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  • Directive européenne 2024/825 : quand la durabilité cesse d’être un slogan

    Il y a des textes européens qui passent presque inaperçus.Et puis il y a ceux qui changent la donne. Adoptée en 2024, la directive (UE) 2024/825 fait partie de la seconde catégorie.Derrière son intitulé technique se cache une rupture nette : la fin de l’ère des labels flous et des promesses environnementales sans preuves . Désormais, afficher un engagement durable ne suffit plus.Il faut le démontrer. Le grand ménage des labels « verts » Pendant des années, entreprises et organisations ont vu fleurir une multitude de logos, chartes et labels revendiquant une forme de responsabilité environnementale ou sociétale.Trop souvent, ces démarches reposaient sur des engagements déclaratifs, des critères imprécis ou des référentiels peu lisibles. La directive 2024/825 vient poser une règle simple : un label de durabilité n’est légitime que s’il repose sur des critères clairs, vérifiables et compréhensibles . Sont désormais dans le viseur : les labels auto-attribués, les allégations globales comme « durable » ou « responsable » sans périmètre précis, les promesses implicites impossibles à démontrer. L’objectif n’est pas de freiner la transition, mais de la crédibiliser . Une question centrale : durable… pour qui, et pour quoi ? Ce que révèle aussi ce texte, c’est une interrogation plus profonde : que cherche-t-on réellement à préserver lorsque l’on parle de durabilité ? Les ressources naturelles, bien sûr.Le climat, évidemment.Mais aussi et de plus en plus la santé . La santé des femmes et des hommes au travail.La santé des clients et des usagers.La santé des territoires et des écosystèmes. La directive n’emploie pas toujours ce mot explicitement, mais son esprit est clair : une organisation durable est une organisation qui ne dégrade pas la santé du vivant, sous toutes ses formes . La RSE face à sa responsabilité " sanitaire" C’est là que le débat se déplace. La RSE ne peut plus être pensée uniquement en termes de conformité réglementaire, de reporting ou de réduction d’empreinte carbone.Elle est appelée à répondre à une question plus exigeante : Quels sont les impacts réels de nos activités sur la santé humaine, sociale et environnementale ? Produits, services, organisations, chaînes de valeur : tout est concerné.Et peu de labels, jusqu’ici, ont réellement pris ce sujet à bras-le-corps. THQSE : quand la santé devient le cœur de la durabilité Dans ce nouveau cadre européen, le label THQSE occupe une place singulière. THQSE n’est pas un label généraliste de plus.Il ne se limite pas à un secteur d’activité.Il ne réduit pas la durabilité à un score environnemental. Il repose sur une conviction forte :👉 la finalité ultime de la RSE est la santé . Santé des collaborateurs, exposés aux organisations du travail, aux environnements, aux substances. Santé des clients et des usagers, impactés par les produits, les services et les usages. Santé des écosystèmes, dont dépend directement la santé humaine à moyen et long terme. Un positionnement unique en Europe À ce jour, THQSE est le seul label européen à articuler de manière structurée : la responsabilité sociétale, la santé humaine, la santé environnementale, et la santé des écosystèmes, dans une même démarche cohérente . Loin des slogans, THQSE s’appuie sur : des critères explicites, des analyses de risques et d’impacts, des indicateurs mesurables, une logique de progrès continu. Il ne promet pas une perfection immédiate.Il construit une trajectoire crédible de transformation . Pourquoi la directive 2024/825 renforce ce type de label En assainissant le marché des labels, la directive européenne crée un effet de tri naturel.Les démarches approximatives reculent.Les approches exigeantes gagnent en valeur. Dans ce contexte, les labels capables de : démontrer leurs critères, expliciter leurs périmètres, assumer une exigence de preuve, et relier durabilité et santé, deviennent des outils stratégiques pour les organisations. THQSE s’inscrit pleinement dans cette nouvelle génération. Vers une durabilité plus mature La directive 2024/825 marque la fin d’un certain confort :celui des engagements déclaratifs. Elle ouvre une phase plus exigeante, mais aussi plus féconde :celle d’une durabilité qui protège réellement le vivant. Dans ce paysage renouvelé, la RSE n’est plus une fin en soi.Elle devient un moyen . Un moyen de préserver ce qui compte le plus, et que l’Europe remet désormais au centre : la santé des générations présentes et futures, humaines et non humaines.

  • «  Les événements désirables : je les vœux »

    Dans les hôpitaux, nous avons appris à déclarer les " événements indésirables" .C’est nécessaire.C’est structurant.C’est même une obligation éthique et professionnelle. Mais en cette fin d’année, j’aimerais proposer un pas de côté.Un pas de sens. Et si, en complément, nous apprenions à déclarer nos propres " événements désirables" ? Non pas pour masquer les difficultés.Non pas pour faire semblant.Mais pour redonner de l’élan , nourrir la dynamique collective et rappeler que le progrès se construit aussi à partir de ce qui fonctionne, de ce qui élève, de ce qui donne envie. Déclarer le désirable : une culture à inventer Un événement désirable n’est pas spectaculaire.Ce n’est pas un trophée.Ce n’est pas une success-story de communication. C’est souvent quelque chose de plus discret, mais profondément structurant :une rencontre, une décision, une création, un geste, un engagement sincère. Déclarer les événements désirables, ce serait : partager les sources d’inspiration, valoriser les dynamiques positives, lutter activement contre le poison lent du “à quoi bon” . Mon inventaire d’événements désirables de l’année Cette année a été riche. Dense. Nourrissante. J’ai eu la chance de travailler avec une équipe extraordinaire , engagée, compétente, profondément humaine.D’ accompagner près de 1 400 établissements de santé qui ont fait un choix courageux : celui de transformer la santé de l’intérieur, sans bruit mais avec constance. J’ai participé à la création : d’un logiciel d’éco-conception des soins , d’une norme structurante sur le sujet, d’outils de mesure des impacts sur la biodiversité et la ressource en eau , parce que soigner sans dégrader le vivant est devenu une exigence. J’ai rencontré des dizaines de personnes inspirantes , passionnées, parfois militantes, souvent pragmatiques, toujours sincères.J’ai réalisé près d’une centaine de toiles , exposé à Osaka , et confirmé que l’art est un langage universel qui relie sans expliquer. J’ai planté une dizaine d’arbres , gestes modestes mais profondément politiques à l’échelle du temps long. J’ai animé une trentaine de conférences , non pour convaincre, mais pour donner envie d’agir. J’ai créé l’Atelier des Cinq Sens , un lieu pour rendre l’art accessible, vivant, utile , un espace où l’on vient autant pour ressentir que pour réfléchir. J’ai découvert des plaisirs simples et précieux :le thé Sakura de Mariage Frères ,les capsules réutilisables de Caps Me ,l’exposition de Fabienne Verdier ,les Terres salées de Christophe Barbier . J’ai appris l’ikebana, cette discipline où l’équilibre naît du vide. J’ai voyagé par la musique avec Tom Odell , Annahstasia , Celeste , The Blaze , Roberto Murolo . J’ai fêté mes 60 ans , en pleine forme, entouré de ceux qui comptent.J’ai co-écrit un livre sur le Kyosei , pour rappeler que le bien commun ne se décrète pas : il se pratique. Et puis, il y a eu un événement désirable plus intime, mais fondamental : mon fiston, à 27 ans, se lance dans l’entrepreneuriat. Ce choix dit beaucoup.Il dit le courage d’essayer.La confiance dans l’avenir.L’envie de créer plutôt que de commenter.À l’heure où l’on parle tant de résignation, cet engagement générationnel est, à mes yeux, un événement profondément désirable. Pour conclure Cette année m’a conforté dans une conviction simple : l’avenir appartient à celles et ceux qui cultivent le “et pourquoi pas ?”, pas à ceux qui s’abritent derrière le “à quoi bon !”. Alors pour l’année qui vient, mon vœu est clair : 👉 faites l’inventaire de vos événements désirables. 👉 Partagez-les. 👉 Inspirez-vous mutuellement. Parce que déclarer le désirable, ce n’est pas être naïf.C’est choisir de nourrir ce qui fait avancer . Très belle année à toutes et tous.Et surtout, n’oublions pas de déclarer ce qui mérite de durer.

