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  • SHEIN : l’étoffe du mensonge

    Quand l’environnement devient un argument de vente… et que la sanction tombe On les croyait intouchables. Trop rapides, trop globaux, trop puissants. Leurs prix sont dérisoires, leurs slogans séduisants, leurs pubs omniprésentes. SHEIN, c’est ce mastodonte de la fast fashion qui a bouleversé la planète textile avec un cocktail explosif : des vêtements à très bas prix, renouvelés en permanence, et une communication parfaitement huilée, où même l’environnement avait sa place. Enfin, en apparence. Mais voilà. En juillet 2025, le rideau tombe. L’administration française, via la DGCCRF , frappe fort : 40 millions d’euros d’amende pour pratiques commerciales trompeuses. Et ce n’est que la première salve. Greenwashing de luxe et fausses promotions Tout commence par une enquête minutieuse. Pendant près d’un an, des agents de l’État décortiquent le site français de SHEIN. Ils passent au crible les prix affichés, les réductions barrées, les slogans "éco-friendly". Ce qu’ils découvrent est sans appel. Sur des milliers de produits, près de 60 % des "promotions" sont factices . Des réductions imaginaires, des prix gonflés avant les soldes, des bonnes affaires qui n’en sont pas. Et surtout, une marque qui prétend réduire de 25 % ses émissions de gaz à effet de serre... sans pouvoir fournir la moindre preuve . Mais ce n’est pas tout. Là où SHEIN franchit une ligne rouge, c’est en omettant volontairement de prévenir ses clients de la présence de microfibres plastiques dans les vêtements qu’elle vend. Or, depuis janvier 2023, une mention explicite est obligatoire : « Ce produit rejette des microfibres plastiques dans l’environnement lors du lavage. »Pas une mention discrète : une obligation légale . Résultat : une amende complémentaire de 1,1 million d’euros pour 732 produits concernés. Le total grimpe à plus de 41 millions d’euros . C’est beaucoup. Mais c’est peut-être encore trop peu pour une marque dont le modèle économique repose justement sur la vitesse, la quantité, et l’opacité. Un précédent dans les sols : Tarkett, Gerflor, Forbo L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais SHEIN n’est qu’un symptôme. Le greenwashing, l’opacité sur les pratiques environnementales, les jeux de prix... tout cela existe depuis longtemps dans d’autres secteurs. Retour en 2017. Trois grands noms des revêtements de sol — Tarkett, Gerflor et Forbo — se voient condamnés à une amende vertigineuse : 302 millions d’euros . Pas pour mensonge écologique cette fois, mais pour entente sur les prix, manipulation de marché et échanges d’informations confidentielles entre concurrents. Pendant plus de 10 ans, ces entreprises ont contrôlé entre 65 % et 85 % du marché , fixant discrètement les prix des sols PVC et linoléums. Là encore, des produits souvent qualifiés d’"écologiques", "recyclables", "durables"... mais dans un contexte de concurrence faussée et de marges maximisées. Et maintenant ? Les temps changent.Les consommateurs aussi.Et l’impunité s’effrite. Avec SHEIN, un cap a été franchi. Pour la première fois, les allégations environnementales mensongères sont sanctionnées au même titre que les promotions abusives. Ce n’est plus du marketing maladroit, c’est une faute réglementaire majeure . Car oui, la loi a évolué . Depuis 2023, les vendeurs de textiles sont tenus d’informer précisément sur l’impact environnemental de leurs produits : composition, toxicité, microfibres, recyclabilité. Et les prix affichés doivent refléter une réalité, pas une illusion. SHEIN, Tarkett, Forbo, Gerflor… Des entreprises aux univers très différents, mais un même travers : faire du marketing environnemental sans en assumer la responsabilité .Aujourd’hui, la DGCCRF montre que les sanctions ne sont plus symboliques, elles sont structurelles . À l’heure où l’on demande à chacun d’agir pour le climat, les marques aussi devront rendre des comptes. L’environnement ne peut plus être un décor de campagne publicitaire.Il doit devenir une exigence. Une cohérence. Une preuve. Et ça, ce n’est pas négociable.

  • Canicule : Pourquoi allumer la clim, c’est comme faire bouillir un glacier pour avoir de l’eau fraîche

