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  • Climat, santé publique et économie : l’OCDE rappelle une vérité que la politique peine encore à regarder en face

    Il y a parfois des rapports qui ne demandent ni commentaires, ni interprétations : simplement qu’on les lise, qu’on les comprenne, et qu’on en tire des décisions.Le Panorama de la santé 2025 publié par l’OCDE fait partie de ceux-là. L'organisation – qui réunit 38 pays et produit depuis des décennies les analyses les plus solides sur l'économie, la santé publique et les politiques sociales – envoie un message sans ambiguïté : la crise climatique est désormais l’un des déterminants majeurs de la santé humaine, mais aussi un risque économique systémique . Et pourtant, elle continue d’être abordée comme un sujet partisan, un champ de bataille idéologique, un axe programmatique réservé aux partis écologistes.C’est précisément ce que l’OCDE démonte , chiffres à l’appui. https://www.oecd.org/fr/publications/panorama-de-la-sante-2025_2f564c6c-fr/full-report/environment-and-health_9e5f6c4c.html L’OCDE rappelle un principe simple : la crise climatique est une crise sanitaire Le rapport insiste notamment sur : l’augmentation des maladies cardiovasculaires et respiratoires liées à la dégradation de l’air ; la montée des pathologies liées aux vagues de chaleur (déshydratation, insuffisances rénales, complications chroniques) ; la progression de maladies vectorielles dans des zones où elles étaient historiquement absentes ; la saturation progressive des systèmes de santé lors d’épisodes climatiques extrêmes. Autrement dit : ce que nous appelons “climat” se traduit, en médecine, par des admissions, des maladies, des décès, du handicap et des coûts . Ce n’est plus une projection ; c’est une observation clinique. Le changement climatique coûte déjà très cher et ce n’est qu’un début La crise climatique n’est pas seulement un sujet “environnemental” : c’est une menace directe sur l’assurabilité, la stabilité financière des territoires, et la capacité des ménages et des entreprises à absorber les chocs. Comme le montre de nombreuses études :les primes d’assurance explosent en France, sous l’effet de la multiplication des catastrophes climatiques, au point que certains territoires deviennent difficilement assurables . Quand l’assurance vacille, c’est toute l’économie qui vacille : baisse de la valeur immobilière, baisse des investissements, renchérissement du coût du capital, fragilisation des entreprises, exposition accrue des ménages aux chocs futurs. Le climat n’est plus un horizon lointain , c’est une ligne budgétaire , un risque systémique , et un révélateur de vulnérabilités que ni les États ni les marchés n’avaient anticipés à une telle vitesse. Agir pour le climat : ni militantisme, ni utopie , mais politique de santé et de stabilité Une erreur culturelle majeure persiste : la transition écologique est encore perçue, dans le débat public, comme une posture idéologique . Une partie du monde politique , y compris certains partis écologistes , a parfois contribué à installer l’idée que “agir pour le climat” relevait d’un engagement militant, presque identitaire, créant un clivage inutile :d’un côté les convaincus, de l’autre les sceptiques. Or, les données de l’OCDE montrent l’inverse : agir pour le climat, c’est maintenir des populations en bonne santé, préserver les infrastructures, protéger l’économie et sécuriser l’avenir des territoires. Ce n’est ni un acte moral, ni un acte partisan.C’est un choix rationnel de santé publique et de durabilité économique . Pourquoi chaque parti politique devrait intégrer ces conclusions , sans exception L’OCDE ne parle pas aux écologistes.Elle parle aux ministres des finances, aux directeurs d’hôpitaux, aux économistes, aux assureurs, aux parlementaires, aux maires, aux citoyens. Quand un rapport de cette ampleur affirme : que le climat dégrade déjà les systèmes de santé, qu’il augmente le coût des vies humaines et des pathologies chroniques, qu’il affaiblit l’assurabilité, qu’il risque d’entraîner une instabilité économique durable, il ne s’agit plus de convictions politiques.Il s’agit de gouvernance responsable , de protection des générations futures , et de survie économique . La transition écologique devrait donc être : un axe sanitaire (réduction des pathologies évitables), un axe économique (préservation du capital, réduction des risques), un axe social (équité, résilience), un axe industriel (innovation, compétitivité). Et non un marqueur partisan. La voie à suivre : santé, climat et économie comme un seul et même sujet Il est temps de dire les choses clairement : la politique climatique est la nouvelle politique de santé publique ,et la politique de santé publique est l’un des meilleurs investissements économiques disponibles . Agir pour le climat, c’est : moins de maladies, moins d’hospitalisations, des territoires plus sûrs, une économie plus stable, une meilleure soutenabilité budgétaire, une attractivité renforcée. Le dérèglement climatique est un “stress test” géant.La transition écologique est la stratégie d’adaptation la plus intelligente dont nous disposons. Conclusion : Agir pour le climat n’est pas un acte militant. C’est un acte de santé et de pérennité. Le message de l’OCDE devrait être compris comme tel : ne pas agir coûtera toujours plus cher , en vies humaines, en santé publique, en infrastructures, en stabilité économique. Agir, au contraire : protège, prévient, valorise, stabilise, et garantit l’avenir de l’économie comme celui des générations futures. La véritable question politique n’est donc plus : “Faut-il agir ?” mais “Comment agir ensemble, maintenant, pour protéger notre santé et notre économie ?” C’est cela, la voie responsable.Et cela n’appartient à aucun parti : cela concerne la société entière.