  • Japon, France : quand l’art devient un levier de santé face au choc du grand âge

    Le Japon a souvent quelques années d’avance sur nous. Non pas par idéologie, mais par nécessité. Avec l’une des populations les plus âgées du monde, l’archipel est confronté depuis longtemps à une question que l’Europe commence à peine à regarder en face : comment vieillir sans réduire la santé à une addition de soins, de médicaments et de dispositifs techniques ? Depuis quelques années, une réponse discrète mais structurante émerge au Japon : faire de la culture et des pratiques artistiques un pilier du bien-être dans une société vieillissante. Le Japon face au vieillissement : un laboratoire à ciel ouvert Au Japon, le vieillissement n’est plus une projection, c’est une réalité quotidienne.Les troubles cognitifs, l’isolement social et la perte d’autonomie représentent un enjeu majeur de santé publique. Dans ce contexte, des institutions culturelles et universitaires ont lancé des démarches innovantes, comme le programme « Creative Ageing - ZUTTOBI » , porté notamment par le Tokyo Metropolitan Art Museum et Tokyo University of the Arts . L’objectif n’est pas de « soigner » par l’art au sens médical du terme, mais de : maintenir le lien social , stimuler l’ attention , la mémoire , la motricité fine , offrir des espaces d’ expression et de dignité , inscrire la création dans le quotidien des seniors. Ces initiatives s’appuient aussi sur une infrastructure unique : les Kominkan , centres culturels municipaux présents sur tout le territoire japonais, où les personnes âgées pratiquent calligraphie, arts plastiques, musique, artisanat ou danse lente. 👉 L’art n’y est pas perçu comme un loisir superflu, mais comme une technologie sociale du bien-vieillir . Ce que dit la science (au-delà du Japon) Les démarches japonaises résonnent fortement avec les travaux scientifiques internationaux récents. Des études longitudinales montrent que la pratique régulière d’activités artistiques est associée à : une meilleure santé mentale, une réduction de l’isolement, un ralentissement du déclin fonctionnel, une amélioration de la qualité de vie chez les seniors. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a confirmé dès 2019, dans une revue de plus de 900 études , que les arts jouent un rôle dans la prévention , la promotion de la santé et le bien-être tout au long de la vie . Plus récemment, des travaux européens et britanniques montrent que l’art agit sur des marqueurs physiologiques : stress, inflammation, régulation émotionnelle. Ce que le Japon fait aujourd’hui à l’échelle culturelle, la science commence à le documenter à l’échelle biologique. Et la France dans tout cela ? Une urgence silencieuse La France n’est pas épargnée.Bien au contraire. 📊 D’ici 2050 , le nombre de personnes âgées de 85 ans et plus va presque doubler , passant à environ 5 millions .C’est un bouleversement majeur pour notre système de santé, déjà sous tension. Or, notre réponse reste encore largement centrée sur : le soin curatif, l’hospitalisation, la médicalisation croissante du grand âge. 👉 La prévention sociale, culturelle et relationnelle reste marginale , alors même que l’isolement, la perte de sens et la rupture du lien sont des facteurs déterminants de la dégradation de la santé. Ce que la France devrait anticiper dès maintenant L’exemple japonais nous envoie un message clair : on ne répond pas au vieillissement uniquement avec des lits et des médicaments. Intégrer l’art dans les politiques de santé, c’est : agir en amont, retarder la perte d’autonomie, réduire certaines hospitalisations évitables, soutenir les aidants et les soignants, préserver la dignité et la place sociale des personnes âgées. C’est aussi une opportunité stratégique pour : les collectivités, les établissements de santé, les EHPAD, les mutuelles, les acteurs de la RSE et de l’économie sociale et solidaire. Conclusion : Anticiper plutôt que subir Le Japon nous montre une voie.La science nous donne des arguments.La démographie française nous impose d’agir. 👉 Intégrer l’art dans les stratégies de santé n’est pas un luxe culturel. C’est une décision d’anticipation, de prévention, et de responsabilité collective. Vieillir n’est pas une pathologie.Mais vieillir sans lien, sans sens et sans expression finit par le devenir. Et si, dès aujourd’hui, nous faisions de l’art un allié de notre système de santé ? Sources OMS – What is the evidence on the role of the arts in improving health and well-being? (2019) Tokyo Metropolitan Art Museum – Creative Ageing ZUTTOBI INSEE – Projections démographiques France, horizon 2050 Nature Medicine / études internationales sur activités artistiques et vieillissement

  • 2025 : Quand la RSE cesse d’être un simple reporting et devient moteur d’innovation, de santé environnementale et de transformation culturelle