    Le Faux Ami Chaque été, c’est le même réflexe : il fait chaud,  très chaud , et la main se tend vers la télécommande de la clim comme vers une bouée de sauvetage. Mais attention : cette bouée est en béton et coule à pic. La climatisation, c’est un peu comme manger une glace pour éviter l’hypothermie : absurde, énergivore et contre-productif. On croit se rafraîchir, mais on alimente un cercle vicieux désastreux. Car la clim ne fait pas que souffler de l’air froid : elle pompe de l’énergie, recrache de la chaleur à l’extérieur, et surtout utilise des fluides frigorigènes… qui ont un pouvoir de réchauffement climatique  jusqu’à 12 000 fois supérieur au CO₂ . C’est donc un peu comme si, pour se désaltérer, on faisait fondre un glacier à la bougie. Et devinez quoi ? C’est exactement ce qu’on fait. Modèle à fuir ? Regardez du côté des États-Unis, où l’on climatise même les allées de supermarché… ouvertes sur le parking. Oui, il faut le dire :  la climatisation est la pire bonne idée du siècle.   Les vraies solutions durables : Le cercle vertueux Heureusement, il existe des alternatives qui ne transforment pas la planète en hammam. . L’enveloppe du bâtiment : priorité à l’isolation Avant de refroidir l’air, pourquoi ne pas éviter qu’il chauffe ?La meilleure clim, c’est celle qu’on n’a pas besoin d’allumer. Cela passe par : Une  isolation performante  : murs, toiture, menuiseries. Le  réflexe couleur claire  : repeindre les toitures et les sols sombres (comme le bitume) en teintes réfléchissantes, pour limiter l’absorption de chaleur. . La nature à la rescousse Les  toitures végétalisées , en plus de faire le bonheur des insectes, jouent un rôle d’ isolant thermique naturel . Elles permettent aussi de retenir les eaux de pluie, réduisent les îlots de chaleur urbains… et accessoirement, elles sont magnifiques. . L’exemple de Béziers : la preuve par l’action Dans nos bureaux à Béziers, nous avons dit  non à la clim, mais oui au bon sens . Résultat : ✅  65% d’autonomie énergétique  grâce à des panneaux photovoltaïques. ✅  Zéro climatisation  : notre toiture-jardin potager isole naturellement. ✅  Légumes frais pour l’équipe , chaque vendredi. ✅  Ventilateurs de plafond low-tech , silencieux, efficaces, esthétiques. En somme, nous avons remplacé la clim par des  solutions intelligentes , sobres et conviviales. Et personne ne transpire sur son clavier. L’Effort de tous : RSE et bon sens Soyons honnêtes : ce ne sont pas les outils qui manquent, mais la cohérence. On a tous vu cette scène surréaliste : une boutique climatisée à 19°C… avec la porte grande ouverte. Résultat ? Une clim pour les moineaux et une facture EDF en orbite. Un comble à l’heure où l’on parle de  sobriété énergétique . C’est ici que la RSE entre en jeu : pas comme un label ou un rapport, mais comme un  ensemble de gestes, de décisions et de cohérence . C’est du bon sens, du collectif, et de plus en plus,  une question de survie. Les canicules s’intensifient. L’été 2025 en est une nouvelle illustration. Si on continue à "se rafraîchir" de façon archaïque, on va surtout  réchauffer notre avenir . La Clim, une facture aussi pour la santé ! Enfin, il ne faut pas oublier que la clim, c’est aussi une question de santé… et pas dans le bon sens. Des études ont montré que les  écarts de température trop brutaux  entre l’extérieur et l’intérieur provoquent des  chocs thermiques , aggravent les  pathologies ORL , et favorisent la  prolifération bactérienne  (coucou la  légionellose  dans les systèmes mal entretenus). Vous avez déjà vécu cette fameuse trachéite de juillet ? Celle qui commence dans le métro, s’installe dans le bureau, et finit avec  antibio, arrêt maladie, et vacances gâchées  ? Voilà.Alors, ce "confort instantané", est-il vraiment sans coût ? Ni pour vous… ni pour la planète ?

  • Le devoir de vigilance ! C’est quoi ?

    Vive les défis qui nous grandissent. Alors que l’Europe s’apprête à adopter l’une des législations les plus structurantes de son histoire économique, certains États membres et lobbys industriels tentent de ralentir, d’édulcorer, voire d’enterrer la directive sur le devoir de vigilance.  Quelle honte.  Ce recul serait une gifle pour les victimes, un renoncement politique et une occasion manquée pour notre économie de se réinventer. Car cette directive n’est pas une contrainte. C’est une chance. Un double levier d’innovation. 👉  Pour les citoyens , d’abord. Elle garantit que leurs droits fondamentaux, leur santé et leur environnement ne soient plus les variables d’ajustement d’un modèle économique à bout de souffle. 👉  Pour les entreprises , ensuite. Car à quoi sert d’être chef d’entreprise si ce n’est pour relever des défis, transformer les contraintes en opportunités et faire progresser son modèle ? Le devoir de vigilance, c’est justement cela : le passage de la parole aux actes. Le moment où la RSE sort de ses PowerPoint pour s’incarner dans des pratiques, des contrats, des chaînes de valeur. Il est temps d’en finir avec le greenwashing et les promesses creuses. Grâce à cette directive, les entreprises devront démontrer, preuves à l’appui, que leur chaîne d’approvisionnement respecte les droits humains, les normes environnementales, la santé et la sécurité. Ce n’est plus une option. C’est un engagement. Et cet engagement, c’est tout sauf abstrait. Pour en prendre la mesure, il suffit de regarder le documentaire  « Sophie Rollet contre Goodyear »  diffusé sur ARTE : https://www.arte.tv/fr/videos/108964-000-A/sophie-rollet-contre-goodyear/  On y découvre une lanceuse d’alerte courageuse qui dénonce un scandale sanitaire et industriel : des pneus défectueux vendus à travers le monde, plus d’une centaine de morts, et une bombe à retardement toujours en circulation. Sans obligation de vigilance, combien de drames devront encore survenir dans l’indifférence ? Autre exemple révélateur : la récente  condamnation de La Poste  pour manquement à son devoir de vigilance. Même les institutions que l’on croit exemplaires peuvent faillir quand la transparence n’est pas exigée. Cette directive comble un vide. Elle  oblige à embarquer toute la chaîne de valeur  — fournisseurs, sous-traitants, partenaires, collaborateurs — dans une dynamique vertueuse, traçable et mesurable. Car au fond, le devoir de vigilance, c’est  le chaînon manquant entre la RSE volontaire et l’action concrète obligatoire . C’est l’outil juridique qui rend crédible l’engagement. C’est ce qui permettra enfin de transformer la communication en transformation. 👉 RSE comme cap stratégique. 👉 Devoir de vigilance comme levier légal. 👉 Mieux-être comme finalité humaine. Alors oui, cette directive est bien plus qu’un texte de loi. C’est  une boussole  pour une économie européenne plus éthique, plus responsable, plus compétitive aussi — car demain, la performance se mesurera à l’aune de la confiance qu’on inspire. 📢  Décideurs européens  : ne cédez pas aux pressions. 📢  Entreprises engagées  : montrez la voie. 📢  Citoyens  : faites entendre votre voix. Parce que le devoir de vigilance n’est pas un fardeau.C’est  un commencement . Celui d’un monde plus digne.

  • Chrysalide, culture et durabilité : et si les médiateurs étaient les vrais activateurs du changement ?

