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Le lobbying éthique : quand le Kyosei bouscule les intérêts particuliers

  • oliviertoma
  • 5 déc. 2025
  • 3 min de lecture

En France, le mot lobbying garde un parfum sulfureux : petits arrangements entre puissants, influences occultes, stratégies discrètes pour faire avancer des intérêts particuliers. Bref, un sport de compétition où le mieux placé l’emporte - rarement le citoyen.


Mais il existe une autre voie, profondément plus exigeante : le lobbying éthique, celui qui œuvre non pas pour avoir raison, mais pour le bien commun. C’est l’application concrète, presque militante, du principe japonais du Kyosei : vivre et agir ensemble pour servir l’intérêt général. Même si cela dérange des modèles économiques bien installés. Surtout si cela dérange.


Une idée simple… en théorie. Une bataille herculéenne, en pratique.

S’engager pour la santé publique et l’environnement paraît, sur le papier, une démarche d’une limpidité absolue. On imagine presque un fleuve tranquille.Dans la vraie vie, c’est plutôt du rafting de nuit, sans lampe, et au milieu des rochers.

Pourquoi ? Parce que défendre l’intérêt général ne rapporte rien à personne, ou si peu. Quel modèle économique finance les actions qui protègent la santé des enfants, la biodiversité ou la qualité de l’air ? Aucun. Ou alors seulement grâce à quelques acteurs opiniâtres, engagés, qui refusent de baisser les bras.

Car pour porter un plaidoyer crédible, il faut des compétences multiples : techniques, juridiques, scientifiques, chimiques, journalistiques, logistiques, communicantes. Une armée spécialisée que peu d’associations peuvent rassembler.

C’est pourtant le pari que nous avons fait.


1998 : quand tout commence avec un biberon… et des phtalates

En 1998, nous avons ouvert un premier front : celui des cosmétiques pour nouveau-nés et des phtalates dans les dispositifs destinés aux bébés hospitalisés.Nous avons alerté, informé, formé, rencontré, débattu.

Le grand public a compris, les professionnels de santé aussi. On aurait pu penser qu’un quart de siècle plus tard, ces enjeux seraient clos.

Et pourtant…


2025 : 25 ans plus tard, rien n’a bougé. Ou si peu que c’en est gênant.

Obtenir aujourd’hui la composition exhaustive d’un jouet, d’un produit de soin, d’un matériel de construction, d’un feutre utilisé à l’école, d’un emballage alimentaire ? Toujours très difficile .

La réponse des fournisseurs est souvent :« Désolé, propriété intellectuelle ».


Traduction :“Nous préférons protéger la formule plutôt que la santé.”

Pendant ce temps, chacun - enfants, adolescents, adultes - continue d’être quotidiennement exposé à des perturbateurs endocriniens, voire parfois à des substances CMR : cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques.Et le consommateur ? Il achète, faute de savoir. Faute de pouvoir choisir.

C’est précisément là que le lobbying éthique prend tout son sens.


Le pouvoir est dans le caddie

Le consommateur n’est pas un spectateur. C’est un acteur. Un acteur puissant.

N’achetez jamais un produit dont la composition n’est pas explicite.Cela paraît trivial. Ce n’est pourtant rien de moins qu’un geste de santé publique.

Chaque achat envoie un signal et dans un monde où les marques surveillent les courbes de vente comme un électrocardiogramme, ce signal est parfois plus puissant que n’importe quelle réforme.

Former, sensibiliser, mobiliser le citoyen, c’est déjà une forme de lobbying éthique.


Pourquoi nous nous engageons

Notre association Agir pour la santé des générations futures porte depuis plus de 25 ans cette idée simple :défendre la santé publique est un devoir, pas un business.

Pour cela, elle s’appuie sur les expertises techniques et scientifiques de Primum Non Nocere, depuis longtemps engagée sur les sujets de santé environnementale.


Notre objectif :bâtir un lobbying éthique structuré, professionnel, rigoureux, indépendant, capable de peser dans le débat public, non pour un intérêt particulier mais pour celui du pays.


L’ambition est claire :

  • rendre visibles les risques

  • pousser à la transparence

  • encourager les alternatives

  • donner du pouvoir d’agir au citoyen

  • et construire un environnement plus responsable, plus sain, plus juste.


Engagez-vous : personne ne le fera à votre place

Nous invitons chacun à :

  • se former

  • comprendre les enjeux de la santé environnementale

  • questionner les fabricants

  • refuser les produits opaques

  • soutenir les démarches visant le bien commun

Le lobbying éthique ne se décrète pas. Il se construit. Pas à pas. Par une multitude de gestes citoyens, par des choix d’achat éclairés, par une exigence collective.

Nous continuerons à porter cette voix.Parce qu’il en va de la santé des enfants, de la nôtre, et de celle des générations futures.

 
 
 

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