    En 2025, la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) n’est plus cantonnée à de la conformité ou à des rapports bien rédigés. Elle se révèle au contraire être un outil stratégique de décision , un levier d’ innovation systémique et un catalyseur d’engagement collectif , notamment quand elle s’allie aux enjeux de santé environnementale, à l’innovation durable et à la culture. Voici pourquoi 2025 est un tournant pour les organisations qui veulent faire de la durabilité une valeur concrète et non un label vide. La RSE se structure autour de normes robustes mais aussi de stratégie Depuis l’entrée en vigueur de la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) en Europe, les entreprises ne se contentent plus de produire des rapports extra-financiers : elles doivent structurer, vérifier et comparer leurs données ESG pour répondre aux attentes des investisseurs, des parties prenantes et des marchés. La CSRD élargit le périmètre du reporting, structurant des indicateurs environnementaux, sociaux et de gouvernance vérifiables et harmonisés. Elle impose une transparence accrue sur l’impact réel des activités ,ce qui contraint les organisations à intégrer la durabilité au cœur de leurs décisions opérationnelles. Ce passage d’une RSE “compliance only” à une RSE outil décisionnel stratégique transforme les modèles classiques : les dirigeants utilisent désormais ces données pour piloter les investissements, anticiper les risques et prioriser l’innovation. C’est une mutation culturelle et organisationnelle , pas une évolution cosmétique. Santé environnementale : du “bon à avoir” à un levier mesurable Dans les organisations de santé et au-delà, de nouveaux schémas émergent, liant directement performance opérationnelle, impacts environnementaux et qualité de vie des patients et employés. Par exemple, la mise en place de pratiques durables en milieu dentaire, comme la réduction des déchets, l’utilisation responsable des ressources en eau et énergie et de matériaux plus durables contribue à une baisse significative de l’empreinte carbone tout en renforçant l’efficacité et la sécurité des soins. Au-delà du secteur spécifique, la santé environnementale devient un critère de robustesse : meilleure qualité de l’air, optimisation énergétique, réduction des déchets… ce sont des leviers qui impactent directement la performance économique et la résilience des organisations. Innovation structurante : IA, performance environnementale et création de valeur L’innovation durable n’est plus limitée aux technologies “vertes” visibles. L’ intelligence artificielle et les technologies numériques sont devenues des outils de pilotage ESG puissants : ils permettent d’automatiser le traitement des données, de prévoir les risques, d’optimiser les ressources et de structurer des modèles d’affaires plus efficients. Les organisations qui intègrent intelligemment ces technologies dans la chaîne logistique, dans l’optimisation énergétique ou encore dans l’innovation produit voient non seulement leurs impacts diminuer, mais leur création de valeur augmenter . L’innovation responsable devient ainsi un levier de performance durable : elle réduit les coûts, elle anticipe les chocs (climatiques, réglementaires, sociaux), elle ouvre l’accès à de nouveaux marchés. Économie d’impact : vers une adéquation stricte entre performance sociale, environnementale et économique L’économie d’impact, souvent décrite comme un « marché de niche », est en train de devenir un standard de marché . Les investisseurs exigent aujourd’hui des preuves d’impact mesurables et comparables, pas des déclarations d’intentions. Cela se traduit par des stratégies où les entreprises doivent démontrer des effets réels sur les communautés, l’environnement et la société pour attirer des capitaux et des partenariats durables. L’économie d’impact devient ainsi une force structurante , pas une contrainte additionnelle. Le rôle stratégique de l’art dans la transformation durable Derrière les chiffres et réglementations, il y a une dimension humaine essentielle : comprendre et vivre la transition. C’est là que l’art trouve un rôle stratégique. Des cadres cognitifs-affectifs récents montrent que l’art peut traduire des enjeux complexes comme l’urgence climatique ou la santé environnementale en expériences sensibles, engageantes et appropriables collectivement . Cela signifie que l’art ne sert plus seulement à “illustrer” un rapport ou décorer un espace de travail. Il devient outil d’apprentissage, d’engagement et de mobilisation : il raconte des données autrement, il transforme l’abstraction en expérience vécue, il aide les organisations à créer du sens partagé . Des initiatives globales comme ART 2030 rassemblent aujourd’hui artistes, institutions, scientifiques et décideurs autour d’objectifs communs de durabilité, renforçant l’idée que la culture est un levier clé de transformation sociale. Conclusion : une RSE incarnée, pas imposée 2025 ne sera pas simplement l’année où les règles changent. C’est l’année où la RSE cesse d’être un simple rapport pour devenir un moteur de transformation intégrée aux modèles d’affaires, mesurée par des données robustes, animée par des technologies intelligentes et incarnée par une culture d’entreprise vivante . Pour les organisations, cela signifie : faire de la durabilité un outil décisionnel , utiliser l’innovation comme levier de performance , intégrer la santé environnementale dans chaque chaîne de valeur, déployer l’art comme média d’engagement collectif , et concevoir l’impact non seulement comme un coût, mais comme une création de valeur . Ce n’est plus une question de conformité : c’est une question de compétitivité, de sens et de pertinence dans le monde de demain.

  • SPASER DE BERCY : De la promesse à la preuve , la nouvelle ère des achats publics

    Il y a des textes administratifs qui passent inaperçus. Et puis il y a ceux qui changent silencieusement les règles du jeu.Le SPASER 2025-2027 de l’État appartient clairement à la seconde catégorie. Derrière cet acronyme technique – Schéma de promotion des achats socialement et écologiquement responsables – se cache une décision politique majeure : faire de l’achat public un levier central de transformation écologique, sociale et économique . Non plus par le discours, mais par le contrat. Un constat assumé, enfin posé sur la table Le point de départ est brutal de lucidité.Selon l’État lui-même, près de 80 % de son empreinte carbone provient de ses achats : bâtiments, énergie, informatique, alimentation, mobilité, prestations intellectuelles. Autrement dit, ce ne sont ni les discours ni les petits gestes internes qui feront la différence, mais bien ce que l’État achète, à qui, et à quelles conditions . À partir de ce constat, le SPASER 2025-2027 fixe un cap clair :👉 réduire de 22 % les émissions de gaz à effet de serre liées aux achats publics d’ici 2027 . Un objectif chiffré, daté, mesuré. Et surtout, opposable. La fin des critères RSE symboliques Jusqu’ici, la RSE dans la commande publique relevait souvent de l’affichage : une clause ici, un critère là, rarement décisifs dans l’attribution finale.Le SPASER change la nature même de l’exercice. Désormais : 100 % des marchés de l’État devront intégrer un critère environnemental , ces critères devront être pondérés a minima à 10 % , et jusqu’à 20 % sur les segments à fort enjeu , les critères sociaux pourront porter la pondération totale jusqu’à 30 % . Autrement dit, la performance environnementale et sociale pèse réellement dans la note finale . Elle n’est plus une option morale, mais un facteur de compétitivité. Acheter moins carboné, mais aussi plus juste La transition écologique n’est cependant qu’un des piliers du texte. Le SPASER assume une ambition plus large : faire de l’achat public un outil de cohésion sociale et de souveraineté économique . Cela se traduit par des engagements très concrets : augmenter la part des achats réalisés auprès des PME , mesurer et suivre la part des fournisseurs français et européens , porter à 2,5 % la part des achats de l’État auprès de l’ économie sociale et solidaire , renforcer les clauses d’insertion , l’égalité femmes-hommes, la santé et la sécurité au travail. L’État ne se contente plus d’acheter « responsable » : il cherche à structurer des filières , soutenir des modèles économiques, orienter l’offre. Un changement décisif : le contrôle C’est sans doute le point le plus structurant – et le moins commenté.Le SPASER ne repose pas sur la confiance seule. Il introduit une logique de contrôle systématisé . Un référentiel interministériel de contrôle est en cours de déploiement, avec : un suivi renforcé de l’exécution des clauses environnementales et sociales, des contrôles ciblés sur les segments à risques, des pénalités contractuelles chiffrées en cas de non-respect, et une montée en puissance progressive entre 2026 et 2027. Le message adressé aux fournisseurs est limpide :👉 les engagements devront être démontrés, suivis et justifiés . Mesurer pour piloter, piloter pour transformer Contrairement à de nombreux dispositifs RSE, le SPASER s’appuie sur une batterie d’indicateurs publiés annuellement : émissions de GES liées aux achats, part des achats intégrant biodiversité, économie circulaire ou égalité femmes-hommes, heures d’insertion réalisées, part des dépenses auprès de l’ESS, recours au réemploi et aux matières recyclées. Ces indicateurs ne sont pas décoratifs. Ils servent à piloter la politique d’achat, à ajuster les stratégies, et à préparer les prochains cycles. Une bascule silencieuse, mais irréversible Le SPASER 2025-2027 ne fait pas de bruit. Il ne promet pas un monde meilleur.Il fait mieux : il modifie les règles contractuelles du premier acheteur de France . Pour les entreprises, une ligne de partage apparaît nettement : celles qui savent mesurer, piloter et prouver leur impact, et celles qui en sont encore aux déclarations d’intention. L’achat public devient ainsi un révélateur.Non plus de ce que l’on dit être, mais de ce que l’on est réellement capable de faire.