  • **Lobbying éthique – Épisode 2

    Quand onze géants réécrivent l’Europe en coulisses** Le 3 décembre 2025, une enquête du centre de recherche néerlandais SOMO a mis en lumière ce que beaucoup soupçonnaient, mais que personne n’avait pu documenter jusqu’ici : une alliance discrète, puissante, transnationale , opérant dans l’ombre des institutions européennes pour affaiblir la législation phare du devoir de vigilance, la CS3D . Ce qui frappe dans l’affaire n’est pas seulement la nature du lobbying exercé, mais son ampleur, sa coordination, et surtout son opacité.Un cas d’école.Un cas qui, paradoxalement, justifie encore davantage l’existence du lobbying éthique — le lobbying dédié au bien commun. Une “roundtable” méconnue, mais extrêmement influente SOMO révèle l’existence du “Competitiveness Roundtable” , un groupe de onze entreprises réunies autour d’un objectif précis : affaiblir plusieurs législations européennes liées à la durabilité , dont la directive CS3D qui impose aux grandes entreprises d’identifier, prévenir et réparer les atteintes aux droits humains, aux écosystèmes et au climat dans leurs chaînes de valeur. Parmi les participants identifiés : ExxonMobil Chevron TotalEnergies Koch Industries Honeywell Baker Hughes Dow Chemicals Trafigura/Nyrstar Enterprise Mobility JPMorgan Chase Et la société de conseil Teneo , coordinatrice du groupe La majorité de ces entreprises appartiennent au secteur fossile ou à la chimie, secteurs directement concernés par les obligations de transition climatique prévues par la CS3D.Leur intérêt commun est donc clair : limiter, retarder, ou a minima diluer les contraintes qui pèsent sur leurs activités . Selon SOMO, cette alliance a activement travaillé pour : supprimer les obligations de plan de transition climatique , réduire la portée des chaînes d’approvisionnement couvertes par la directive, affaiblir le volet responsabilité civile , et s’assurer que la future version “simplifiée” de la CS3D reste largement symbolique. Une stratégie d’influence à plusieurs étages, des capitales européennes à Washington L’enquête décrit des méthodes d’une précision quasi militaire. Créer une minorité de blocage au Conseil de l’UE TotalEnergies aurait été chargée de renforcer les liens avec la France, la Belgique et le Danemark. ExxonMobil aurait pris la main sur l’Allemagne, la Hongrie, la Tchéquie et la Roumanie. Affaiblir l’influence des directions jugées “trop exigeantes” à la Commission Notamment les directions générales Just et Fisma , qui portent fortement la régulation durable. Obtenir une recomposition politique au Parlement Objectif : pousser le PPE à rompre avec les groupes centristes pour faire basculer les majorités. Mobiliser la pression extérieuredepuis les États-Unis ExxonMobil et Chevron auraient œuvré pour faire de la CS3D un sujet majeur dans les discussions commerciales UE–USA, soutenant parallèlement les prises de position de la Chambre de Commerce américaine en faveur d’une exemption des entreprises non-européennes. Financer des think tanks pour orienter le débat public SOMO cite notamment le financement du Teha Group , chargé de produire un rapport critiquant l’évaluation des coûts de la CS3D par la Commission. L’ensemble constitue un mécanisme puissant, coordonné, assumé , mais totalement invisible du grand public . Une transparence défaillante, un problème démocratique majeur SOMO souligne que plusieurs réunions de lobbying n’apparaissent pas dans le registre de transparence européen, ou n’indiquent que la présence de Teneo, masquant les autres acteurs impliqués. Les faits ne sont pas illégaux.Mais ils soulèvent une question simple et essentielle : comment garantir une décision publique éclairée lorsque les influences les plus fortes restent invisibles ? C’est précisément ce vide démocratique que le lobbying éthique cherche à combler. Pourquoi cet épisode confirme l’urgence d’un lobbying éthique Ce cas emblématique dit beaucoup de choses : que la transition écologique se joue autant dans les textes que dans les coulisses, que les intérêts privés les mieux dotés disposent d’outils puissants pour peser sur les décisions collectives, que les citoyens et les organisations œuvrant pour la santé, l’environnement et les droits humains n’ont aujourd’hui ni les moyens , ni les relais, ni les capacités de contrebalancer ces stratégies structurées. Il ne suffit donc pas d’espérer que la transparence s’améliore d’elle-même.Il faut créer un contre-pouvoir éclairé , professionnel, méthodique, maîtrisant les codes du plaidoyer européen et capable de porter l’intérêt général avec la même rigueur que les entreprises défendent leurs intérêts particuliers. C’est précisément ce que nous appelons : le lobbying éthique . Notre conviction : un plaidoyer professionnel au service du bien commun est désormais vital L’association Agir pour la Santé des Générations Futures , appuyée par les expertises techniques de Primum Non Nocere , porte cette vision :développer un lobbying structuré, documenté, scientifiquement fondé, transparent, capable de défendre : la santé humaine, la protection des enfants, la qualité de l’air et de l’eau, la réduction de l’exposition aux substances toxiques, et la transition environnementale des secteurs économiques. Sans contre-pouvoir, les modèles anciens gagneront toujours .Avec un lobbying éthique, transparent, exigeant, professionnel, la démocratie se renforce , l’Europe respire, et les générations futures peuvent espérer un avenir plus sain. Ce second épisode en est la démonstration :lorsque des acteurs puissants réécrivent l’Europe en coulisses, l’intérêt général doit, lui aussi, apprendre à peser .

  • JUSTIN, ou comment un café et un soda dévoilent l’immense gâchis invisible de la restauration

    On croit encore qu’une révolution écologique doit forcément ressembler à un chantier titanesque : remplacer des flottes de camions, inventer des procédés industriels, rénover des réseaux d’eau. Parfois, pourtant, la transformation se cache dans des gestes minuscules.Prenez un café. Ou un soda. Rien de plus banal. Et pourtant, derrière ces boissons anodines se cache un rituel coûteux, énergivore, souvent inutile, et presque toujours automatique. Aujourd’hui, il est urgent d’observer ce qui nous échappe : l’impact colossal de tout ce qui entoure la boisson , mais qui n’est jamais demandé. Café ou soda, même combat : nous avons transformé un simple service en une petite cérémonie de sur-emballage et de surconsommation. Le café : la soucoupe la plus carbonée de France Scène de vie : vous commandez un café.On vous sert donc… un café. Mais pas seulement. Arrivent, en renfort : une touillette (bois, bambou, ou lointain souvenir de plastique), un stick de sucre emballé individuellement, un petit biscuit sous plastique, parfois même deux sucres « au cas où », le tout posé sur une soucoupe qu’il faudra laver à 60°C. Personne n’a rien demandé, mais tout le monde reçoit le kit complet. Pourtant, 90 % des clients ne sucrent pas leur café .Mais 100 % reçoivent le sachet. L’empreinte invisible Un espresso « nu » pèse environ 30 g de CO₂e .Le trio « sucre + touillette + biscuit », lui, approche 75 g de CO₂e . Servir un café garni triple quasiment son impact carbone. À l’échelle du pays, c’est vertigineux :environ 17 milliards de cafés servis hors domicile par an , dont près de la moitié accompagnés du kit complet.Résultat : près de 500 000 tonnes de CO₂e annuelles rien que pour les à-côtés du café. Le biscuit, à lui seul, est un champion méconnu : 10 g de friandise, 70 g de CO₂e - soit deux à trois fois l’empreinte du café qu’il accompagne . Mais l’absurdité ne s’arrête pas là.Les touillettes alignées bout à bout équivaudraient à près de trente fois le tour de la Terre . Pour… touiller un café que l’immense majorité boit noir. Le soda : quand le service automatique devient un sport de glisse Passons à son cousin : le soda. Vous commandez une boisson fraîche.On vous apporte : un verre, des glaçons (même en plein mois de décembre), une paille en carton ou en bambou, une rondelle de citron, et la bouteille ou la canette. Ici encore, personne n’a rien demandé.Et pourtant, on reproduit un protocole devenu plus culturel que fonctionnel. Portrait carbone d’un soda « enrichi » Un verre lavé, c’est 20 à 25 g de CO₂e .Une paille en carton, 2 g .Quelques glaçons, 2 g .Une rondelle de citron, 5 g . Total : ≈ 30 à 35 g de CO₂e , sans compter la boisson elle-même. À l’unité, c’est négligeable.À l’échelle nationale — environ 4 milliards de sodas servis hors domicile , cela représente près de 120 000 tonnes de CO₂e par an . Pour des pailles que personne ne voulait, des glaçons que personne n’avait demandés et des citrons dont 70 % finiront au fond du verre… puis à la poubelle. Le vrai problème : le pilotage automatique Ni le sucre du café, ni la paille du soda ne sont des ennemis écologiques majeurs.Le souci est ailleurs : notre incapacité collective à questionner l’automatisme . On sert sucre, biscuit, paille, verre, citron, glaçons… parce qu’on l’a toujours fait.Parce que le service doit avoir l’air « généreux ».Parce que personne n’a pris le temps de dire : « Avons-nous vraiment besoin de tout cela ? » La restauration a été bâtie sur la générosité.Aujourd’hui, elle doit intégrer la justesse . JUSTIN : Juste un café. Juste un soda. Face à cette absurdité tranquille, une solution simple émerge : JUSTIN . JUSTIN, c’est le rappel qu’un café peut être… juste un café.Un soda peut être… juste un soda. Le principe est limpide : On ne sert que ce qui est demandé. Rien de plus. Le sucre est disponible, mais sur demande. Le biscuit aussi. La touillette également. Pour le soda : verre, citron, glaçons, paille, idem. Le client qui veut… demande.Le client qui ne veut pas… n’est plus submergé d’objets inutiles. Aucun sacrifice, aucune punition écologique, aucune expérience dégradée.Juste de la sobriété, de la cohérence, et du bon sens. Restaurateurs, hôteliers, lycées : vous êtes les acteurs clés Il ne s’agit pas d’appauvrir l’expérience client.Il s’agit d’ arrêter de la polluer par inadvertance . Les professionnels de la restauration sont des passeurs culturels.Ils façonnent nos habitudes plus que n’importe quel ministère.Ce sont eux qui peuvent faire entrer dans la norme des gestes simples comme : « Voulez-vous du sucre avec votre café ? » « Souhaitez-vous un verre ? Une paille ? Des glaçons ? » Ce sont eux qui peuvent former les prochaines générations - les lycées hôteliers - à une nouvelle esthétique du service : la sobriété choisie . JUSTIN n’est pas un gadget, c’est une pédagogie nationale .Un million de petites décisions qui, mises bout à bout, allègent la planète et renforcent la conscience professionnelle de toute une filière. Et si la transition écologique commençait enfin… par la table ? Un café.Un soda.Deux boissons du quotidien, deux révélateurs d’un siècle d’habitudes accumulées. À l’heure où chaque tonne de CO₂ compte, le changement ne viendra pas seulement de grandes réformes , mais de mille microdécisions.Les cafés, hôtels, restaurants - et ceux qui les forment - ont la capacité unique de transformer ces microdécisions en véritables rites de sobriété. JUSTIN, c’est peut-être ça : le début d’une révolution discrète, élégante et profondément efficace.