    Nous vivons une époque charnière, marquée par l’urgence écologique, les fractures sociales, et le besoin vital de retrouver du sens, du lien et de la beauté. Si l’on s’accorde à dire que le monde économique et politique peine à réinventer ses modèles, il est un champ où les graines d’un futur désirable peuvent encore germer : le champ culturel . Mais qui sont les jardiniers de cette métamorphose ?Ce sont les médiateurs culturels . Trop souvent invisibles, parfois cantonnés à un rôle logistique ou pédagogique, ces femmes et ces hommes sont pourtant des artisans silencieux d’une transition profonde , à condition que l’on prenne au sérieux leur formation et leur mission. Former à la durabilité : un impératif pour demain Durabilité, développement durable, transition, RSE… Ces mots sont devenus familiers, parfois galvaudés, rarement incarnés. Or, si l’on veut qu’ils deviennent des réflexes culturels, il faut qu’ils infusent dans les récits, les œuvres, les émotions, les pratiques culturelles et artistiques . Cela suppose que les professionnels de la culture – en particulier les médiateurs – soient formés non seulement à expliquer une œuvre , mais aussi à en décrypter les enjeux sociaux, écologiques, anthropologiques . Former un médiateur culturel à la durabilité, ce n’est pas lui imposer un jargon technique ou une grille normative. C’est lui donner les moyens de relier l’intime au systémique , le sensible à la science, l’émotion à l’action.Cela suppose : une compréhension des grands enjeux climatiques, sociaux et sanitaires , une maîtrise des outils d’ éco-conception des dispositifs culturels , une capacité à intégrer la diversité des publics , et surtout, une posture d’ écoute active, de reliance, de co-construction . Le médiateur devient alors un catalyseur d’intelligence collective , un tisseur de liens entre artistes, institutions, territoires, habitants. Le projet Chrysalide : accompagner la métamorphose C’est dans cette dynamique que s’inscrit notre participation au projet Chrysalide , porté par la FNADAC. Ce programme, innovant et structurant, ambitionne d’outiller les médiateurs culturels pour les préparer aux mutations de leur métier à l’ère des transitions . Chrysalide n’est pas une simple formation : c’est une expérience transformatrice , qui interroge à la fois les contenus, les postures, les alliances à nouer avec les acteurs du soin, de l’environnement, de l’éducation populaire.C’est aussi une invitation à faire émerger une culture de la durabilité par la médiation elle-même : en réinterrogeant les lieux, les pratiques, les formes de transmission. Nous y apportons notre expertise en RSE et santé environnementale, convaincus que la durabilité n’est pas une case à cocher, mais une matrice de pensée, un moteur créatif, une éthique de l’action . Une mission culturelle, sociale et politique La médiation culturelle peut et doit devenir l’un des leviers majeurs de la transition écologique et sociale .Pourquoi ? Parce que l’art touche ce que les chiffres ne savent pas dire. Parce que la culture fait sentir ce que les rapports officiels n’arrivent pas à transmettre. Parce qu’un médiateur peut créer l’étincelle qui transforme une perception en conviction , une visite en prise de conscience. Imaginez une exposition sur les forêts en danger qui devient le point de départ d’un projet de territoire.Imaginez une œuvre engagée accompagnée d’un atelier intergénérationnel dans un quartier sensible.Imaginez un festival conçu avec un bilan carbone, une gouvernance partagée et une médiation qui sensibilise… sans moraliser. C’est cela, le pouvoir d’une médiation durable . Art, culture et durabilité : une évidence à incarner Le monde de l’art et de la culture a un rôle crucial à jouer dans la réinvention de nos représentations collectives . Si les artistes, les institutions et les médiateurs s’imprègnent de ces enjeux, ils sauront les diffuser dans leurs créations, leurs pratiques, leurs récits . Et c’est ainsi que la durabilité deviendra : lisible : parce qu’elle sera expliquée avec sensibilité, évidente : parce qu’elle apparaîtra comme un fil rouge des projets culturels, nécessaire : parce qu’elle répondra aux aspirations profondes du public, implicite : parce qu’elle infusera naturellement les œuvres et les expériences proposées. Nous le croyons fermement : la transition ne sera pas seulement technologique ou réglementaire. Elle sera culturelle, ou elle ne sera pas .Et pour qu’elle le soit, il faut former, valoriser et outiller celles et ceux qui sont au carrefour des émotions, des récits, des publics : les médiateurs culturels . À travers le projet Chrysalide et notre engagement aux côtés de nombreux acteurs, nous portons cette conviction : la culture est une chrysalide. Si on en prend soin, elle donnera naissance à des papillons de conscience.