  • Devoir de vigilance européen : Le tsunami réglementaire que personne ne pourra éviter

    L’Europe vient de graver dans le marbre la directive CS3D, imposant aux géants du business de surveiller leurs impacts humains et planétaires. Mais derrière les gros titres se cache une réalité plus brutale : personne ne passera entre les mailles du filet. Entre l’étrange silence imposé au secteur public et l’effet domino qui guette nos PME, décryptage d'une révolution en marche. C’est une petite révolution de palais qui s'est jouée à Bruxelles. Après des mois de bras de fer, la directive CS3D ( Corporate Sustainability Due Diligence Directive ) est désormais une réalité. Son objectif ? Obliger les grandes entreprises à ne plus fermer les yeux sur ce qu’il se passe dans l’arrière-cuisine de leurs sous-traitants, à l’autre bout du monde ou au bout de la rue. Travail des enfants, pollution des eaux, déforestation : le "je ne savais pas" ne sera plus une option. Le secteur public : l’éternel absent de l’exemplarité ? Première ombre au tableau, et elle est de taille : pourquoi les administrations et les collectivités publiques sont-elles restées sur le bord de la route ? Dans un monde où l’on demande aux entreprises d’être les nouveaux piliers de l’éthique mondiale, le secteur public – qui pèse pourtant des milliards d’euros via la commande publique – échappe à la contrainte directe de la directive. Comment exiger l’exemplarité du privé quand l’État et ses démembrements ne s’appliquent pas les mêmes règles de vigilance sur leurs propres chaînes d’approvisionnement ? Certes, le Code de la commande publique bouge, mais ce "deux poids, deux mesures" pose question. Si la puissance publique veut être crédible dans la transition, elle devra, elle aussi, balayer devant sa porte. PME : Le piège du "hors champ" C’est ici que le message doit être clair : si vous dirigez une PME, ne vous laissez pas bercer par les seuils. On vous dit que la loi ne concerne que les entreprises de plus de 1 000 salariés ? C’est juridiquement vrai, mais commercialement faux. Le mécanisme est simple : pour se conformer à la loi et éviter des amendes pouvant atteindre 5 % de leur chiffre d’affaires mondial, les donneurs d’ordre (les vagues de 5 000, puis 3 000, puis 1 000 salariés) vont "répercuter" leurs obligations sur toute leur chaîne de valeur. Demain, pour répondre à un appel d'offres d'un grand groupe, une PME de 50 personnes devra prouver qu'elle a cartographié ses risques, qu'elle maîtrise son empreinte carbone et qu'elle gère ses ressources hydriques. Anticiper n’est plus une option, c’est une condition de survie commerciale. L'exemple qui fait mal : Le cas de la "PME X" Imaginez une PME spécialisée dans le traitement de surfaces métalliques, sous-traitante de rang 2 pour un géant de l'aéronautique. Cette PME utilise beaucoup d'eau et des produits chimiques. Pensant passer sous les radars car "trop petite", elle n'a pas investi dans un circuit de recyclage des eaux usées ni dans une stratégie de décarbonation sérieuse. Lors de l'audit de vigilance du géant de l'aéronautique (soumis à la CS3D), le couperet tombe : le risque hydrique et environnemental de la PME est jugé "critique". Le grand groupe, pour ne pas voir sa responsabilité engagée devant les tribunaux européens, décide de rompre le contrat au profit d'un concurrent plus cher, mais "propre". En six mois, la PME perd 40 % de son carnet de commandes. Conclusion : La vigilance pour tous Le devoir de vigilance n’est pas une énième contrainte administrative pour les grands groupes de l'indice boursier. C’est un changement de paradigme. Pour les PME, le compte à rebours a commencé. Celles qui sauront transformer cette contrainte en avantage concurrentiel — en devenant les "partenaires sûrs" des grands groupes — seront les gagnantes de demain. L’heure n’est plus à la question "Suis-je concerné ?", mais "Suis-je prêt ?".

  • Greenwashing : la DGCCRF change de braquet. Et si l’écoconception devenait enfin la règle – et non l’argument marketing ?

    Il y a des annonces qui passent inaperçues… et d’autres qui devraient faire trembler plus d’une direction marketing.Ce 16 septembre 2025, la DGCCRF a posé ses nouvelles priorités pour les années à venir. Deux mots s’imposent : écoconception et lutte contre le greenwashing .Deux mots simples, presque anodins… mais qui pourraient reconfigurer en profondeur les pratiques des entreprises françaises, tous secteurs confondus. « La durabilité fait partie de la protection des consommateurs », rappelle Sarah Lacoche, directrice générale de la DGCCRF. Le message est clair : la transition écologique n’est plus un supplément d’âme. C’est une obligation de rigueur, de cohérence, et bientôt, de conformité. Écoconception : la voie royale pour sortir du brouillard réglementaire Avec l’entrée en vigueur de l’ indice de durabilité et le futur règlement européen sur l’écoconception (ESPR), la DGCCRF devient la régulatrice française d’un cadre qui se durcit.2027 pour les textiles.2028 pour les meubles.Et demain, potentiellement, tout le reste. Cette bascule crée un mouvement structurel : L’affichage ne suffira plus . Il faudra démontrer la méthode de calcul, la robustesse des données, la réalité de la performance. Les entreprises ne pourront plus se contenter du vernis “responsable” ; elles devront réorganiser leur conception, leur fabrication, leur supply chain. Autrement dit : la seule défense durable contre le greenwashing, c’est l’écoconception .Pas la communication.Pas les labels opportunistes. Le produit. Le process. La preuve. Le greenwashing : d’indignation morale à risque stratégique majeur La DGCCRF ne s’en cache plus : après la pédagogie vient le temps de la correction , puis celui de la répression .Et un outil monte en puissance : le name and shame , utilisé pour la première fois en 2024. Dans un monde où l’image vaut autant que le bilan financier, aucune entreprise ne peut se permettre de figurer sur une liste d’écoblanchiment publiée par l’État.Le message est limpide : Celui qui joue avec l’écologie joue désormais avec sa réputation – et avec celle de tout un secteur. L’Europe donne le cadre : VSME, Empowering Consumers Directive, devoir de vigilance. L’arsenal européen se complète.La directive Empowering Consumers, la réglementation VSME sur les allégations environnementales, et le devoir de vigilance convergent vers un même message : fin des slogans vagues , fin des preuves insuffisantes , fin des allégations non vérifiables . Les entreprises qui veulent éviter le mur n’auront pas le choix : mettre leur organisation en conformité structurelle , et non cosmétique. Société à mission : l’angle mort qu’il est temps d'éclairer Il y a pourtant en France un outil puissant, précurseur, trop peu mis en lumière : le statut de société à mission .Il impose : une raison d’être , des objectifs sociaux et environnementaux , un comité de mission , et surtout une vérification indépendante . Ce statut pourrait devenir un levier national pour distinguer les structures sincères, organisées, transparentes… de celles qui ne le sont pas.Encore faudrait-il que les pouvoirs publics le valorisent davantage.Encore faudrait-il que les entreprises osent franchir le pas. THQSE : transformer les allégations en engagement vérifié Dans ce paysage en mutation, une démarche se distingue par son antériorité et sa robustesse : le label THQSE (Très Haute Qualité Sanitaire ,Sociale et Environnementale).Contrairement aux approches d’antan : THQSE ne labellise pas des intentions, ne labellise pas une communication, ne labellise pas un discours. THQSE valide par un tiers indépendant une transformation réelle, mesurable, structurante, couvrant les impacts sanitaires, sociaux, environnementaux et économiques.Exactement ce que Bruxelles demande.Exactement ce que la DGCCRF réclame.Exactement ce que les consommateurs attendent. La fin du greenwashing passera par là : par des preuves, pas par des promesses. Le message pour les entreprises : l’écoconception n’est plus une option. C’est une assurance-vie. Le secteur de la santé, de l’hôtellerie, du tourisme, du textile, de l’alimentaire… tous sont concernés. Parce qu’un jour très proche : l’écoconception sera un pré-requis réglementaire , les allégations devront être démontrées , les labels devront être crédibles et certifiables , les comportements trompeurs seront publiés , et le marché distinguera clairement les entreprises qui agissent de celles qui racontent. Conclusion : l'heure n’est plus au storytelling. Elle est au courage. La DGCCRF ouvre une nouvelle ère : celle où la transition écologique cesse d’être déclarative pour devenir opérationnelle .Ceux qui s’engagent dans l’écoconception, dans le statut de société à mission, dans le devoir de vigilance et dans des démarches vérifiées comme THQSE seront les leaders de demain. Ceux qui s’y refusent… seront tôt ou tard rattrapés par la réglementation, par les consommateurs, ou par la réalité même des risques. L’écoconception n’est pas un coût :c’est un investissement stratégique ,une preuve de cohérence ,et la fin du greenwashing par le design même du produit . L’avenir tranchera très vite entre ceux qui veulent “paraître verts” et ceux qui sont capables de le devenir vraiment .