  • Le lobbying éthique : quand le Kyosei bouscule les intérêts particuliers

    En France, le mot lobbying garde un parfum sulfureux : petits arrangements entre puissants, influences occultes, stratégies discrètes pour faire avancer des intérêts particuliers. Bref, un sport de compétition où le mieux placé l’emporte - rarement le citoyen. Mais il existe une autre voie, profondément plus exigeante : le lobbying éthique , celui qui œuvre non pas pour avoir raison , mais pour le bien commun . C’est l’application concrète, presque militante, du principe japonais du Kyosei : vivre et agir ensemble pour servir l’intérêt général. Même si cela dérange des modèles économiques bien installés. Surtout si cela dérange. Une idée simple… en théorie. Une bataille herculéenne, en pratique. S’engager pour la santé publique et l’environnement paraît, sur le papier, une démarche d’une limpidité absolue. On imagine presque un fleuve tranquille.Dans la vraie vie, c’est plutôt du rafting de nuit, sans lampe, et au milieu des rochers. Pourquoi ? Parce que défendre l’intérêt général ne rapporte rien à personne , ou si peu. Quel modèle économique finance les actions qui protègent la santé des enfants, la biodiversité ou la qualité de l’air ? Aucun. Ou alors seulement grâce à quelques acteurs opiniâtres, engagés, qui refusent de baisser les bras. Car pour porter un plaidoyer crédible, il faut des compétences multiples : techniques, juridiques, scientifiques, chimiques, journalistiques, logistiques, communicantes. Une armée spécialisée que peu d’associations peuvent rassembler. C’est pourtant le pari que nous avons fait. 1998 : quand tout commence avec un biberon… et des phtalates En 1998, nous avons ouvert un premier front : celui des cosmétiques pour nouveau-nés et des phtalates dans les dispositifs destinés aux bébés hospitalisés .Nous avons alerté, informé, formé, rencontré, débattu. Le grand public a compris, les professionnels de santé aussi. On aurait pu penser qu’un quart de siècle plus tard, ces enjeux seraient clos. Et pourtant… 2025 : 25 ans plus tard, rien n’a bougé. Ou si peu que c’en est gênant. Obtenir aujourd’hui la composition exhaustive d’un jouet, d’un produit de soin, d’un matériel de construction, d’un feutre utilisé à l’école, d’un emballage alimentaire ? Toujours très difficile . La réponse des fournisseurs est souvent : « Désolé, propriété intellectuelle ». Traduction : “Nous préférons protéger la formule plutôt que la santé.” Pendant ce temps, chacun - enfants, adolescents, adultes - continue d’être quotidiennement exposé à des perturbateurs endocriniens , voire parfois à des substances CMR : cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques.Et le consommateur ? Il achète, faute de savoir. Faute de pouvoir choisir. C’est précisément là que le lobbying éthique prend tout son sens. Le pouvoir est dans le caddie Le consommateur n’est pas un spectateur. C’est un acteur. Un acteur puissant. N’achetez jamais un produit dont la composition n’est pas explicite. Cela paraît trivial. Ce n’est pourtant rien de moins qu’un geste de santé publique. Chaque achat envoie un signal et dans un monde où les marques surveillent les courbes de vente comme un électrocardiogramme, ce signal est parfois plus puissant que n’importe quelle réforme. Former, sensibiliser, mobiliser le citoyen, c’est déjà une forme de lobbying éthique. Pourquoi nous nous engageons Notre association Agir pour la santé des générations futures porte depuis plus de 25 ans cette idée simple : défendre la santé publique est un devoir, pas un business. Pour cela, elle s’appuie sur les expertises techniques et scientifiques de Primum Non Nocere , depuis longtemps engagée sur les sujets de santé environnementale. Notre objectif : bâtir un lobbying éthique structuré, professionnel, rigoureux, indépendant, capable de peser dans le débat public, non pour un intérêt particulier mais pour celui du pays. L’ambition est claire : rendre visibles les risques pousser à la transparence encourager les alternatives donner du pouvoir d’agir au citoyen et construire un environnement plus responsable, plus sain, plus juste. Engagez-vous : personne ne le fera à votre place Nous invitons chacun à : se former comprendre les enjeux de la santé environnementale questionner les fabricants refuser les produits opaques soutenir les démarches visant le bien commun Le lobbying éthique ne se décrète pas. Il se construit. Pas à pas. Par une multitude de gestes citoyens, par des choix d’achat éclairés, par une exigence collective. Nous continuerons à porter cette voix.Parce qu’il en va de la santé des enfants, de la nôtre, et de celle des générations futures.