  • Smartphones : enfin une étiquette énergie pour choisir durablement

    Depuis le 20 juin 2025, les smartphones et tablettes vendus en Europe doivent désormais afficher une étiquette énergie , semblable à celle qu’on retrouve sur les lave-linges ou les réfrigérateurs. C’est une petite révolution silencieuse… mais porteuse d’un immense espoir. L’objectif ? Mieux informer le consommateur , encourager les choix durables et réduire la consommation énergétique et l’ empreinte écologique du numérique. Car derrière l’apparente légèreté de nos écrans, se cache un lourd coût environnemental – de la fabrication jusqu'à la fin de vie. Un affichage lisible, neuf critères clés Cette nouvelle étiquette comporte 9 indicateurs, décryptables en un coup d'œil : La classe énergétique (A à G) : basée sur un ratio d'efficacité énergétique – autonomie rapportée à la capacité de la batterie. Un QR code : donne accès à une base de données européenne (EPREL), où l’on retrouve toutes les caractéristiques du produit, y compris la durée de garantie ou la possibilité de changer soi-même la batterie. L’autonomie réelle de la batterie , testée selon un protocole standardisé intégrant appels, vidéos, jeux, transferts, etc. La solidité de l’appareil (résistance aux chutes), avec des tests rigoureux (jusqu’à 270 chutes pour les smartphones standards). La réparabilité , évaluée selon plusieurs critères, sans prise en compte du prix des pièces détachées (à la différence de l’ancien indice). La longévité de la batterie , c’est-à-dire le nombre de cycles avant que sa capacité ne passe sous les 80 %. L’indice IP , pour la résistance à l’eau et à la poussière. Le numéro du règlement européen de référence , garantissant un cadre normatif strict. Plus de transparence, plus de contrôle… mais des limites Les tests sont réalisés selon des normes européennes harmonisées (CEN, Cenelec, ETSI). Mais comme le rappelle l’association 60 Millions de consommateurs, certains résultats restent déclaratifs, et les contrôles en France reposent sur la DGCCRF. En 2023, la moitié des entreprises contrôlées en matière d’étiquetage ne respectaient pas les règles… Espérons que les géants du smartphone joueront le jeu, sous peine de sanctions – et de perte de confiance. Un pas vers l’écoconception obligatoire Cette étiquette énergie n’est qu’un premier volet. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large d’écoconception numérique imposée par la Commission européenne : Une durée de vie minimum de la batterie de 800 cycles. Une résistance aux chutes et aux rayures standardisée. Des pièces détachées disponibles pendant 7 ans , livrables sous 5 jours en moyenne. Une mise à jour logicielle obligatoire pendant 5 ans , mettant fin à l’obsolescence programmée des modèles d’entrée de gamme. Et le DAS dans tout ça ? Un oubli regrettable L’indice DAS (Débit d’Absorption Spécifique) , qui mesure la quantité d’ondes électromagnétiques absorbée par le corps lors de l’utilisation d’un smartphone, n’est pas intégré dans cette nouvelle étiquette énergie . Et pourtant, il s’agit d’un critère de santé publique essentiel : le téléphone étant souvent utilisé à proximité immédiate du cerveau (appels, écouteurs sans fil, poche de chemise), il est important de connaître ce niveau d’exposition . En Europe, la réglementation fixe la limite du DAS tête à 2 W/kg, mais tous les appareils n’émettent pas au même niveau , et plus le DAS est faible, mieux c’est . Aujourd’hui, le DAS figure encore en annexe technique dans les fiches produits , ou parfois relégué au fond de la boîte. Il ne fait pas partie de l’étiquette visuelle destinée au consommateur. ➡️ Intégrer cet indice à l’étiquette énergie serait une mesure cohérente avec les politiques de santé environnementale et de prévention.En attendant, chaque citoyen devrait prendre le réflexe de vérifier le DAS avant d’acheter un appareil, et privilégier ceux dont le débit est inférieur à 1 W/kg. Un levier pour les consommateurs… et les entreprises responsables Pour les citoyens comme pour les directions achats, cette étiquette est un outil de décision stratégique. Choisir un smartphone mieux classé, c’est : Réduire son impact énergétique. Diminuer le coût environnemental de la fabrication. Allonger la durée de vie de l’appareil et retarder le renouvellement. Encourager les fabricants à intégrer la réparabilité, la robustesse et la durabilité dès la conception. Dans une époque où les smartphones sont omniprésents, cette évolution réglementaire est une invitation à devenir consomm’acteurs éclairés , au service des générations futures.

  • 📍Catastrophes naturelles : l’addition s’alourdit. Le vrai luxe, c’est d’agir.

    2024 a été l’année de tous les records. Et pas ceux qu’on fête. Selon le dernier rapport de la Caisse Centrale de Réassurance (CCR), les catastrophes naturelles ont coûté à la collectivité française 6,5 milliards d’euros en 2023 , dont 4,7 milliards pour les seuls épisodes de sécheresse-réhydratation des sols . Un phénomène qui concerne désormais un territoire de plus en plus large et des millions d’habitants. La France entière s’affaisse, au propre comme au figuré. Et ce n’est qu’un début. Si rien ne change, le coût annuel moyen des catastrophes naturelles pourrait atteindre 10 milliards d’euros par an d’ici 2050 , soit le double d’aujourd’hui. Autrement dit : chaque mois de retard dans l’action climatique et la résilience des territoires, c’est une dette supplémentaire laissée aux générations futures. 🔍 Agir ou subir : il faut choisir Les chiffres sont sans appel : l’inaction coûte plus cher que l’action. Ce n’est plus une intuition, c’est une évidence économique. Le rapport Stern (2006) l’avait déjà montré, les dernières synthèses du GIEC le rappellent : investir aujourd’hui pour atténuer et s’adapter coûte 5 à 10 fois moins cher que réparer demain. Ce que révèle le rapport de la CCR, c’est aussi l’urgence de sortir du réflexe réparateur pour entrer dans une logique préventive. Chaque euro investi dans la rénovation thermique, la désartificialisation des sols, la sobriété hydrique, la végétalisation des villes ou l’éco-conception des bâtiments est un euro économisé sur le futur désastre . 🌱 Nous savons quoi faire. Il faut maintenant le faire ensemble . Nous avons les outils, les connaissances, les plans, les lois. Et surtout, nous avons une motivation qui dépasse toutes les autres : offrir un avenir noble à nos enfants , et ne pas leur laisser une France fissurée, surchauffée, surendettée par le climat. Il est temps de passer du constat à l’engagement. De la réaction à la transformation. De l’addition à la multiplication des solutions. En conclusion ( provisoire) : Ce n’est pas la catastrophe qui coûte cher. C’est le déni.Le coût de l’inaction climatique n’est plus abstrait. Il est chiffré, documenté, palpable.Alors plutôt que de colmater, engageons-nous à construire. Mesurons et réduisons nos impacts . Car la seule économie durable, c’est celle qui protège le vivant. 📎 Source principale : Bilan CCR des catastrophes naturelles 2024 – juin 2025

