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« Malbouffe : les preuves s’accumulent. Manger mieux, c’est déjà se soigner. »

  • oliviertoma
  • 20 nov. 2025
  • 3 min de lecture

Il y a plus de 2 400 ans, Hippocrate lançait une phrase qui aurait mérité d’être gravée sur la porte de toutes nos écoles, de toutes nos cantines, de tous nos hôpitaux :« Que ton aliment soit ta première médecine. »Longtemps vue comme une maxime poétique, elle est désormais… une évidence scientifique.


Les preuves s’empilent, et elles sont accablantes

Toutes les grandes études convergent : l’alimentation transforme notre santé, pour le meilleur ou pour le pire.Les dernières analyses publiées (voir, notamment, les synthèses recensées dans les travaux cités dans le lien fourni par le lecteur) sont sans appel :

  • certains aliments ultra-transformés augmentent le risque de troubles métaboliques,

  • favorisent les maladies cardiovasculaires,

  • perturbent le microbiote,

  • altèrent les fonctions cognitives,

  • influencent même nos risques de cancers.


À l’inverse, un régime riche en végétaux, en fibres, en produits bruts et locaux réduit massivement le risque de maladies chroniques.Ce n’est pas une intuition : c’est un consensus mondial.


La malbouffe n’est pas une fatalité : c’est une construction. Donc, ça se déconstruit.

La bonne nouvelle, c’est que tous les leviers pour agir existent déjà, et qu’ils sont simples : former, cuisiner, accompagner, expliquer, inspirer.

Et c’est là que la société doit changer d’échelle.Parce que nous savons désormais plusieurs choses :

1. Mieux nourrir la population n’est pas une charge, c’est un investissement.

Chaque euro investi dans une alimentation de qualité :

  • réduit le risque de maladie, donc les coûts de santé,

  • améliore la vitalité et la concentration,

  • renforce le moral et le bien-être collectif,

  • soutient les filières agricoles locales,

  • stabilise les territoires.

On pourrait presque dire : « une bonne assiette vaut mieux que deux ordonnances. »


2. Tout commence dans nos écoles hôtelières.

Former les chefs, les cuisiniers, les futurs cadres de la restauration à la nutrition, à l’exposome alimentaire, aux liens entre santé, agriculture et environnement…Ce n’est pas « un plus ».C’est le cœur du métier du XXIᵉ siècle.

Un cuisinier aujourd’hui n’est pas seulement un technicien du goût.C’est un acteur de santé publique, un partenaire de prévention, un ambassadeur du bien-être alimentaire.


3. La restauration collective doit devenir exemplaire.

Hôpitaux, écoles, universités, crèches, EHPAD…Ce sont les lieux où nous touchons des millions de personnes chaque jour.Et pourtant, ces lieux ne sont pas toujours les vitrines de la qualité nutritionnelle que nous attendons.

Or, ils devraient être nos laboratoires d’excellence :

  • menus simples mais nutritifs,

  • produits bruts et locaux,

  • pédagogie du goût,

  • lutte contre le gaspillage,

  • valorisation des filières agricoles,

  • ateliers éducatifs pour les enfants et les étudiants.

Nourrir mieux, dans les lieux de soins, c’est plus qu’un devoir :c’est un message envoyé à toute la société.


4. L’alimentation est un levier puissant de santé environnementale

Mieux manger, c’est aussi :

  • réduire l’usage des pesticides,

  • diminuer la pression sur les sols,

  • soutenir des pratiques agricoles plus résilientes,

  • contribuer à la souveraineté alimentaire.

Chaque assiette raconte une histoire.Faisons en sorte qu’elle raconte la bonne.


Une révolution silencieuse, mais urgente

Les preuves scientifiques sont là.Le lien entre alimentation et santé est désormais aussi solide que celui qui relie le tabac et le cancer, ou le bruit et les maladies cardiovasculaires.

Alors pourquoi hésiter ?


En réalité, il ne manque qu’une chose :répéter le message en boucle, partout, tout le temps.Former, former, encore former.Et remettre du sens dans l’assiette.

Parce que bien nourrir un pays, c’est :

  • améliorer sa santé,

  • soutenir son agriculture,

  • renforcer son économie,

  • dynamiser ses territoires,

  • et, tout simplement, élever son niveau de bonheur collectif.


C’est peut-être l’une des politiques publiques les plus puissantes, les plus humanistes… et les plus négligées.


Il est temps de remettre la santé dans l’assiette. Et l’assiette au cœur de nos politiques de santé.

Les preuves sont là.Les solutions aussi.Il reste désormais à agir.Et à répéter, inlassablement, la phrase la plus moderne jamais prononcée par un médecin grec du Ve siècle av. J.-C. :


« Que ton aliment soit ta première médecine. »

 
 
 

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