top of page
Rechercher

Santé & climat : ce que révèle le rapport Lancet Countdown 2025

  • oliviertoma
  • 29 oct. 2025
  • 3 min de lecture


Le nouveau rapport du Lancet Countdown, publié ce 29 octobre 2025, brosse un constat sans appel : l’inaction climatique n’est plus une question future, elle tue déjà. Parmi les chiffres marquants : une hausse de 23 % des décès liés à la chaleur depuis les années 1990, soit une moyenne d’environ 546 000 décès par an entre 2012 et 2021. Le document recense également 12 indicateurs sur 20 dans le rouge, la perte de 640 milliards d’heures de travail en 2024 (impact société/économie), et des subventions aux combustibles fossiles atteignant 956 milliards de dollars en 2023. Le message à retenir : les effets du changement climatique se traduisent au cœur des organisations de santé — patients, équipes, bâtiments, chaînes d’approvisionnement — et il existe des co-bénéfices immédiats à agir (qualité de l’air, résilience, achats bas-carbone).


Trois axes que les établissements et fournisseurs de santé doivent prioriser

1. Vulnérabilité chaleur et adaptation opérationnelle

Les établissements doivent intégrer la chaleur dans leur évaluation des risques (DUERP, plan blanc, qualité/gestion des risques) : coups de chaleur pour patients et personnels, annulations d’actes, absentéisme, conditions critiques des bâtiments.Ainsi, des indicateurs type « nombre de jours > 35°C où les installations critiques ont basculé », ou « % du personnel absent lié à la température intérieure » peuvent apparaître dans les tableaux de bord RSE/qualité.Au-delà, cela implique d’investir dans une ventilation sobre, des ombrages actifs, des solutions de rafraîchissement à faible émission, et de prévoir la continuité d’activité en cas de vague de chaleur.


2. Qualité de l’air intérieur : formation et matériaux

La chaleur extrême amplifie la pollution intérieure (air, ozone, solvants, particules), et détériore la santé des occupants — patients comme soignants. Former les professionnels de santé (et même les citoyens en zone de soin) aux écogestes d’entretien, ventilation, choix de matériaux à faible émission de composés organiques volatils (COV) devient un levier simple et puissant.Et pour la construction/rénovation d’établissements, les architectes et professionnels du bâtiment doivent désormais maîtriser la qualité sanitaire des matériaux, notamment via les FDES (Fiches de Déclaration Environnementale et Sanitaire) et veiller à la présence de substances problématiques (PFAS, retardateurs de flammes, solvants) dans l’isolation, les mousses et les matériaux d’aménagement. Une étude suédoise a notamment identifié 15 PFAS dans 628 produits de construction testés. liu.diva-portal.org+2Rådet for Grøn Omstilling+2.La piste est claire : choisir des matériaux évalués « sains & durables », et sensibiliser les équipes « techniques/achats » à cet enjeu.


3. Chaînes d’achats et achats bas-carbone

Une des conclusions de ce rapport Lancet est que l’« action climatique » est une bouée pour la santé : réduire les émissions, améliorer l’air, limiter les effets extrêmes. Pour les fournisseurs de dispositifs, consommables médicaux, services logistiques, c’est le moment de proposer des solutions « sobres & résilientes ».Vos cahiers des charges doivent inclure : empreinte carbone, reformulation des produits, logistique optimisée, matériaux alternatifs, recyclabilité, énergie renouvelable dans la fabrication.Un point clé : la vraie performance n’est pas seulement clinique mais écologique et sociale. Les achats responsables deviennent une arme de gestion des risques et un facteur de différenciation.


Pourquoi ce moment est un tournant stratégique

  • Le Rapport Lancet montre que l’impact est déjà très tangible ; l’inaction coûte des vies et de l’argent.

  • Les politiques publiques (France et UE) sont en train de faire évoluer les normes — attendre ne sera pas une option compétitive.

  • Les fournisseurs et établissements qui intègrent dès maintenant ces dimensions (chaleur, air, matériaux, achats) seront les références de demain.

  • Le concept « One Health » s’applique pleinement ici : santé humaine + environnement + infrastructures + matériaux.



  • Réaliser une cartographie des risques chaleur (zones critiques, personnels, équipements) et lancer un plan 12 mois d’adaptation.

  • Mettre en place une formation « Qualité de l’air intérieur & matériaux sains » destinée aux services hygiène, achats, technique.

  • Dans les appels d’offres, demander les FDES + déclaration de substances préoccupantes (PFAS, COV etc.) pour les matériaux de construction et l’isolation.

  • Fixer un objectif « achats bas-carbone » pour 2027 (ex : -20 % kWh/acte ou kg CO₂/acte) et lancer un suivi trimestriel.


Conclusion

Le soin durable n’est plus un projet accessoire : il est désormais une condition de qualité, de résilience et de responsabilité.Le rapport Lancet Countdown 2025 le rappelle : chaque minute compte, chaque geste a un effet. Pour les établissements de santé et les fournisseurs, c’est le moment d’agir avec audace et pragmatisme : anticiper, former, engager.Et comme vous l’aimez bien dire : « soigner sans nuire ».La planète vous regarde — et vos équipes aussi.

 
 
 

Commentaires


bottom of page