  • L'empreinte hydrique : pourquoi l'or bleu est le nouvel indicateur clé de votre stratégie RSE

    Introduction – L’eau, ce trésor qu’on dilapide sans compter On pense souvent que l’eau coule de source. Qu’elle est inépuisable, car omniprésente. Et pourtant, au XXIe siècle, l’eau douce est devenue un facteur de tensions géopolitiques, de précarité sanitaire, et de déséquilibre écologique majeur . Si le CO₂ est le thermomètre de la planète , l’eau en est le sang . Sans elle, aucune cellule ne vit, aucune culture ne pousse, aucun soin n’est possible. Dans ce contexte, l’empreinte hydrique s’impose comme l’outil-clé des prochaines années pour mesurer, comprendre et réduire notre consommation réelle d’eau – visible ou cachée. Un indicateur aussi fondamental que le bilan carbone, mais encore trop méconnu. Une crise mondiale aux portes de chez nous 🌍 Une urgence mondiale 2,2 milliards de personnes n'ont toujours pas accès à une eau potable salubre (Source : OMS/UNICEF, 2023 ). L’eau est à l’origine de conflits de plus en plus fréquents : le Nil , le Tigre et l’Euphrate , l’Indus sont devenus des points chauds géopolitiques. Chaque année, plus de 500 000 décès sont causés par des maladies liées à une eau insalubre , telles que le choléra ou la typhoïde (Source : WHO Global Health Observatory ). 🇪🇺🇫🇷 Et en Europe ? Et en France ? Loin d’être un problème du "Sud global", la pénurie d’eau gagne du terrain en Europe : En France, plus de 200 communes ont dû être ravitaillées par camions-citernes durant l’été 2023 (Source : Franceinfo / Ministère de la Transition Écologique ). À Barcelone , la sécheresse a contraint la ville à importer de l’eau par bateau depuis Marseille en 2024, imposant des restrictions drastiques sur l’agriculture et les usages domestiques. À Perpignan , la métropole envisage sérieusement la désalinisation de l’eau de mer comme solution structurelle d’ici 2030 pour sécuriser son approvisionnement (Source : L'Indépendant, février 2024 ). 💸 L’aberration économique et écologique de notre modèle actuel En France, 1 litre sur 5 est perdu dans les réseaux de distribution, soit plus de 1 milliard de m³ par an , l’équivalent de 400 000 piscines olympiques. Coût estimé : plus d’1,3 milliard d’euros/an (Source : Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement, 2023 ). L’eau en bouteille coûte entre 100 et 300 fois plus cher que l’eau du robinet , tout en générant des tonnes de plastique et d’émissions liées au transport. Partie 2 – L’empreinte hydrique® : mesurer pour agir 🔍 On ne pilote que ce que l’on mesure Réduire de 30 % nos consommations d’eau d’ici 2030 est un objectif réaliste si – et seulement si – nous savons d’où l’on part. C’est tout l’enjeu de l’outil "empreinte hydrique" , conçu pour aider les organisations à visualiser, mesurer et piloter leur consommation réelle d’eau. 💡 Présentation de l’outil "empreinte hydrique" Un outil numérique innovant développé pour intégrer toutes les dimensions de l’eau dans la stratégie RSE : Scopes 1 à 3 : les consommations directes Eau utilisée sur site : nettoyage, process, stérilisation, sanitaires, blanchisserie, etc. Eau utilisée pour les prestations externalisées (par exemple, la blanchisserie sous-traitée dans un hôpital ou EHPAD). Scope 4 : l’eau invisible, mais colossale La grande oubliée des bilans : l’eau virtuelle , ou empreinte indirecte : Il faut 2 700 litres d’eau pour produire une blouse à usage unique . La fabrication de médicaments utilise des quantités massives d’eau pour la synthèse chimique et le refroidissement. Un instrument chirurgical en acier inoxydable mobilise des centaines de litres tout au long de sa chaîne de production. Une seringue plastique nécessite de l’eau à chaque étape : extraction du pétrole, raffinage, moulage. Scopes 5 et 6 : la qualité de l’eau, un enjeu vital Scope 5 : rejets d’eaux usées (chargées en détergents, désinfectants, matières organiques…). Scope 6 : effluents médicamenteux (résidus de médicaments rejetés dans les eaux usées, très peu traités par les stations d’épuration classiques). Une menace directe pour les écosystèmes aquatiques. 🏥 Cas d’usage dans le secteur de la santé L’Hôpital Privé Nord Parisien (INPS) s’est engagé à réduire de 20 % son empreinte hydrique d’ici 2030 . l'Hôpital de Fréjus et Cannes sont en periode de collecte des données pour etablir leur empreinte hydrique Le groupe LVMH , très exposé à la question de l’eau dans ses chaînes d’approvisionnement textiles, cosmétiques et agricoles, a fait de l’empreinte hydrique un indicateur de pilotage stratégique . L’empreinte hydrique devient un critère de performance RSE, au même titre que le carbone ou la biodiversité. Conclusion – L’eau, notre avenir en commun Réduire nos émissions de CO₂ est un marathon de 50 ans. Assurer l’accès durable à l’eau potable est un sprint vital à gagner dès maintenant. Sans eau, il n’y a ni soins, ni alimentation, ni climat stable. Ni vie. Mesurer son empreinte hydrique n’est plus un "plus" : c’est un impératif vital. ✅ Appel à l’action Les agences de l’eau et les pouvoirs publics doivent soutenir le déploiement massif d’outils comme "l’empreinte hydrique" , notamment dans les secteurs sensibles comme la santé, l’agriculture et l’industrie . Les organisations doivent intégrer dès maintenant cet indicateur dans leur stratégie RSE, au même titre que le carbone. 💧 L’or bleu n’est pas un luxe. C’est notre bien commun. Le protéger, c’est préserver l’humanité.