  • Air pollution : quand la santé paie la facture, et comment le secteur de la santé peut devenir la solution

    Chaque année, la pollution de l’air reste l’un des premiers facteurs environnementaux de mortalité en Europe. Le nouveau rapport 2025 de l’Agence Européenne de l’Environnement (EEA) confirme que les particules fines (PM2.5), l’ozone (O₃) et le dioxyde d’azote (NO₂) provoquent des dizaines de milliers de décès prématurés, aggravent les maladies chroniques, impactent les capacités cognitives des enfants et fragilisent les populations les plus vulnérables. La pollution atmosphérique n’est donc pas seulement un enjeu écologique : c’est un problème de santé publique majeur , une bombe économique, et paradoxalement… un champ d’action immense pour les établissements de santé eux-mêmes. D’où viennent les particules fines ? Comprendre pour agir Les PM2.5 proviennent principalement de : la combustion des carburants (transport routier, chauffage au fioul, chaudières anciennes) l’industrie (procédés thermiques, production de matériaux, incinération) l’agriculture (ammoniac qui se combine pour former des particules secondaires) la logistique et le fret certaines émissions hospitalières indirectes liées aux déplacements de patients, de visiteurs, de personnels, ainsi qu’aux chaînes d’approvisionnement. Autrement dit : la moitié de notre exposition vient de processus que nous pouvons modifier, réduire ou transformer . Un impact sanitaire massif, documenté et concret Selon l’EEA 2025, la pollution atmosphérique est liée à : une augmentation de la mortalité cardiovasculaire et respiratoire , des complications chez les enfants (asthme, infections respiratoires), une aggravation des pathologies chroniques, un impact documenté sur la fertilité et le développement du fœtus, une hausse des hospitalisations, coûtant chaque année des milliards aux systèmes de santé . En France, le coût sanitaire et économique de la pollution de l’air est pèse plusieurs dizaine de milliards d’euros par an (soins, arrêts maladie, perte de productivité).Dans les établissements de santé eux-mêmes, la qualité de l’air intérieur est souvent 2 à 5 fois plus polluée que l’air extérieur , rappelait déjà l’ANSES et les données compilées dans votre Carnet des Tendances . Ce n’est donc pas seulement un enjeu climatique : c’est un enjeu budgétaire national et un levier de soutenabilité pour notre système de santé. Pourquoi le secteur de la santé a un rôle décisif à jouer La santé « subit » la pollution, mais elle en est aussi - indirectement - un acteur via ses achats et sa logistique .Or les données du " carnet des tendances" montrent que : 65 % des établissements ont déjà intégré des critères d’achats durables , mais seulement 6 % de manière systématique . Le transport associé aux soins représente souvent la première source d’impact carbone (jusqu’à 95 % pour certains parcours de soins, comme l’a montré l’étude du CHU de Nîmes) . Le secteur génère des milliers de tonnes de déchets, dont une partie liée au tout-jetable et à des emballages inutiles, eux-mêmes émetteurs de particules fines à la production et à l’incinération. À l’inverse, lorsqu’un hôpital oriente ses achats vers : des produits réutilisables (ex : stérilisation réintroduite au CHU de Toulouse) des flux logistiques mutualisés des matériaux à faible impact des solutions bas carbone des ACV systématiques sur les produits de santé des SPASER ambitieux (ex : GHT Atlantique 17) … alors les émissions indirectes chutent, et les dépenses aussi . Notre Carnet des tendances montre par exemple :– une réduction de 97 % de l’impact environnemental lorsque l’on réutilise plutôt que recycler une lame de laryngoscope ;– des gains énergétiques majeurs via l’ISO 50001 ;– des mutualisations logistiques qui réduisent fortement les particules liées au fret. Chaque marché public bien écrit, chaque cahier des charges bien construit devient une action de santé publique. Réduire les particules fines grâce aux achats responsables : 5 leviers concrets 1. Choisir des produits réutilisables plutôt que jetables Réduction directe de la production, de la combustion des déchets et des flux logistiques. 2. Exiger des analyses de cycle de vie (ACV) Comme pour les générateurs d'oxygène Novair, l’ACV révèle des gains carbone de 10 à 70 % selon les scénarios de production . 3. Mutualiser les commandes Moins de camions, moins de kilomètres, moins de particules. 4. Intégrer des critères ESG obligatoires dans les marchés La CSRD pousse déjà dans ce sens ; les établissements peuvent aller plus loin via SPASER ou chartes fournisseurs. 5. Réduire les déplacements liés aux soins Téléconsultations, parcours repensés, optimisation des suivis : jusqu’à 95 % d’impact carbone évité . Conclusion : la pollution de l’air n'est pas une fatalité — c’est un révélateur La pollution tue. Elle coûte. Elle dégrade.Mais elle montre aussi que la santé est l’un des rares secteurs capables d’agir immédiatement sur tous les leviers : prévention, achat, innovation, organisation, sobriété . Le rapport de l’EEA 2025 nous rappelle l’urgence.Le secteur de la santé, lui, rappelle qu'il existe des solutions — simples, mesurables, duplicables — quand on choisit de mettre la santé environnementale au cœur des établissements. Et si nous décidions, collectivement, que chaque achat hospitalier devienne un acte de prévention ?

  • « L’élection sans candidat »,la reconnaissance plutôt que l’ambition personnelle, nouvelle utopie ou nécessité ?