  • Les ingrédients invisibles de notre alimentation : quand la santé se joue loin de l’étiquette

    Nous passons beaucoup de temps à débattre de ce que nous mangeons. Trop gras, trop sucré, trop salé. Bio ou non. Local ou importé. De saison ou sous serre.Mais pendant que nous scrutons les étiquettes nutritionnelles, un autre menu s’invite dans nos assiettes , silencieux, discret, rarement questionné : celui des substances chimiques invisibles qui accompagnent notre alimentation, de la production agricole à la cuisson, de l’emballage au stockage. C’est précisément ce que met en lumière le rapport Invisible Ingredients publié par SYSTEMIQ . Un travail de fond, rigoureux, international, qui pose une question simple et dérangeante : et si une part importante de nos maladies modernes venait non pas de ce que nous mangeons, mais de ce qui entoure, transforme et conditionne notre alimentation ? Des substances omniprésentes, mais largement ignorées Le rapport se concentre sur quatre grandes familles de substances aujourd’hui omniprésentes dans le système alimentaire mondial : les phtalates , les bisphénols , les pesticides , les PFAS , surnommés à juste titre les « polluants éternels ». Ces substances ne sont pas anecdotiques. Elles se retrouvent dans les matériaux au contact des aliments, les emballages, les équipements de cuisine, les revêtements antiadhésifs, les textiles, les gants, mais aussi dans les pratiques agricoles intensives. Leur point commun ? Elles sont fonctionnelles pour le système économique : elles rendent les produits plus stables, plus flexibles, plus résistants, plus rentables.Mais elles sont aussi biologiquement actives , capables d’interagir avec notre organisme à très faibles doses, souvent sur le long terme. Des effets sanitaires désormais bien documentés Le rapport ne s’appuie pas sur des intuitions ou des peurs diffuses. Il compile des décennies de littérature scientifique montrant des liens robustes entre ces expositions chimiques et de nombreux effets sanitaires : troubles de la fertilité et de la reproduction, cancers hormono-dépendants, maladies endocriniennes et métaboliques (diabète, obésité), pathologies cardiovasculaires, troubles du neurodéveloppement chez l’enfant. Autrement dit, des pathologies chroniques qui structurent aujourd’hui nos systèmes de santé , nos dépenses publiques, et la qualité de vie de millions de personnes. Et pourtant, ces expositions restent largement invisibles dans les politiques alimentaires, les stratégies d’achats, les formations professionnelles et les discours de prévention. Le chiffre qui change le regard : jusqu’à 3 000 milliards de dollars par an SYSTEMIQ franchit un cap supplémentaire en tentant de chiffrer les coûts évitables liés à ces expositions chimiques. Le résultat est saisissant :entre 1 400 et 2 200 milliards de dollars par an de coûts de santé estimés, auxquels s’ajoutent environ 600 milliards de dollars de dommages écologiques partiellement évalués.Soit jusqu’à 3 000 milliards de dollars par an à l’échelle mondiale. Le rapport insiste sur un point essentiel : ces chiffres sont prudents . Ils ne prennent pas en compte de nombreuses externalités, ni les effets combinés des substances, ni les impacts sociaux à long terme. Autrement dit, le coût réel est probablement supérieur. Ce n’est donc pas un chiffre pour alarmer. C’est un chiffre pour gouverner. La bonne nouvelle : les solutions existent déjà Contrairement à d’autres crises systémiques, le rapport montre qu’ici, nous ne sommes pas face à une impasse technologique . Une large part des coûts pourrait être évitée - jusqu’à 70 % selon les scénarios - grâce à : des substitutions déjà disponibles, des changements de pratiques, des exigences claires dans les achats, une meilleure transparence des chaînes d’approvisionnement, et une montée en compétence des professionnels. Le problème n’est pas l’absence de solutions.Le problème est l’absence de pilotage collectif . Pourquoi les établissements de santé sont en première ligne Les établissements de santé occupent une position particulière. Leur mission est de soigner, de prévenir, de ne pas nuire.Ils ne peuvent plus ignorer que l’alimentation et les matériaux qu’ils utilisent peuvent contribuer aux pathologies qu’ils prennent ensuite en charge . Restaurations hospitalières, achats de consommables, équipements de cuisine, emballages, produits d’entretien : tout cela relève de choix organisationnels, contractuels, techniques. Intégrer la réduction des substances préoccupantes dans les politiques d’achats n’est pas une option idéologique.C’est une cohérence sanitaire . Hôtellerie-restauration : sortir de la logique de la praticité à tout prix Dans la restauration, la pression du temps, des volumes et des coûts a favorisé des solutions pratiques mais souvent peu questionnées : jetables, plastiques, antiadhésifs, emballages multiples. Le rapport invite à changer de paradigme :moins de superflu, des matériaux adaptés aux usages (chaleur, gras), une meilleure formation des équipes, et une lecture plus fine des fiches techniques fournisseurs. Là encore, il ne s’agit pas de revenir en arrière , mais de professionnaliser autrement. Former autrement les professionnels de demain Les écoles de santé, d’hôtellerie et de restauration jouent un rôle clé.Former un cuisinier, un soignant ou un acheteur sans lui donner les bases sur les substances au contact des aliments, c’est le priver d’un levier de prévention essentiel . Comprendre les risques, savoir interroger un fournisseur, intégrer ces enjeux dans un cahier des charges : ce sont désormais des compétences professionnelles, au même titre que l’hygiène ou la sécurité. Les centrales d’achats : le levier le plus puissant S’il fallait retenir un message clé du rapport, c’est celui-ci : le pouvoir est concentré dans les décisions d’achats . Les centrales de référencement et d’achats peuvent, en quelques années, transformer des filières entières en : exigeant la transparence sur les substances, favorisant les fournisseurs engagés, organisant des trajectoires de substitution réalistes, et en faisant évoluer les standards du marché. Une centrale peut faire en un an ce qu’un établissement isolé met dix ans à obtenir. Conclusion : le pouvoir est dans le cadie Ce rapport nous oblige à sortir d’un débat moral ou anxiogène.La question n’est pas de savoir si « tout est toxique », mais où agir en priorité, avec méthode, intelligence et efficacité . La transition alimentaire ne se joue pas uniquement dans les lois ou les discours.Elle se joue dans les choix quotidiens, répétés, banals. Dans les cuisines.Dans les appels d’offres.Dans les référencements.Dans les formations. Le pouvoir est dans le cadie. Et , plus encore, dans le cahier des charges.