  • « Le Testament du Vieux Calligraphe »

    Dans un village entouré de montagnes et de cerisiers en fleurs, un vieux calligraphe, respecté pour sa sagesse et la beauté de ses lettres, sentit sa fin approcher. Un matin, il fit appeler tous les enfants du village. Ils vinrent, curieux et émus.Sur son lit de repos, il tenait un coffret de bois clair. Il l’ouvrit. À l’intérieur, pour chaque enfant :– un rouleau de parchemin parfaitement vierge,– un minuscule flacon contenant une seule goutte d’encre dorée. L’encre de l’Intention. Alors, d’une voix faible mais claire, il dicta son testament : « Ce parchemin est votre vie.Cette goutte d’encre est votre rêve le plus pur.Aujourd’hui, dessinez d’un seul trait ce que vous désirez être, de tout votre cœur.Ne cherchez ni beauté ni perfection. La Vie, avec le temps, se chargera de colorer, de remplir et de révéler ce que vous aurez osé commencer. » Les enfants s’exécutèrent. Lia, émerveillée par les histoires de contrées lointaines, dessina un oiseau aux ailes immenses.Puis elle oublia. Des années plus tard, elle devint marchande. Ses caravanes traversaient les déserts, les fleuves, les montagnes.Elle ne comprit jamais pourquoi son cœur s’épanouissait à chaque horizon nouveau. Sam, élevé dans une maison où le mot « rêve » rimait avec « danger », traça un cercle fermé.Il vécut confortablement, sans écueils ni envols. Tout, dans sa vie, se déroula à l’intérieur de ce cercle. Il en fut rassuré. Et parfois, profondément mélancolique. Nael, tétanisé à l’idée de mal faire, de mal dire, de ne pas être « assez », ne traça rien.Son parchemin resta blanc.Sa vie aussi. Une suite d’attentes et de commencements suspendus. Le coffret du vieux maître fut refermé. Et longtemps, dans ce village, on enseigna aux enfants que le rêve n’était pas une fantaisie. C’était un serment silencieux. 🕊️ Morale Nous sommes tous ces enfants. Nous avons tous reçu ce parchemin.Nous avons tous une goutte d’encre : un rêve, un désir pur, intact.Mais ce sont souvent nos parents qui guident la main. 🎨 À vous, adultes : ne laissez pas votre enfant tracer un cercle par crainte. Aidez-le à dessiner des ailes. Et si le plus grand héritage qu’un parent puisse laisser à son enfant… était le courage de rêver grand ?

  • Éco Maternité® : un label exigeant au service des générations futures

    Alors que la conscience écologique progresse dans tous les pans de la société, le monde de la naissance n’échappe pas à cette transformation. Le terme « éco maternité » commence à circuler librement dans les discours, les plaquettes et même les stratégies marketing. Le terme Éco Maternité  est apparu pour la première fois il y a vingt ans , en 2004 , dans l’ouvrage de référence ; « Le développement durable et solidaire en santé »  publié aux éditions LEH . Depuis, ce concept s’est structuré, jusqu’à devenir une marque déposée et un label de référence. Pourtant, le terme Éco Maternité®  ne désigne pas une démarche vague ou simplement vertueuse : il s’applique exclusivement aux maternités qui respectent en tous points  le référentiel «  Maternité Éco-Responsable THQSE® » , un cadre exigeant, structuré, validé par un audit rigoureux mené par un organisme tiers indépendant, et protégé par une marque déposée . Une marque déposée, un engagement structuré Le terme Éco Maternité®  n’est donc pas une appellation générique : c’est une marque déposée depuis une vingtaine d’année , portée par une volonté claire de structurer, encadrer et contrôler les engagements en matière de développement durable dans les lieux où naître. Ces maternités sont certifiées selon un référentiel exigeant  , ce référentiel, en évolution constante, prend en compte à la fois les enjeux de santé publique, de climat, de biodiversité, de qualité de vie au travail et de gestion responsable des ressources. Un contrôle indépendant tous les trois ans Ce qui distingue une véritable Éco Maternité® , c’est l’évaluation par un tiers indépendant . Tous les trois ans, un audit est réalisé par un organisme tiers indépendant (OTI) , garantissant que l’établissement respecte effectivement les engagements du référentiel. Cela met fin à toute tentative de greenwashing, de communication floue ou d’engagements non vérifiables. Trois engagements majeurs : climat, conditions humaines, ressources naturelles Les Éco Maternités® ne se contentent pas de symboles ou d'affichages environnementaux. Elles agissent concrètement chaque jour  : Pour le climat  : en réduisant leur empreinte carbone, en maîtrisant leur consommation énergétique et en s’inscrivant dans des trajectoires compatibles avec les objectifs climatiques. Pour les conditions humaines  : en améliorant la qualité de vie des soignants, des patientes et des nouveau-nés. Elles favorisent un environnement sain, propice à une naissance respectueuse, et à un accompagnement humain. Pour les ressources naturelles  : en réduisant les déchets, en prévenant les pollutions, en s’assurant de la qualité de l’air intérieur et en adoptant des achats responsables. Elles prennent ainsi en compte l’exposome , ces expositions environnementales (air, alimentation, cosmétiques, matériaux…) qui influencent la santé dès la vie intra-utérine. Des exemples concrets, certifiés et reconnus Plusieurs maternités françaises, publiques comme privées, ont été labellisées "Or"  pour leur excellence dans cette démarche. Voici quelques exemples parmi les plus avancés : CH de Grasse  : une maternité engagée dans la réduction des perturbateurs endocriniens, le bien-être du personnel, la qualité de l'air et la maîtrise des déchets. 🔗 Voir l’article Centre Hospitalier de Cannes  : première maternité en France à être récompensée par un label éco-responsable, avec une politique ambitieuse sur les laits infantiles, les cosmétiques, et la santé des équipes. 🔗 Voir l’article CH de Narbonne  : un établissement exemplaire, engagé dans une démarche de santé environnementale concrète et intégrée dans le quotidien. 🔗 Voir l’article Centre Hospitalier René Huguenin  : une maternité qui incarne la dynamique THQSE en Île-de-France, au service des femmes, des enfants et des professionnels de santé. 🔗 Voir l’article Une déclinaison concrète de la CSRD et du modèle VSME Ces maternités s’inscrivent dans une dynamique volontaire alignée avec les nouvelles attentes européennes. Le modèle VSME  (Voluntary Sustainability Model for Enterprises), directement lié aux objectifs de la directive CSRD, offre une méthode opérationnelle pour décliner la responsabilité sociétale  dans les établissements de santé. Ce n’est donc pas un effet de mode, mais bien une anticipation éclairée des nouvelles exigences en matière de gouvernance, de traçabilité et de durabilité. Pour les femmes, les profressionels, et la planète Choisir une Éco Maternité® aujourd’hui, c’est faire un choix éclairé, transparent, exigeant. Pour accoucher dans un environnement sain, respectueux de la santé de la mère, de l’enfant, et des soignants. Pour soutenir des établissements engagés qui ne se contentent pas d’affichages mais agissent, mesurent, et transforment. 👉 La liste complète  des maternités certifiées est disponible sur le site officiel : labelthqse.fr Conclusion : un label unique, une reconnaissance européenne Le label THQSE® , qui encadre les Éco Maternités®, est le seul label reconnu à l’échelle européenne dans le domaine de la santé . Il garantit à la fois la rigueur, l’indépendance, et la pertinence des actions entreprises. Parce que naître est un acte fondateur. Parce qu’accueillir un enfant dans un lieu sain est un droit. Parce que protéger les écosystèmes commence dès la maternité, les Éco Maternités®  sont des pionnières de la santé de demain. Et sans doute aussi de l’espoir.