    Dans la dynamique des « élections sans candidat » , chacun propose la personne qu’il estime la plus adaptée à un rôle. Les arguments sont factuels, liés au besoin du collectif, et débattus ouvertement. Une synthèse est faite, puis un consentement formalisé. Cela change tout : La compétence prime sur le charisme, La confiance prime sur la compétition, La reconnaissance prime sur l’autopromotion. La personne choisie ne peut être « élue » qu’avec son accord. Rien n’est imposé, rien n’est forcé. C’est un mécanisme de  motivation intrinsèque  : être choisi par ses pairs est souvent une source de fierté et d’engagement bien plus puissante qu’une nomination hiérarchique.   Des pratiques déjà bien ancrées dans certaines organisations Cette méthode ne relève pas de l’expérimentation marginale. Plusieurs organisations en France et en Europe s’y sont essayées, souvent avec succès : Codesign-it!  a réalisé les élections de son bureau sans candidats , en argumentant collectivement chaque choix. Etamine , bureau d’études spécialisé dans le bâtiment durable, désigne plusieurs de ses rôles via ce processus sociocratique. Primum Non Nocere dans le cadre de sa dynamique de gouvernance partagée , pour choisir son représentant du comité de mission et son référent RSE Dans ces contextes, les retours sont constants : plus de cohésion, moins de jeux politiques, moins de compétition destructrice, davantage de légitimité. Et surtout :  une gouvernance qui reflète réellement les valeurs affichées  (responsabilité, transparence, participation…). Quand la politique s’en inspire : Islande, Suisse, Allemagne L’élection sans candidat n’est pas qu’une affaire d’entreprise. Des pays ont développé des mécanismes voisins. En Islande : la démocratie “low ego” Après la crise de 2008, l’Islande a initié une réécriture de sa Constitution via une  assemblée de 950 citoyens tirés au sort .À l’intérieur de cette assemblée, les rôles ont souvent été attribués  sans candidature , par reconnaissance mutuelle et discussion collective. Cette culture du “moins d’ego, plus de collectif” explique la fascination internationale pour le modèle démocratique islandais. En Suisse : des élections locales sans candidats officiels Dans de nombreuses communes, les citoyens peuvent inscrire n’importe quel nom sur le bulletin.Il n’y a pas de campagne, pas de profession de foi, pas de candidats déclarés.La personne élue est contactée a posteriori… et peut accepter ou refuser. Une forme politique de « reconnaissance collective », très proche de l’esprit de l’élection sans candidat. En Allemagne : les maires “inattendus” Dans certains villages ruraux, on élit le maire par inscription libre.Résultat : on voit des citoyens devenir élus  sans jamais s’être présentés , parce que la communauté les estime légitimes.   Et la France ? Oui : la dynamique citoyenne existe déjà La France n’a pas encore d’élection politique sans candidat, mais elle a créé  des processus puissants de reconnaissance collective , notamment via les conventions citoyennes. La Convention Citoyenne pour le Climat (CCC) – 2019–2020 150 citoyens tirés au sort ont produit 149 propositions structurantes pour la transition.Au sein de cette assemblée, les rôles (présidence, rapporteurs, animateurs de groupe) ont été attribués  par reconnaissance collective , sans logique de candidature individuelle ou de compétition. Cette démarche a inspiré : La  Convention Étudiante pour le Climat , Les  conventions locales  (Rennes, Clermont-Ferrand, Grand Est), Et les projets actuels de démocratie délibérative sur la santé, l’énergie ou la transition agricole. La Convention Citoyenne sur la Fin de Vie (2022–2023) Même principe : les rôles internes se répartissent par discussion collective, en fonction des compétences et de la légitimité perçue par le groupe. Les budgets participatifs municipaux Dans certaines villes, la présidence des comités citoyens est attribuée  sans candidature , par reconnaissance du groupe. La France avance donc, pas à pas, vers des mécanismes où la légitimité ne repose plus sur l’ambition individuelle, mais sur la reconnaissance collective.   Pourquoi ce modèle est précieux pour les organisations ? Parce qu’il répond à trois besoins majeurs de notre époque : Restaurer la confiance Lorsque les collaborateurs voient comment les rôles sont attribués, la suspicion disparaît : tout est ouvert, argumenté, consenti. Favoriser l’équité Les personnes discrètes mais compétentes accèdent enfin à des responsabilités que le système classique ne leur aurait jamais accordées. Renforcer l’engagement Être élu par ses pairs est l’un des plus puissants leviers de motivation en organisation.   Attention : une démarche qui se structure, qui se forme, qui s’accompagne L’élection sans candidat ne s’improvise pas.Pour réussir, il faut : un cadre clair, un rôle bien défini, une facilitation neutre, un temps de débrief, le consentement explicite de la personne élue. Mais une fois en place, le modèle crée une dynamique vertueuse, basée sur la confiance, la reconnaissance, l’équité et la transparence. Une démocratie quotidienne à portée de toutes les organisations Loin d’être un gadget, l’élection sans candidat traduit une idée simple : le leadership n’est pas un concours de visibilité, mais une responsabilité reconnue par le groupe. C’est une manière d’incarner, enfin, ce que beaucoup d’entreprises affichent dans leurs chartes RSE et leurs raisons d’être : coopération, responsabilité, équité, droit à la parole… et respect des talents réels. Une invitation à oser.À tester.À faire confiance au collectif. Et à rappeler qu’un leader choisi pour ce qu’il apporte, et non pour ce qu’il promet, a toujours une longueur d’avance.

  • « Malbouffe : les preuves s’accumulent. Manger mieux, c’est déjà se soigner. »

    Il y a plus de 2 400 ans, Hippocrate lançait une phrase qui aurait mérité d’être gravée sur la porte de toutes nos écoles, de toutes nos cantines, de tous nos hôpitaux : « Que ton aliment soit ta première médecine. » Longtemps vue comme une maxime poétique, elle est désormais… une évidence scientifique. Les preuves s’empilent, et elles sont accablantes Toutes les grandes études convergent : l’alimentation transforme notre santé , pour le meilleur ou pour le pire.Les dernières analyses publiées (voir, notamment, les synthèses recensées dans les travaux cités dans le lien fourni par le lecteur) sont sans appel : certains aliments ultra-transformés augmentent le risque de troubles métaboliques, favorisent les maladies cardiovasculaires, perturbent le microbiote, altèrent les fonctions cognitives, influencent même nos risques de cancers. À l’inverse, un régime riche en végétaux, en fibres, en produits bruts et locaux réduit massivement le risque de maladies chroniques .Ce n’est pas une intuition : c’est un consensus mondial. La malbouffe n’est pas une fatalité : c’est une construction. Donc, ça se déconstruit. La bonne nouvelle, c’est que tous les leviers pour agir existent déjà , et qu’ils sont simples : former, cuisiner, accompagner, expliquer, inspirer. Et c’est là que la société doit changer d’échelle.Parce que nous savons désormais plusieurs choses : 1. Mieux nourrir la population n’est pas une charge, c’est un investissement. Chaque euro investi dans une alimentation de qualité : réduit le risque de maladie, donc les coûts de santé, améliore la vitalité et la concentration, renforce le moral et le bien-être collectif, soutient les filières agricoles locales, stabilise les territoires. On pourrait presque dire : « une bonne assiette vaut mieux que deux ordonnances. » 2. Tout commence dans nos écoles hôtelières. Former les chefs, les cuisiniers, les futurs cadres de la restauration à la nutrition, à l’exposome alimentaire, aux liens entre santé, agriculture et environnement…Ce n’est pas « un plus ».C’est le cœur du métier du XXIᵉ siècle . Un cuisinier aujourd’hui n’est pas seulement un technicien du goût.C’est un acteur de santé publique , un partenaire de prévention , un ambassadeur du bien-être alimentaire . 3. La restauration collective doit devenir exemplaire. Hôpitaux, écoles, universités, crèches, EHPAD…Ce sont les lieux où nous touchons des millions de personnes chaque jour.Et pourtant, ces lieux ne sont pas toujours les vitrines de la qualité nutritionnelle que nous attendons. Or, ils devraient être nos laboratoires d’excellence : menus simples mais nutritifs, produits bruts et locaux, pédagogie du goût, lutte contre le gaspillage, valorisation des filières agricoles, ateliers éducatifs pour les enfants et les étudiants. Nourrir mieux, dans les lieux de soins, c’est plus qu’un devoir :c’est un message envoyé à toute la société. 4. L’alimentation est un levier puissant de santé environnementale Mieux manger, c’est aussi : réduire l’usage des pesticides, diminuer la pression sur les sols, soutenir des pratiques agricoles plus résilientes, contribuer à la souveraineté alimentaire. Chaque assiette raconte une histoire.Faisons en sorte qu’elle raconte la bonne . Une révolution silencieuse, mais urgente Les preuves scientifiques sont là.Le lien entre alimentation et santé est désormais aussi solide que celui qui relie le tabac et le cancer, ou le bruit et les maladies cardiovasculaires. Alors pourquoi hésiter ? En réalité, il ne manque qu’une chose : répéter le message en boucle, partout, tout le temps.Former, former, encore former.Et remettre du sens dans l’assiette. Parce que bien nourrir un pays, c’est : améliorer sa santé, soutenir son agriculture, renforcer son économie, dynamiser ses territoires, et, tout simplement, élever son niveau de bonheur collectif . C’est peut-être l’une des politiques publiques les plus puissantes, les plus humanistes… et les plus négligées. Il est temps de remettre la santé dans l’assiette. Et l’assiette au cœur de nos politiques de santé. Les preuves sont là.Les solutions aussi.Il reste désormais à agir.Et à répéter, inlassablement, la phrase la plus moderne jamais prononcée par un médecin grec du Ve siècle av. J.-C. : « Que ton aliment soit ta première médecine. » https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10831891/