  • Les 1000 premiers jours : la politique de prévention la plus stratégique de notre temps

    On parle souvent de transition écologique, de responsabilité sociétale des entreprises, de prévention en santé. On en parle beaucoup. On agit peu.Et pourtant, un texte récent, passé relativement inaperçu hors des cercles institutionnels, pourrait bien être l’une des politiques publiques les plus structurantes pour l’avenir sanitaire, social et économique du pays . Le 8 décembre 2025, la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) et la Direction générale de la santé (DGS) ont publié une instruction relative à la déclinaison territoriale de la politique des 1000 premiers jours de l’enfant .Derrière ce titre administratif se cache une idée simple, presque dérangeante : tout commence avant même la naissance . Là où tout se joue, bien avant l’école… et bien avant l’hôpital Les 1000 premiers jours correspondent à la période qui va de la conception aux deux ans de l’enfant.C’est une fenêtre biologique, psychologique et sociale unique, durant laquelle se structurent : le développement cérébral, le système immunitaire, la santé métabolique, les capacités émotionnelles et relationnelles, et, plus largement, les trajectoires de santé tout au long de la vie. Ce que rappelle ce texte, c’est que les déterminants de santé ne sont pas seulement médicaux . Ils sont environnementaux, sociaux, culturels, familiaux.Air, alimentation, stress, écrans, conditions de logement, précarité, qualité du lien parental : tout compte. Et tout laisse une empreinte durable. Autrement dit : la prévention ne commence pas à 40 ans avec un dépistage, elle commence à la naissance et même avant . Une politique de santé environnementale enfin assumée Ce qui frappe à la lecture de l’instruction, c’est la place accordée , parfois implicitement, parfois explicitement , à la santé environnementale . L’un des trois axes prioritaires concerne par exemple la protection des enfants face aux écrans . Non pas par posture morale ou nostalgique, mais parce que les données scientifiques sont désormais solides : exposition précoce, technoférence parentale, impacts sur le développement cognitif et relationnel. Mais le texte va plus loin. Il intègre : la prévention des expositions environnementales, l’alimentation et l’allaitement, la santé mentale parentale, la réduction des inégalités sociales de santé, l’éveil à la nature, à la culture, au mouvement. On ne parle plus ici d’écologie abstraite, mais de facteurs concrets qui modèlent le vivant .La santé environnementale cesse d’être un sujet militant pour devenir un pilier de la santé publique . Les Maisons des 1000 premiers jours : des laboratoires de prévention Autre innovation majeure : le déploiement des Maisons des 1000 premiers jours .Ces lieux ne sont ni des structures médicales classiques, ni de simples espaces d’accueil. Ils se veulent à la fois : lieux ressources pour les parents, espaces de prévention et de soutien à la parentalité, plateformes de coordination entre professionnels, carrefours entre santé, social, culture et éducation. Le référentiel national qui accompagne l’instruction est clair : prévention, inclusion, accessibilité, co-parentalité, éveil culturel et évaluation d’impact sont au cœur du dispositif. Ces maisons incarnent une autre manière de faire de la politique publique : moins verticale, plus territoriale, plus transversale.Elles préfigurent ce que pourrait être une RSE territoriale appliquée à la santé . Une gouvernance territoriale… et un grand absent : l’entreprise Le texte insiste sur la mobilisation des ARS, des CAF, des collectivités, des PMI, des associations.Mais un acteur reste largement en dehors du champ : l’entreprise . Et pourtant, comment parler : de place des pères, de santé mentale parentale, d’articulation des temps de vie, de prévention à long terme, sans interroger le rôle du monde du travail ? La réalité est simple : la santé des 1000 premiers jours se joue aussi dans les politiques RH, managériales et sociales des organisations .Congé paternité, flexibilité, charge mentale, culture managériale : tout cela influence directement le bien-être des familles… et donc le développement des enfants. La RSE ne devrait pas commencer à l’embauche.Elle devrait commencer avant la naissance . Prévenir aujourd’hui pour ne pas réparer demain En filigrane, cette politique pose une question économique majeure : où investir intelligemment nos ressources collectives ? Les coûts liés aux maladies chroniques, aux troubles du neurodéveloppement, à la santé mentale ou aux inégalités sociales explosent.Continuer à concentrer l’effort sur le curatif, sans investir massivement dans la prévention précoce, revient à colmater des brèches sans jamais réparer la source. Les 1000 premiers jours proposent une autre trajectoire :moins visible politiquement, moins immédiate, mais infiniment plus durable . Et maintenant ? L’instruction fixe un calendrier clair pour 2026, des financements dédiés, des critères d’évaluation.Les outils sont là. Les cadres aussi. La vraie question n’est plus faut-il agir ? Mais qui osera pleinement s’emparer de cette politique , l’enrichir, la relier aux démarches RSE, à la santé environnementale, à l’éco-conception des parcours de santé ? Car une chose est sûre : tout ce que nous ne protégeons pas durant les 1000 premiers jours, nous le paierons pendant les 80 années suivantes . file:///Users/oliviertoma/Downloads/SFHA2529787J.pdf