  • Cancer chez les 15-39 ans : un signal d’alerte pour la société

    Un constat préoccupant Entre 2000 et 2020, le nombre de cancers chez les adolescents et jeunes adultes (15-39 ans) a progressé de manière significative en France. C’est le cœur de l’étude menée par Santé publique France, l’Institut national du cancer et le réseau Francim, sur la base de plus de 54 000 cas recensés dans 19 départements . Ce travail d’une ampleur inédite révèle un taux d’incidence global standardisé de 58,1 cas pour 100 000 personnes-années , avec une hausse moyenne de +1,62 % par an jusqu’en 2014 , avant une stabilisation. Certaines pathologies ont particulièrement progressé : les cancers du sein , du rein , du côlon , les lymphomes de Hodgkin , les glioblastomes et même les liposarcomes . Des spécificités françaises à souligner La France présente des particularités marquantes. Parmi les femmes jeunes , les cancers du sein représentent plus de 30 % des diagnostics , un chiffre nettement supérieur à celui observé dans d’autres pays d’Europe ou aux États-Unis, où cette proportion reste plus faible à âge comparable. En 2020, chez les femmes de 35 à 39 ans, l’incidence atteignait 31,5 cas pour 100 000 personnes-années , soit une hausse de +1,60 % par an sur 20 ans . Cet indicateur suggère un phénomène français préoccupant, à explorer à la lumière de nos modes de vie, de notre environnement quotidien, mais aussi de certains facteurs reproductifs (âge plus tardif à la première grossesse, moindre allaitement, etc.). Agir avant que la maladie ne commence Cette étude est un signal. Elle nous invite à ne plus penser la prévention uniquement après l’apparition de symptômes ou à l’âge adulte. La vraie prévention doit commencer in utero , dès la grossesse, dès la maternité. Car oui, les expositions précoces façonnent notre santé future . Tout ce que nous mangeons , buvons , respirons , touchons ou mettons sur notre peau peut interagir avec le développement des cellules chez l’enfant à naître. Ce que les chercheurs appellent l’exposome – l’ensemble des expositions environnementales tout au long de la vie – commence dès les premiers instants de l’existence. Et les perturbateurs endocriniens , les particules fines, les résidus de pesticides, les additifs alimentaires, les plastiques, les solvants, les cosmétiques mal contrôlés sont autant de facteurs silencieux mais puissants de dérèglement biologique. Une prévention fondée sur la science et le bon sens La lutte contre les cancers du jeune adulte passe par une transformation des politiques publiques de prévention . Cela implique : d’ informer dès l’école sur l’hygiène de vie, les expositions environnementales, les choix alimentaires ; de former les professionnels de santé à l’exposome , pour qu’ils deviennent de véritables sentinelles ; de protéger les femmes enceintes par des messages clairs, accessibles, et des parcours de soins repensés pour limiter les expositions évitables ; de revoir les politiques d’achat en maternité, en crèche, en restauration collective , pour éviter les plastiques, privilégier le bio et les circuits courts. Cette étude nous rappelle une vérité fondamentale : le cancer n’est pas qu’une affaire génétique ou de hasard . Il est aussi, trop souvent, la conséquence de facteurs évitables . Ce n’est pas une culpabilisation, mais un appel à responsabilité collective. Former nos médecins et nos soignants à la notion d’exposome, c’est leur offrir les clés d’une médecine plus préventive, plus humaine, plus engagée. C’est bâtir un futur où l’on ne soigne pas seulement les maladies, mais où l’on cultive activement la santé. Nous avons les données. Nous avons les outils. Ce qu’il nous faut maintenant, c’est le courage d’agir ensemble , dès aujourd’hui.

