre lavé, c’est 20 à 25 g de CO₂e.Une paille en carton, 2 g.Quelques glaçons, 2 g.Une rondelle de citron, 5 g.

Total : ≈ 30 à 35 g de CO₂e, sans compter la boisson elle-même.

À l’unité, c’est négligeable.À l’échelle nationale — environ 4 milliards de sodas servis hors domicile , cela représente près de 120 000 tonnes de CO₂e par an.

Pour des pailles que personne ne voulait, des glaçons que personne n’avait demandés et des citrons dont 70 % finiront au fond du verre… puis à la poubelle.


Le vrai problème : le pilotage automatique

Ni le sucre du café, ni la paille du soda ne sont des ennemis écologiques majeurs.Le souci est ailleurs : notre incapacité collective à questionner l’automatisme.

On sert sucre, biscuit, paille, verre, citron, glaçons… parce qu’on l’a toujours fait.Parce que le service doit avoir l’air « généreux ».Parce que personne n’a pris le temps de dire :« Avons-nous vraiment besoin de tout cela ? »

La restauration a été bâtie sur la générosité.Aujourd’hui, elle doit intégrer la justesse.


JUSTIN : Juste un café. Juste un soda.

Face à cette absurdité tranquille, une solution simple émerge : JUSTIN.

JUSTIN, c’est le rappel qu’un café peut être… juste un café.Un soda peut être… juste un soda.


Le principe est limpide :

On ne sert que ce qui est demandé. Rien de plus.

  • Le sucre est disponible, mais sur demande.

  • Le biscuit aussi.

  • La touillette également.

  • Pour le soda : verre, citron, glaçons, paille, idem.


Le client qui veut… demande.Le client qui ne veut pas… n’est plus submergé d’objets inutiles.

Aucun sacrifice, aucune punition écologique, aucune expérience dégradée.Juste de la sobriété, de la cohérence, et du bon sens.


Restaurateurs, hôteliers, lycées : vous êtes les acteurs clés

Il ne s’agit pas d’appauvrir l’expérience client.Il s’agit d’arrêter de la polluer par inadvertance.

Les professionnels de la restauration sont des passeurs culturels.Ils façonnent nos habitudes plus que n’importe quel ministère.Ce sont eux qui peuvent faire entrer dans la norme des gestes simples comme :

  • « Voulez-vous du sucre avec votre café ? »

  • « Souhaitez-vous un verre ? Une paille ? Des glaçons ? »


Ce sont eux qui peuvent former les prochaines générations - les lycées hôteliers - à une nouvelle esthétique du service : la sobriété choisie.


JUSTIN n’est pas un gadget, c’est une pédagogie nationale.Un million de petites décisions qui, mises bout à bout, allègent la planète et renforcent la conscience professionnelle de toute une filière.

Et si la transition écologique commençait enfin… par la table ?

Un café.Un soda.Deux boissons du quotidien, deux révélateurs d’un siècle d’habitudes accumulées.

À l’heure où chaque tonne de CO₂ compte, le changement ne viendra pas seulement de grandes réformes, mais de mille microdécisions.Les cafés, hôtels, restaurants - et ceux qui les forment - ont la capacité unique de transformer ces microdécisions en véritables rites de sobriété.


JUSTIN, c’est peut-être ça :le début d’une révolution discrète, élégante et profondément efficace.


 
 
 

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