  • CSRD : ce “recul” qui pourrait enfin remettre l’Europe en mouvement

    Depuis quelques jours, les médias s’emballent : l’Europe aurait « reculé », « cédé », « abandonné » 80 % des entreprises en les exemptant du reporting environnemental. Une défaite, vraiment ?Regardons les faits en face : ce prétendu recul est peut-être la meilleure nouvelle de l’année pour la transition européenne . Et surtout, pour la RSE telle qu’elle devrait être : utile, opérationnelle, stratégique. Le reporting était devenu un fardeau paralysant, pas un levier de transformation Sur le marché international, les obligations de reporting ont un coût massif : temps, compétences, infrastructures, audits, systèmes d’information…Pendant que nos entreprises européennes se noyaient dans les tableurs, leurs concurrentes extra-européennes avançaient. Résultat : une concurrence partiellement déloyale , où celles qui investissent dans l’action réelle se retrouvaient pénalisées par l’empilement bureaucratique. Et sur le terrain, le constat était accablant : « Le reporting nous prend tout notre temps et tous nos moyens : nous ne faisons plus de RSE opérationnelle. Nous ne faisons que de la RSE administrative. » Quand une obligation tue l’action, elle devient contre-productive . Alléger la CSRD, ce n’est donc pas renoncer :c’est libérer du temps, de l’énergie et des moyens pour la vraie transition , celle qui modifie les pratiques, les process, les achats, les comportements, les impacts. Surfons sur la vague du backlash pour nous élever.Et retrouvons enfin le sens : agir, pas cocher des cases. Alléger le reporting, c’est rétablir une concurrence saine Le cœur du sujet est là : la CSRD est une obligation de reporting , pas une obligation d’action.Son allègement replace l’Europe dans un jeu compétitif international réaliste. Car pour être attractives, innovantes et résilientes, les organisations ont besoin de : réduire la bureaucratie, retrouver de la marge d’initiative, concentrer leurs moyens sur la transformation réelle, investir dans l’éco-conception, l’économie circulaire, la sobriété hydrique, énergétique, matérielle. Ce « recul » n’en est pas un.C’est une respiration qui permet de revenir à la compétition mondiale avec une vision plus claire : la transition ne se jouera pas dans les formulaires, mais dans l’action. Le moteur principal n’est plus la contrainte réglementaire : c’est le marché Le vrai changement est là, massif, silencieux, irréversible : clients, talents, partenaires, financeurs ,tous attendent des engagements concrets. Et pas seulement dans le privé.Les administrations et collectivités, qui devraient être exemplaires, ont pris 20 ans de retard . Leur transformation n’est pas un luxe : elle est indispensable pour inspirer, entraîner, prouver qu’un service public responsable est possible. La dynamique devient donc volontaire .Et c’est une excellente nouvelle : la RSE choisie est toujours plus puissante que la RSE subie. Pourquoi ? Parce qu’elle renforce l’attractivité ,accroît la productivité ,réduit les risques ,et donne du sens aux collaborateurs, qui veulent désormais travailler pour des organisations réellement engagées. Le marché, enfin, devient un allié.Une opportunité, pas une contrainte. Place à la RSE opérationnelle : celle qui change vraiment le monde C’est maintenant que tout se joue.Nous pouvons sortir de la bureaucratie pour : agir pour le climat, améliorer les conditions humaines, préserver les ressources naturelles. Ce triptyque, la démarche THQSE l’intègre pleinement en plaçant la santé au cœur de toute stratégie.Une approche qui dépasse les cases du reporting et engage vraiment les organisations dans une transformation cohérente, mesurable, et surtout utile. Parce que la transition n’est pas un dogme.C’est un mouvement collectif , une capacité à réinventer ses pratiques, à créer de la valeur, à innover autrement. Et si c’était le moment d’adopter la voie du Kyosei ? Le Kyosei - « vivre et travailler ensemble au service du bien commun » - offre une boussole dans cette période d’incertitude. Il dit en substance : less reporting, more doing ; moins de conformité, plus de sens ; moins de cases à cocher, plus de vision partagée. Si l’Europe veut redevenir une force mondiale de transformation, elle doit s’appuyer sur ce principe : remettre l’humain, la santé et le bien commun au centre de l’économie. Conclusion : un recul ? Non. Une remise sur les rails. Le débat actuel sur la CSRD oppose « pour » et « contre ».C’est un faux débat.Ce qui compte, c’est de savoir ce que nous allons faire de ce répit. En allégeant la charge administrative, l’Europe a ouvert un espace d’action.À nous de le remplir intelligemment : en accélérant la RSE opérationnelle, en choisissant des méthodes différenciantes comme la démarche THQSE®,reconnue maintenant au niveau Européen en entrant dans le mouvement du Kyosei, en montrant qu’une transition inspirante, pragmatique, et efficace est possible. Le reporting n’est pas la transition.La transition, c’est ce que nous faisons.Et le moment d’agir, vraiment, c’est maintenant.

  • « 2050 commence aujourd’hui : pour une nouvelle politique de santé à la hauteur du vieillissement de la France »

    Il y a des chiffres qui ne préviennent pas, mais qui devraient faire trembler nos certitudes.En 2020, la France comptait environ 2,2 millions de citoyens de 85 ans et plus .En 2050, ils seront ( nous serons) près de 5 millions .Ce doublement n’a rien d’un scénario pessimiste : c’est la trajectoire centrale des projections démographiques. C’est donc certain . Et pourtant, la France continue de préparer son système de santé comme si l’échéance n’existait pas. Nous ne parlons pas ici d’un sujet sectoriel réservé aux gériatres ou aux ministères. Nous parlons d’un basculement structurel, social, économique et sanitaire dont l’intensité dépasse celle du vieillissement d’après-guerre.Ce qui s’annonce, c’est la plus grande transition sanitaire de l’histoire contemporaine du pays . Une France qui avance en âge plus vite que son système de santé La génération des baby-boomers franchit progressivement le seuil de la fragilité. Vagues de chaleur, pollutions, isolement, maladies neurodégénératives, perte d’autonomie : tout converge.Et pourtant, nous continuons à gérer l’âge avancé comme une succession d’actes et de dispositifs, non comme un parcours de vie . Nous avons un système hospitalier saturé, un médico-social sous-doté, une médecine de ville affaiblie, et surtout un impensé majeur : la fragilité est devenue un enjeu de santé publique , pas un simple accident statistique.La question n’est plus : comment mieux accueillir la dépendance ? La question est : comment éviter qu’elle ne survienne trop tôt, trop fort, trop violemment ? Le modèle actuel ne tiendra pas face à 5 millions de 85+ Si nous ne transformons pas notre modèle, nous multiplierons mécaniquement : les hospitalisations évitables, les passages aux urgences, les pertes d’autonomie brutales, les coûts pour la Sécurité sociale et les départements, l’épuisement des soignants et des aidants. Si nous ne voulons pas que la politique de santé de 2050 soit fondée sur une forme d’abandon thérapeutique -non pas par choix idéologique, mais par simple incapacité structurelle à faire face - alors il faut agir maintenant, avec lucidité et ambition. Ce n’est pas un futur hypothétique : c’est la prolongation logique de l’inertie actuelle.La bonne nouvelle, c’est que ce futur n’est pas inéluctable. Construire une nouvelle politique de santé : la France de la longévité Nous devons changer de paradigme.La santé ne peut plus se penser « en aval », une fois la fragilité installée.Elle doit devenir anticipation, environnement, prévention, autonomie . Axe 1 — Faire de la prévention une politique nationale structurante, pas un slogan La France consacre moins de 3 % de son budget de santé à la prévention.À l’heure où l’on vit 20 ans de plus qu’en 1950, c’est une erreur stratégique majeure. Nous devons massifier : la prévention nutritionnelle, l’activité physique adaptée, la lutte contre la sédentarité, la prévention des chutes, la qualité de l’air intérieur et extérieur, la réduction de l’exposition aux perturbateurs endocriniens et micropolluants, les programmes de stimulation cognitive et sensorielle. Prévenir la fragilité n’est pas un supplément d’âme.C’est la seule façon de contenir les coûts, d’honorer la dignité, et de rendre la santé soutenable . Axe 2 — Repenser l’habitat comme premier lieu de santé La majorité des Français de 85+ voudront rester chez eux.Or, leur logement n’est souvent ni adapté, ni sobre, ni sain. La politique de santé doit intégrer une politique du logement. adaptation massive des logements, lutte contre les îlots de chaleur urbains, rénovation thermique ciblée sur les seniors, déploiement de formes nouvelles d’habitat : résidences autonomie, béguinages, coliving seniors, maisons partagées. Le prochain quinquennat devra créer un Plan national Habitat & Longévité , articulant santé, architecture, mobilité et lien social. Axe 3 — Reconstruire les métiers du soin comme des métiers d’avenir Le grand âge n’est pas un problème démographique : c’est un problème de ressources humaines . Nous manquerons d’aides à domicile, d’infirmiers, d’aides-soignants, de gériatres, de psychologues.Les conditions de travail actuelles sont intenables. Il est temps : de revaloriser réellement ces métiers, de réduire les tâches inutiles, d’équiper les équipes en outils de coordination efficaces, et de créer de nouveaux rôles : médiateur santé-environnement, coach de fragilité, facilitateur art & santé, coordinateur de parcours. Un pays qui va abriter 5 millions de personnes très âgées doit considérer ces métiers comme noyau stratégique de sa souveraineté sanitaire . Axe 4 — Faire entrer la santé environnementale au cœur des politiques publiques Le vieillissement est indissociable de son environnement.Pollution de l’air, chaleur, bruit, eau, habitat, alimentation, plastiques, perturbateurs endocriniens : tout impacte l’âge avancé beaucoup plus durement que la moyenne de la population. La France doit assumer un nouveau pilier : la santé environnementale comme socle de politique de longévité . Cela implique : de généraliser la transition écologique du système de santé, d’accélérer l’éco-conception des soins et des parcours, de réduire les émissions de particules fines liées aux achats, de revoir les normes de qualité de l’air intérieur dans les établissements, d’interdire les matériaux et produits dangereux pour les plus fragiles. Axe 5 — Art, culture, nature : les nouveaux déterminants de santé Vieillir n’est pas seulement une affaire de biologie.C’est une affaire de sens, de lien, de joie possible. L’art, la culture, la nature, les jardins thérapeutiques, les ateliers sensoriels, les pratiques corporelles comme le tai chi ou le qi gong, ont des effets cliniquement mesurés sur : le stress, la douleur, la cognition, la dépression, la qualité de vie, l’autonomie. La France a l’opportunité de devenir le premier pays qui intègre pleinement les arts et la culture dans sa politique de santé publique , en particulier pour les personnes très âgées.C’est l’esprit du Kyosei : vivre ensemble, en visant le bien commun. 4. Choisir la société que nous voulons Nous avons un choix collectif à faire.Dans 25 ans, la France sera un pays où vivent 5 millions de personnes de 85 ans et plus .Nous pouvons : soit subir ce basculement, soit le transformer en moteur de progrès social, environnemental et sanitaire , en assumant que la longévité est une chance pour repenser nos manières de vivre, de prendre soin, d’habiter et de créer du lien. Il est encore temps. Mais le temps n’est plus à l’ajustement à la marge.Il est à la réinvention . Les échéances électorales à venir ne peuvent pas contourner cette question.Elles doivent y répondre, clairement, courageusement.L’histoire jugera notre capacité à anticiper et à protéger, non notre habileté à gérer l’urgence. 2050 commence aujourd’hui. À nous de décider ce que cela signifie.