  • COP30 : quand les banques centrales confirment que le climat coûtera plus cher que la transition

    À Belém, au cœur de l’Amazonie, la COP30 a eu un mérite : rappeler que le débat sur le coût de la transition devrait être renversé. Ce n’est pas l’action qui coûte trop cher, c’est l’inaction qui ruine déjà nos économies. Ce n’est pas un slogan militant, mais la position officielle du Network for Greening the Financial System (NGFS) , le réseau des banques centrales et superviseurs financiers regroupant 148 membres . Et quand ceux qui assurent la stabilité financière mondiale montent au créneau, c’est rarement par poésie environnementale. Le NGFS a été clair : les dommages liés au dérèglement climatique dépassent déjà, année après année, le coût de la transition énergétique . En langage RSE, c’est la version climatique du « prévenir coûte toujours moins que réparer ». En langage financier, c’est une alerte rouge. Le dérèglement climatique a déjà un coût massif et mesurable Le rapport d’Agnès Bénassy-Quéré, économiste reconnue, illustre à quel point les pertes économiques ne sont plus théoriques. Elles sont là, chiffrées, consolidées, et documentées. 1. La France chauffe plus vite que la moyenne mondiale La France atteint déjà +1,9 °C par rapport à l’ère préindustrielle, entraînant une multiplication des phénomènes extrêmes. Inondations, sécheresses, tempêtes : tout cela se traduit par des factures réelles, immédiates, et croissantes . 2. Les pertes directes explosent Tempête Xynthia (2010) : 2,5 milliards d’euros de dommages, soit 0,13 % du PIB de l’époque. Retrait-gonflement des argiles : 1989-2015 : 400 M€/an 2016-2020 : 1 Md€/an 2022 : 3,5 Md€ Une multiplication par près de 9 en moins de dix ans.Ces ordres de grandeur ne laissent aucune place au doute : le climat est déjà un poste budgétaire. 3. Les assureurs tirent la sonnette d’alarme Les surprimes « catastrophe naturelle » en assurance habitation et professionnelle sont passées de 12 % à 20 % en 2025.Et pour les entreprises : +10,9 % sur les primes en 2023 +8,1 % en 2024 dont près d’1 milliard d’euros de surprimes « catnat » Ce ne sont pas des choix commerciaux : ce sont des calculs actuariels. L’assurance, métier du risque, n’est jamais alarmiste. Quand les assureurs augmentent massivement leurs primes, c’est que le réel est déjà arrivé. 4. Au niveau européen : 40 milliards € de pertes en 2024 Selon l’Agence européenne pour l’environnement, les événements climatiques extrêmes ont coûté 40 Md€ à l’UE rien que pour 2024, avec une accélération marquée depuis quatre ans. L’économie locale et nationale encaisse des chocs invisibles mais lourds Les dégâts climatiques ne sont pas seulement matériels. Ils érodent la croissance, grignotent les marges des entreprises et altèrent la compétitivité des territoires. Des estimations solides : -1,4 % de valeur ajoutée locale Les travaux de Usman, Parker et Vallat montrent un effet récessif immédiat des vagues de chaleur, sécheresses et inondations au niveau des départements européens, avec des pertes allant jusqu’à –1,4 % de valeur ajoutée pour certaines régions françaises en 2025. Une agriculture fragilisée Les rendements stagnent depuis les années 1990, et un tiers de cette chute de croissance serait directement lié au dérèglement climatique. Une énergie sous tension Le manque d’eau fragilise la production électrique et industrielle. L’effet domino est réel : un barrage qui turbine moins, ce sont des prix plus volatils pour tous. Banques et assureurs ne parlent plus de risque… mais de pertes Le plus frappant dans cette prise de parole du NGFS, c’est la bascule sémantique :On ne parle plus du risque climatique, mais des pertes climatiques . Le climat n’est plus une menace abstraite ; c’est une ligne comptable en hausse continue. Les banques centrales le voient déjà dans : les bilans des assureurs, la solvabilité des entreprises, la vulnérabilité des collectivités, la stabilité même du système financier. Et les projections de court terme sont sans ambiguïté : Un enchaînement d’événements extrêmes pourrait coûter plus de 7 % du PIB français dans les prochaines années. La conclusion des superviseurs financiers : l’inaction coûtera beaucoup plus cher C’est l’un des messages les plus importants de la COP30 : Le coût de la transition est réel, mais il est dérisoire comparé au coût du dérèglement. En d’autres termes : Réduire les émissions coûte des milliards. Ne rien faire coûtera des milliers de milliards. Et cela commence par : des modèles d’assurance devenus instables, des entreprises de plus en plus exposées, des infrastructures inadaptées, des budgets publics absorbés par les réparations. Les banques centrales ne sont pas là pour faire de la morale climatique. Elles observent, calculent, comparent. Et toutes arrivent au même diagnostic : la transition n’est pas un coût, c’est une économie . Pourquoi cet avertissement doit résonner dans les politiques publiques et le monde de la santé Les secteurs de la santé, des infrastructures, de l’agriculture, de l’énergie sont tous exposés. L’inaction, ici, n’est pas neutre : elle pèse directement sur les dépenses publiques, sur le coût de l’assurance, sur la continuité des services essentiels. Pour les acteurs de la RSE, la perspective est claire : la décarbonation est une assurance, l’adaptation est un amortisseur, l’éco-conception est une stratégie de survie budgétaire. La prévention climatique, c’est de la santé publique.La transition écologique, c’est de la prévention économique. Conclusion : les climatosceptiques peuvent encore douter, les marchés, eux, ont déjà tranché Le NGFS l’affirme : les catastrophes climatiques vont se multiplier, et leur coût va dépasser tout ce que les modèles avaient anticipé. On peut débattre du rythme de la transition.On ne peut plus débattre du coût de l’inaction : il est déjà sur la table. Et au fond, les superviseurs financiers nous rappellent une évidence presque philosophique : L’avenir coûtera toujours plus cher si nous l’abîmons que si nous le préservons.

