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« Est-il acceptable, en 2026, que des agressions physiques, sexuelles, des vols ou des violences graves subsistent encore dans des lieux censés protéger les plus vulnérables ? »

  • oliviertoma
  • 6 mai
  • 3 min de lecture

La question dérange. Elle devrait pourtant être au cœur du débat public.

Le dernier rapport de l’Observatoire national des violences en santé (ONVS), publié en 2025 sur les données 2023-2024, dresse un constat préoccupant et encore trop peu connu des professionnels eux-mêmes. Dans les établissements de santé comme dans l’exercice libéral, les violences progressent et s’installent progressivement dans le quotidien du soin.


En 2024, 20 961 signalements ont été recensés dans le système de santé. Les atteintes aux personnes représentent près de 88 % des faits déclarés : insultes, menaces, coups, violences psychologiques, dégradations ou vols.


Mais derrière ces chiffres se cache une réalité encore plus sensible.

Derrière les 20 961 signalements de violences recensés en 2024 dans le système de santé se cachent aussi des agressions sexuelles. Leur nombre exact sur des patients hospitalisés reste difficile à identifier publiquement, ce qui interroge autant sur la réalité des faits que sur leur déclaration.

Cette phrase seule devrait provoquer une réflexion collective majeure.

Car lorsque la violence pénètre les lieux de soin, ce n’est pas seulement un professionnel ou un patient qui est atteint. C’est la confiance même dans notre système de santé qui se fissure.

Et il faut avoir l’honnêteté de le dire : les chiffres réels sont probablement supérieurs. Beaucoup de professionnels ne déclarent plus certains incidents. Par fatigue administrative. Par résignation. Ou parce qu’ils considèrent désormais que « cela fait partie du métier ». Une normalisation silencieuse qui agit comme une corrosion lente du système hospitalier.


Les infirmiers, aides-soignants et médecins restent les principales victimes. Les services d’urgences et de psychiatrie sont particulièrement exposés, mais les tensions touchent désormais l’ensemble des structures sanitaires et médico-sociales.

Ce sujet dépasse largement la sécurité.

Il parle d’attractivité des métiers.Il parle de fidélisation des professionnels.Il parle de santé mentale collective.Il parle de dignité humaine.

Comment convaincre les jeunes générations de rejoindre les métiers du soin si l’on tolère implicitement qu’un professionnel puisse être insulté, menacé ou agressé dans l’exercice de sa mission ?

Comment parler de « qualité des soins » sans parler de sécurité des soignants et des patients ?

Le rapport souligne également la montée des violences dans les structures de ville et chez les professionnels libéraux. Délais d’attente, tensions sociales, refus de prescriptions, précarité psychique, addictions, perte du lien humain… les causes sont multiples et traduisent un climat sociétal plus large.

Dans ce contexte, les transformations annoncées pour 2026 autour de l’ONVS constituent une étape importante. Une nouvelle plateforme de signalement et d’analyse doit permettre de simplifier les déclarations, d’améliorer l’accompagnement des victimes et de renforcer la prévention.

C’est une avancée utile. Mais elle restera insuffisante si nous continuons à traiter ces violences comme des faits isolés.


La sécurité doit désormais être pensée comme un pilier stratégique de la RSE en santé.

Cela implique de repenser les organisations, la qualité de vie au travail, la conception des espaces, la gestion des flux, la prévention des tensions, la formation des équipes, mais aussi le rapport humain dans le soin.

Car un établissement de santé ne peut prétendre être durable si ceux qui y travaillent ou s’y font soigner ne s’y sentent pas pleinement protégés.

Pendant des années, les établissements ont appris à lutter contre les infections nosocomiales.Le prochain défi sera peut-être de lutter avec la même détermination contre la banalisation des violences.

Et derrière ce combat, il y a une idée simple :

prendre soin commence aussi par garantir la sécurité de celles et ceux qui soignent… et de celles et ceux qui sont vulnérables.

 
 
 

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