  • BEGES obligatoires pour les services de l’État : ce que change l’instruction du 12 mai 2025

    Le 15 mai 2025, le ministère de la Transition écologique a publié une nouvelle instruction précisant les modalités de réalisation et de publication des bilans d’émissions de gaz à effet de serre (BEGES) pour les services de l’État. Ce texte s’inscrit dans le cadre du Plan de transformation écologique de l’État , qui vise une réduction de 22 % des émissions de GES d’ici 2027 , par rapport au niveau de 2022. Une obligation qui n’est plus théorique : elle devient désormais structurée, suivie, et assortie d’outils et de jalons très concrets. Un cap clair : -22 % d’ici 2027 Déjà fixé par la circulaire n°6425-SG de novembre 2023, cet objectif de -22 % en 5 ans est confirmé et précisé dans cette nouvelle instruction, qui engage toutes les entités de l’État dans une trajectoire de décarbonation mesurable et publiquement assumée. Sont concernés : Les administrations centrales , Les services déconcentrés (hors ATE), Les établissements publics , Les opérateurs de l’État , Et l’ensemble de l’administration territoriale . BEGES : un outil de pilotage obligatoire Chaque structure doit désormais réaliser un BEGES structuré autour de deux volets : 1. Le diagnostic Il s’agit de calculer les émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble des périmètres opérationnels , y compris : Les véhicules loués ou en leasing , Les bâtiments occupés sans être possédés , Les émissions indirectes significatives (comme les achats, les déplacements professionnels ou les consommations énergétiques des bâtiments loués). Les émissions devront être réparties selon les catégories classiques : scope 1 (émissions directes), scope 2 (émissions indirectes liées à l’énergie), et scope 3 (autres émissions indirectes) . 2. Le plan de transition Ce plan ne se limite pas à des intentions : il doit comporter des actions concrètes , largement inspirées de la circulaire sur les services publics écoresponsables. L’objectif : passer du constat à l’action, avec un calendrier, des leviers précis, et une évaluation dans le temps. Un outil dédié : la plateforme EBC Pour faciliter ce travail, le ministère met à disposition des services de l’État la plateforme EBC (État Bas Carbone) , opérationnelle depuis le 7 janvier 2025. Développée par le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD), cette plateforme permet : De centraliser les données , D’assurer une traçabilité des bilans, Et de garantir l’ homogénéité méthodologique entre les différents acteurs. Calendrier et publication Les structures concernées doivent remettre leur BEGES au plus tard le 31 décembre 2025 .Chaque bilan devra être publié sur la plateforme de l’ADEME , garantissant une transparence totale vis-à-vis des citoyens et des parties prenantes . Le CGDD assurera le suivi des publications et pourra accompagner ou alerter les structures qui ne respecteraient pas leurs obligations. Sanctions ? Pas encore explicites, mais une pression réelle L’instruction ne mentionne pas de sanctions directes pour les structures défaillantes. Néanmoins, dans un contexte de transformation écologique assumée, ne pas publier de BEGES ou proposer un plan de transition creux pourrait nuire à la crédibilité d’un service ou d’un opérateur.Cela pourrait aussi avoir des conséquences en matière de financements, d’image, ou d’évaluation interne . Pourquoi c’est stratégique Au-delà de la conformité, cette démarche est un levier puissant de transformation : Elle permet d’objectiver les efforts et d’identifier les postes d’émissions prioritaires, Elle engage les structures dans une trajectoire alignée avec les objectifs climatiques nationaux et européens , Elle favorise une sobriété intelligente , génératrice d’économies et de sens, Elle contribue à faire de l’État un exemple en matière de transition écologique , à l’heure où il attend cette exemplarité des collectivités et des entreprises. Avec cette instruction, l’État se dote enfin d’un cadre robuste pour aligner ses services avec les exigences climatiques du XXIe siècle . Réaliser un BEGES ne sera plus un exercice bureaucratique, mais une étape structurante vers une administration décarbonée, responsable et lucide .Les moyens sont là, les outils aussi. Reste à mobiliser la volonté de chaque direction pour faire de cette obligation une opportunité. https://www.bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr/documents/Bulletinofficiel-0034032/TECD2511807J.pdf

  • Mesurer l'impact sur la biodiversité : une nécessité pour nos organisations d'ici 10 ans

    Il est temps de repenser nos indicateurs de performance environnementale. Se focaliser uniquement sur l'empreinte carbone ne suffit plus. Une récente étude met en lumière l'« effet de luxe » : dans les zones urbaines, la biodiversité est plus riche dans les quartiers aisés, laissant les zones moins favorisées avec une nature appauvrie. https://esajournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/ecs2.70049 Mesurer notre impact sur la biodiversité doit devenir la norme dans nos organisations d'ici 10 ans. Cela implique : Prendre conscience de nos impacts : Comprendre comment nos activités affectent les écosystèmes. Évaluer les pollutions générées : Identifier et réduire les sources de pollution. Estimer les impacts sur la santé humaine : Par exemple, réduire de 30 % nos émissions de gaz à effet de serre diminue d'autant les particules fines dans l'air, ce qui peut entraîner une baisse significative des maladies cardiovasculaires à l'échelle d'un territoire. Cette nouvelle approche, que l'on pourrait qualifier d'« effet de luxe inversé », devrait être intégrée dans toutes les stratégies de développement. Nos experts-comptables notament doivent devenir les sentinelles de cette transition, accompagnant les entreprises dans la réduction de leur impact environnemental, ce qui augmentera inéluctablement leur valeur et leur attractivité. L'effet de luxe et la biodiversité urbaine L'étude examine comment les quartiers urbains plus aisés présentent une biodiversité plus riche, un phénomène connu sous le nom d'« effet de luxe ». Ce lien entre richesse et biodiversité s'explique par plusieurs facteurs : Investissements dans les espaces verts : Les quartiers riches disposent souvent de plus d'espaces verts bien entretenus. Éducation et sensibilisation : Un niveau d'éducation plus élevé favorise une plus grande conscience écologique. Héritage historique : Les décisions passées en matière d'urbanisme influencent encore la répartition actuelle de la biodiversité. Cependant, cette inégalité signifie que les communautés moins favorisées bénéficient moins des services écosystémiques, ce qui soulève des questions d'équité environnementale.

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