  • Climat et santé : 300 millions de dollars pour éviter la prochaine crise sanitaire mondiale

    Le 13 novembre 2025, en marge de la COP30 à Belém, un signal fort a été envoyé à la communauté internationale : la santé devient enfin un pilier des politiques climatiques. Plus de 35 fondations philanthropiques – parmi lesquelles la Gates Foundation, Bloomberg Philanthropies et l’IKEA Foundation – ont annoncé la création de la Climate and Health Funders Coalition et un premier engagement de 300 millions de dollars pour faire face aux impacts sanitaires du changement climatique. L’objectif est clair : financer immédiatement des solutions opérationnelles contre la chaleur extrême , la pollution de l’air et les maladies infectieuses sensibles au climat . Ces fonds permettront aussi de renforcer la production et le partage de données climat–santé , un déficit majeur dans de nombreux pays. La coalition s’aligne directement sur le plan d’action de Belém pour la santé , feuille de route mondiale adoptée par l’OMS et plusieurs États pour adapter les systèmes de santé à la hausse des risques climatiques. Car le constat est désormais indiscutable : au moins 3,3 milliards de personnes sont exposées à des risques sanitaires graves liés à la crise climatique, en particulier dans les pays à faible et moyen revenu. Au-delà du montant – modeste à l’échelle des besoins –, l’initiative marque un tournant. Pour la première fois, un groupe structuré de bailleurs décide de financer la santé et le climat comme un même combat, et non comme deux dossiers séparés. Un changement de paradigme qui arrive alors que les systèmes de santé mondiaux sont déjà mis à l’épreuve par les vagues de chaleur record, l’explosion des maladies vectorielles et la montée en puissance de la pollution atmosphérique. Pour la France, où les établissements de santé commencent à déployer des plans bas carbone, des démarches d’éco-conception des soins ou encore des stratégies “One Health”, cette dynamique internationale ouvre une perspective nouvelle : celle d’intégrer pleinement la santé environnementale au cœur des politiques publiques et des formations initiales. Le message envoyé depuis Belém est simple : la crise climatique est une crise sanitaire. Et si la communauté internationale commence enfin à s’en donner les moyens, la balle est désormais dans le camp des États pour transformer ces annonces en politiques concrètes.

  • Environnement et santé : un Européen sur cinq meurt d’une cause cardiovasculaire évitable

    Le chiffre claque : selon le dernier rapport de l’ Agence européenne pour l’environnement (EEA) , publié le 6 novembre 2025 , 20 % des décès cardiovasculaires en Europe pourraient être évités si nous réduisions les expositions environnementales évitables : pollution de l’air, bruit, stress thermique et modes de vie urbains inadaptés.Ce rapport, intitulé “Healthy environments for healthy hearts” , analyse la mortalité cardiovasculaire dans les 27 pays membres de l’Union européenne et ses corrélations directes avec la qualité de l’air, la chaleur urbaine, la pollution sonore et l’accès aux espaces verts. L’air que nous respirons tue (encore) La pollution de l’air reste le premier facteur environnemental de risque cardiovasculaire . L’EEA estime qu’elle est responsable de plus de 250 000 décès prématurés par an en Europe.Les particules fines (PM2.5) et le dioxyde d’azote (NO₂) provoquent des inflammations chroniques et un stress oxydatif favorisant infarctus et AVC.Bonne nouvelle : les villes ayant mis en place des zones à faibles émissions (ZFE) et des politiques actives de mobilité douce voient déjà leurs indicateurs de santé publique s’améliorer. L’EEA cite notamment Stockholm et Amsterdam , où les taux de mortalité cardiovasculaire ont chuté plus vite que la moyenne européenne. Le bruit, grand oublié de la santé publique Deuxième coupable : le bruit environnemental , principalement lié au trafic routier, ferroviaire et aérien.Selon l’EEA, 18 millions d’Européens sont exposés à des niveaux dangereux (supérieurs à 65 dB), générant insomnie, anxiété et hypertension chronique.Les chercheurs soulignent que le bruit augmente de 8 % le risque d’infarctus du myocarde , un effet comparable à celui du tabagisme passif.L’urbanisme et la végétalisation peuvent réduire drastiquement cette exposition. Chaleur urbaine et stress climatique La hausse des températures amplifie les risques pour le cœur : en 2023, les vagues de chaleur ont été liées à plus de 61 000 décès en Europe, dont une large part d’origine cardiovasculaire.L’EEA insiste sur la nécessité d’intégrer la résilience climatique dans la planification sanitaire et urbaine : ombrage, ventilation naturelle, adaptation des horaires de travail, systèmes d’alerte et d’hydratation dans les établissements de santé. Le cœur a besoin de nature À l’inverse, l’exposition régulière à la nature — espaces verts, parcs, jardins — réduit le stress et améliore la tension artérielle.L’EEA démontre que vivre à moins de 300 m d’un espace vert abaisse de 16 % le risque d’hypertension et augmente l’espérance de vie de près d’un an.Les hôpitaux dotés de “green courtyards” ou de toits végétalisés constatent une baisse du stress du personnel et un meilleur rétablissement des patients : la santé environnementale, ici, devient thérapeutique. Implications pour les établissements de santé Ce rapport est un véritable appel à l’action. Pour les hôpitaux et cliniques : Mesurer leur empreinte environnementale (air, bruit, énergie, température intérieure) devient un enjeu de santé publique ; Les plans blancs et DUERP devraient inclure la vulnérabilité chaleur et la qualité de l’air intérieur ; La qualité architecturale et paysagère doit être repensée : orientation, matériaux, ventilation naturelle, intégration du végétal ; L’évaluation RSE ne peut plus ignorer les effets sanitaires indirects du bâti et des infrastructures. Pour les fournisseurs, ce rapport ouvre la voie à de nouvelles attentes : proposer des solutions bâtiment-santé , des équipements sobres, silencieux, à faible émission de particules ou de chaleur. RSE et One Health : même combat Ce travail de l’EEA illustre parfaitement la logique One Health : la santé humaine dépend de celle de nos environnements physiques et biologiques.Le label THQSE® , la démarche OSMOSE® d’éco-conception des soins ou encore les stratégies d’ achats responsables s’inscrivent pleinement dans cette vision : préserver la santé humaine en agissant sur les causes environnementales évitables. Conclusion : vers un indicateur “Cœur-Climat-Santé” ? Il est temps que la France et l’Europe traduisent ces données en politiques concrètes :un indicateur combiné (qualité de l’air + température + bruit + espace vert) pourrait devenir un nouvel outil de pilotage de la santé publique et hospitalière.Car au fond, améliorer la qualité de l’environnement, c’est déjà soigner le cœur des citoyens . 🔗 Source officielle European Environment Agency (EEA) — One in five cardiovascular deaths in the EU are preventable by improving the environment , 6 November 2025, Copenhague.👉 Lien direct vers le communiqué: https://www.eea.europa.eu/en/newsroom/news/state-of-europes-environment-2025

  • La Charte de l’Environnement fête ses 20 ans : le texte qui a donné des droits à la planète et des devoirs aux humains