  • RSE, motivation et attractivité – ce que révèle la nouvelle étude arXiv

    Une étude scientifique publiée en mai 2025 sur arXiv (réf. 2505.08201 ) apporte un éclairage décisif sur un sujet souvent discuté mais rarement mesuré : comment la responsabilité sociale et environnementale influence réellement la motivation des collaborateurs et l’attractivité des entreprises. L'étude - une méta-analyse robuste menée par des chercheurs en psychologie sociale, management et sciences des organisations - dissèque plus de 20 000 données issues d’expérimentations, d’enquêtes et d’analyses comportementales.Son message est clair, presque dérangeant pour celles et ceux qui minimisent encore la RSE : les comportements véritablement pro-sociaux et pro-environnementaux des entreprises augmentent significativement l’engagement, l’effort, la satisfaction et la fidélité des salariés. Et surtout : les salariés sentent immédiatement la différence entre “storytelling RSE” et engagement authentique. Quand la psychologie comportementale rencontre la RSE L’étude part d’un constat :le comportement humain est profondément influencé par la perception du sens collectif et de l’utilité sociale. En combinant psychologie expérimentale et données de terrain, les chercheurs démontrent que : les collaborateurs sont plus motivés lorsqu’ils perçoivent que leur entreprise contribue réellement à un objectif sociétal ; l’engagement augmente lorsque les actions RSE sont incarnées et cohérentes , et non quand elles sont simplement annoncées ; la motivation est dopée par les perceptions d’ équité , d’ impact et de responsabilité sincère . Autrement dit : les individus s’engagent davantage dans une organisation qui s’engage elle-même envers la société. Ce point est fondamental : la RSE n’agit pas sur les équipes par pression morale ou injonction éthique, mais par activation du sens , identification et fierté d’appartenance . Une démonstration chiffrée : la RSE authentique augmente la motivation de 20 à 30 % L’étude met en évidence : +27 % de motivation intrinsèque lorsque les salariés estiment que leur entreprise agit “pour de vrai” ; +22 % de performance perçue ; +18 % de persévérance sur les tâches complexes ; –32 % d’intention de départ dans les organisations jugées responsables. Ces chiffres démontrent ce que beaucoup pressentaient intuitivement : Le sentiment d’utilité collective nourrit directement le moteur psychologique de l’humain. À l’inverse, les entreprises engagées dans du greenwashing , du CSR washing ou du purpose washing subissent une chute de motivation nettement mesurable :défiance, cynisme, désengagement silencieux, “quiet quitting”. Attractivité : pourquoi les entreprises réellement engagées gagnent la guerre des talents Le rapport arXiv 2505.08201 montre que la RSE cohérente : attire davantage de candidats qualifiés, augmente la volonté des jeunes diplômés d’accepter une offre, réduit la sensibilité au seul critère salarial, améliore la perception de justice organisationnelle, renforce l’attachement émotionnel à la marque employeur. Les chercheurs parlent même d’un “effet d’identité collective” :les candidats cherchent à rejoindre une organisation dont les actions résonnent avec leurs valeurs et avec une vision de société plus durable. En clair : L’engagement RSE authentique est devenu un critère déterminant d’attractivité, devant la rémunération ou la localisation. La génération actuelle – mais aussi une part croissante des salariés plus expérimentés – veut travailler pour des entreprises qui réparent , protègent , préservent . RSE affichée vs RSE incarnée : la fissure qui change tout L’étude insiste sur un point central : Ce n’est pas la communication qui motive.C’est la cohérence. Les chercheurs montrent que : si les salariés détectent une incohérence entre discours et actions, la motivation chute en dessous du niveau initial, et la relation de confiance est durablement abîmée. Les humains sont équipés d’un radar très performant :ils reconnaissent immédiatement la sincérité d’un engagement. En revanche, lorsqu’une organisation agit réellement – réduction des impacts, actions sociales tangibles, transparence, cohérence managériale – les effets sur la motivation et la performance sont immédiats et durables . Implications pour les dirigeants et DRH : la RSE comme levier de performance humaine L’étude conclut que la RSE n’est pas seulement un enjeu d’image ou de conformité réglementaire. C’est : un levier de motivation , un moteur de cohésion , un outil d’ attractivité , un accélérateur d’ innovation , un socle de fidélisation . Les chercheurs évoquent même la RSE comme une forme moderne de management du sens . Sans sens, les organisations s’essoufflent.Avec sens, elles s’élèvent. **Conclusion : la RSE n’est pas un supplément d’âme. C’est le carburant de l’engagement.** L’étude arXiv 2505.08201 le confirme scientifiquement :les collaborateurs veulent travailler pour des organisations qui contribuent réellement à quelque chose de plus grand qu’elles. Ce n’est pas un luxe, ce n’est pas une mode : c’est une condition de performance durable. Les entreprises qui l’ont compris attirent, engagent et fidélisent.Les autres finiront par se demander pourquoi leurs talents s’en vont, silencieusement, un à un.

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