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Les politiques climatiques : et si c’était l’investissement santé le plus rentable du siècle?

  • oliviertoma
  • 9 janv.
  • 3 min de lecture


On oppose encore trop souvent climat et économie, transition écologique et performance, sobriété et attractivité. L’étude publiée par l’IRDES vient bousculer ce faux dilemme avec une clarté salutaire: les politiques climatiques ne sont pas seulement nécessaires pour l’environnement, elles sont parmi les investissements les plus rentables pour la santé publique.


Ce document, exigeant sur le plan scientifique mais limpide dans ses conclusions, mérite d’être connu bien au-delà du cercle des experts. Car ce qu’il dit, en filigrane, concerne toutes les organisations : entreprises, établissements de santé, collectivités, administrations… et toutes leurs stratégies RSE.


Quand le climat devient un levier majeur de santé publique

Le constat de départ est simple, et désormais largement documenté : la dégradation du climat et de l’environnement agit directement sur la santé humaine.

Pollution de l’air, vagues de chaleur, stress hydrique, dégradation des écosystèmes, modification des régimes alimentaires ou de mobilité…


Tous ces facteurs se traduisent par :

  • une augmentation des maladies respiratoires et cardiovasculaires,

  • une hausse de certaines pathologies chroniques,

  • des impacts sur la santé mentale,

  • une pression accrue sur les systèmes de soins.

Mais là où l’analyse de l’IRDES est particulièrement précieuse, c’est qu’elle renverse la perspective : agir pour le climat, ce n’est pas seulement éviter des catastrophes futures, c’est améliorer dès aujourd’hui l’état de santé des populations.


La transition climatique : un retour sur investissement mesurable

L’étude montre que de nombreuses politiques climatiques génèrent des co-bénéfices sanitaires immédiats, souvent supérieurs aux coûts engagés.


Quelques exemples parlants :

  • Réduction des émissions liées aux transports → baisse de la pollution de l’air → diminution des hospitalisations et de la mortalité prématurée.

  • Rénovation énergétique des bâtiments → amélioration de la qualité de l’air intérieur → moins de pathologies respiratoires et de précarité énergétique.

  • Promotion des mobilités actives (marche, vélo) → baisse des maladies cardiovasculaires → gains en espérance de vie et en qualité de vie.


Autrement dit, chaque euro investi dans des politiques climatiques bien conçues permet d’économiser plusieurs euros en dépenses de santé, sans même compter les gains sociaux, économiques et humains plus larges.

On ne parle donc plus ici de “coût de la transition”, mais bien de rentabilité globale.


Le temps long : la clé d’une politique efficace

L’un des messages les plus forts de ce travail est l’importance du temps long.

Les politiques climatiques et sanitaires efficaces ne se décrètent pas à l’échelle d’un mandat, d’un exercice budgétaire ou d’un plan triennal.

Elles nécessitent :

  • de la cohérence,

  • de la continuité,

  • une vision stratégique à 10, 20 ou 30 ans.

C’est précisément ce qui fait défaut aujourd’hui : nous pilotons trop souvent la santé en mode curatif, et le climat en mode défensif, alors que les deux devraient être pensés ensemble, de manière structurelle et " anticipatrice ».


Mettre la santé au cœur des stratégies RSE

C’est là que l’étude de l’IRDES résonne puissamment avec les démarches de Responsabilité Sociétale des Organisations.


Trop de stratégies RSE abordent encore la santé comme un sujet périphérique :

  • santé au travail,

  • prévention des risques,

  • conformité réglementaire.

Ce que démontre cette analyse, c’est que la santé doit devenir un pilier central de la RSE, au même titre que le climat, la gouvernance ou l’éthique.


Mettre la santé au cœur de toutes les décisions, c’est :

  • penser l’impact sanitaire des choix énergétiques, immobiliers, logistiques ou numériques,

  • intégrer les co-bénéfices santé dans les arbitrages économiques,

  • considérer les collaborateurs, les usagers, les clients et les écosystèmes comme un tout indissociable.

En clair : une organisation durable est une organisation qui produit de la santé, et pas seulement de la valeur financière.


Une opportunité stratégique, pas une contrainte

Le message de fond est limpide : les politiques climatiques ne sont pas une charge supplémentaire, mais une opportunité stratégique majeure.

Opportunité de :

  • réduire les coûts à long terme,

  • améliorer la performance globale,

  • renforcer l’attractivité et la confiance,

  • contribuer concrètement à la santé des générations présentes et futures.


À condition, bien sûr, de sortir d’une approche "court-termiste"

et de faire le choix assumé de l’anticipation.


Conclusion

Le travail de l’IRDES nous rappelle une évidence que nous avons trop longtemps oubliée : la santé n’est pas un secteur, c’est un résultat.Un résultat produit - ou dégradé - par nos modes de production, de consommation, d’organisation et de gouvernance.

Faire du climat un levier de santé publique, et de la santé le cœur battant des démarches RSE, n’est pas une option idéologique.C’est probablement l’investissement le plus rationnel, le plus humain et le plus rentable de notre temps.

Et si la vraie modernité consistait, enfin, à aligner performance, santé et avenir ?

 
 
 

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