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Et si nous arrêtions enfin de jeter de l'eau potable ?

  • oliviertoma
  • 4 juil.
  • 2 min de lecture

Pendant longtemps, la réglementation française reposait sur un principe simple : lorsqu'un doute apparaissait, on vidait, on remplaçait, on jetait.


Dans les piscines collectives, les hôtels, certains établissements de santé, les centres de rééducation ou encore les campings, des milliers de mètres cubes d'eau étaient renouvelés selon un calendrier imposé, parfois alors même que leur qualité restait parfaitement maîtrisée.

Le décret et l'arrêté publiés fin 2025 marquent une évolution discrète. Pourtant, ils pourraient transformer durablement notre manière de gérer l'eau.


La logique n'est plus de remplacer systématiquement une eau parce qu'une date est atteinte. Désormais, c'est sa qualité réelle qui devient le critère de décision.

Ce changement paraît technique. Il est en réalité profondément culturel.

Nous passons progressivement d'une logique de consommation à une logique de gestion durable de la ressource.


Dans un contexte où les épisodes de sécheresse se multiplient, où certaines collectivités limitent déjà les usages de l'eau potable plusieurs semaines par an et où les établissements cherchent à réduire leur empreinte environnementale, cette évolution ouvre des perspectives considérables.

Car la vraie question n'est plus seulement : « Quand faut-il renouveler l'eau ? »

La vraie question devient : « Comment éviter de gaspiller une ressource devenue précieuse ? »

Cette nouvelle philosophie dépasse largement les seules piscines.

Elle invite tous les établissements accueillant du public à regarder autrement leurs consommations d'eau.


Hôtels, campings, centres de rééducation, établissements de santé, résidences services, établissements médico-sociaux, équipements sportifs ou thermaux disposent souvent de nombreux flux d'eau encore insuffisamment valorisés.


L'eau des piscines lorsqu'elle doit être renouvelée.

Les eaux de pluie.

Les condensats des centrales de traitement d'air ou des groupes froids.

Certaines eaux techniques.

Les eaux de rinçage ou de process.

Autant de ressources qui peuvent désormais être étudiées sous un angle nouveau, sous réserve bien entendu de respecter les exigences sanitaires et les dispositions réglementaires applicables.

Le texte ouvre également une autre possibilité particulièrement intéressante : lorsqu'un usage n'est pas explicitement prévu, il est désormais possible de proposer des solutions alternatives, à condition de démontrer leur innocuité sanitaire, leur intérêt environnemental et de mettre en place un dispositif de contrôle adapté.

Autrement dit, la réglementation n'interdit plus d'innover. Elle encadre l'innovation.

Pour le secteur de la santé, cette évolution est particulièrement stratégique.

L'eau constitue une ressource indispensable aux soins, à l'hygiène, au fonctionnement des équipements techniques, aux espaces verts, aux blanchisseries ou encore aux activités de balnéothérapie.

Dans les prochaines années, la question ne sera probablement plus uniquement de réduire les consommations.

Elle sera de connaître précisément chaque litre d'eau entrant dans un établissement, de comprendre où il est utilisé, où il est perdu, où il pourrait être réutilisé et comment préserver sa qualité.

C'est exactement ce que l'on appelle aujourd'hui l'empreinte hydrique.


Après avoir appris à mesurer notre empreinte carbone, il devient désormais indispensable de mesurer notre dépendance à la ressource en eau.


Les établissements qui prendront ce virage dès aujourd'hui disposeront d'un avantage considérable : ils réduiront leurs consommations, anticiperont les futures contraintes climatiques, diminueront leurs coûts d'exploitation et renforceront leur résilience.

La réglementation évolue.

Les pratiques vont suivre.

La véritable question est désormais simple.

Attendra-t-on la prochaine sécheresse pour repenser notre gestion de l'eau... ou commencerons-nous dès aujourd'hui à considérer chaque litre comme une ressource qu'il convient de préserver plutôt que de remplacer ?

 
 
 

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