    C’est un texte discret, presque effacé du débat public, et pourtant fondamental.Le 1er mars 2005 , la Charte de l’environnement entrait dans la Constitution française, rejoignant la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et le Préambule de 1946. Pour la première fois, la République reconnaissait à chacun le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé , tout en posant en miroir le devoir de le protéger.Vingt ans plus tard, l’heure est venue de rendre hommage à cette Charte, matrice silencieuse de tant de transformations, et socle juridique de ce qu’on appelle aujourd’hui la santé environnementale. Son histoire débute au début des années 2000, lorsque le président Jacques Chirac confie au paléontologue Yves Coppens la mission de préparer un texte fondateur, inspiré à la fois des travaux du Grenelle de l’environnement avant l’heure et des débats mondiaux sur le développement durable. Adoptée par le Parlement réuni à Versailles, la Charte est promulguée le 1er mars 2005. Ce jour-là, la France devient l’un des rares pays au monde à ériger la protection de l’environnement au rang constitutionnel . Un acte fort, mais passé presque inaperçu dans le tumulte d’une époque encore peu sensible à la question climatique. Au cœur de cette Charte, trois articles donnent la mesure de la révolution juridique engagée. L’article premier proclame que « chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé » . En quelques mots, il lie définitivement la santé humaine et la santé de la planète. Ce n’est plus un vœu pieux, c’est un droit constitutionnel , que le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État ont reconnu comme opposable. Le texte ne s’adresse pas seulement aux pouvoirs publics : il engage aussi les citoyens, les collectivités et les entreprises.Dans le domaine de la santé, cette phrase simple a ouvert la voie à toute une dynamique : celle de la santé environnementale , aujourd’hui inscrite dans les Plans Nationaux Santé Environnement (PNSE). C’est aussi cette même logique qui irrigue la démarche RSE dans les établissements de santé — considérer que la santé des personnes dépend du milieu dans lequel elles vivent et travaillent. L’article 2 complète ce cadre en posant que « toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement » .La Charte ne se contente donc pas de reconnaître des droits, elle impose des devoirs . C’est un texte d’équilibre : l’humain y est à la fois bénéficiaire et responsable.On y retrouve en filigrane l’esprit même de la RSE : l’idée que chacun, à son échelle, détient une part de la solution. Le citoyen qui trie ses déchets, le médecin qui réduit les emballages à usage unique, le maire qui végétalise sa commune ou le chef d’entreprise qui repense ses achats : tous participent à la mise en œuvre concrète de cet article. Et puis vient l’article 5, celui qui a fait couler tant d’encre : le principe de précaution .Il stipule que lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine, pourrait affecter gravement l’environnement, les autorités publiques doivent évaluer les risques et adopter des mesures provisoires et proportionnées. En d’autres termes : ne pas attendre d’avoir toutes les preuves pour agir .Ce principe, parfois critiqué pour freiner l’innovation, a surtout permis de légitimer l’action préventive. Il est devenu une boussole dans la gestion de risques émergents : pesticides, ondes électromagnétiques, perturbateurs endocriniens, ou plus récemment nanoparticules. En santé environnementale, il a ouvert la voie à des politiques publiques plus prudentes, moins réactives et davantage anticipatrices. La Charte a aussi donné naissance à une jurisprudence abondante. L’arrêt Commune d’Annecy du 3 octobre 2008 a confirmé sa pleine valeur constitutionnelle : le Conseil d’État y a annulé un décret contraire à ses principes, consacrant ainsi son effet direct. D’autres décisions, comme celle du Conseil constitutionnel de 2008 sur la loi OGM , ont consolidé la portée du texte. Peu à peu, l’environnement est devenu un véritable critère d’appréciation de la légalité des politiques publiques.Certes, la Charte n’a pas bouleversé du jour au lendemain le paysage juridique, mais elle a créé une grammaire commune entre écologie, santé et responsabilité. Une boussole qui guide encore aujourd’hui les juges et les décideurs. Vingt ans après, que reste-t-il de cette audace constitutionnelle ?Beaucoup, mais encore trop peu connu. Dans le monde, seuls quelques pays ont franchi le même pas. L’Équateur et la Bolivie ont inscrit les droits de la nature dans leur Constitution ; l’Italie a ajouté la protection de l’environnement parmi les principes fondamentaux de la République en 2022 ; la Suisse, le Portugal ou la Norvège ont également constitutionnalisé certains droits écologiques. Mais la France, avec sa Charte de 2005, demeure pionnière par l’équilibre qu’elle trace entre droits, devoirs et précaution . Pourtant, ce texte reste étonnamment absent du débat public, rarement cité dans les politiques locales ou dans les stratégies d’entreprise. Il dort souvent dans les manuels de droit, alors qu’il pourrait être la boussole des politiques climatiques, sanitaires et économiques .Car il contient déjà tout : la reconnaissance du droit à un environnement sain, la responsabilité partagée et l’obligation d’agir avant qu’il ne soit trop tard. Trois piliers qui résument, à eux seuls, la philosophie d’une société durable. À l’heure où la France s’interroge sur la création d’une nouvelle Constitution écologique ou d’un cinquième Plan Santé-Environnement, il serait sage de relire la Charte de 2005.Elle nous rappelle que protéger la planète n’est pas un luxe moral ni une option politique : c’est un devoir constitutionnel . Et qu’au fond, agir pour la santé des générations futures, c’est simplement honorer ce droit fondamental qu’elle nous a offert : celui de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.

  • L’Hospitalisation à Domicile : un modèle d’avenir à impact positif pour la santé, l’environnement… et les finances publiques

    Dans un monde en quête de résilience, le secteur de la santé est confronté à un triple défi : Répondre à une demande croissante de soins, Réduire son empreinte écologique, Maîtriser les dépenses dans un contexte de tension budgétaire permanente. Dans ce paysage en mutation, un modèle discret mais prometteur émerge : l’Hospitalisation à Domicile (HaD) . Et si cette alternative permettait de mieux soigner, de polluer moins… et de dépenser moins ? Une étude récente de Dylan Powell et al., publiée dans npj Digital Medicine en 2024, explore cette voie en posant une question simple : Comment l’Hospitalisation à Domicile peut-elle contribuer à un avenir plus vert et plus sain ? 🔗 Lien vers l’étude : Nature.com – npj Digital Medicine (2024) Des économies substantielles et des résultats cliniques équivalents Ce que cette étude confirme, et que plusieurs autres travaux internationaux corroborent, c’est que la HaD n’est pas seulement une solution humaine ou écologique : c’est aussi un levier économique majeur . Voici quelques chiffres clés à méditer : Aux États-Unis, un essai contrôlé randomisé a montré que le coût direct d’un épisode de soins aigus à domicile était inférieur de 38 % à celui d’une hospitalisation classique (intervalle de confiance : 24 % à 49 %).➤ Moins d’analyses de laboratoire (médiane de 3 contre 15),➤ Moins d’imagerie (14 % contre 44 %),➤ Moins de consultations spécialisées (2 % contre 31 %). En Israël, une étude a comparé les coûts journaliers :➤ 1 829 $/jour pour l’hospitalisation classique,➤ 783 $/jour pour l’HAD,➤ Soit une économie de plus de 50 % . Une revue Cochrane récente conclut que la HaD réduit probablement les coûts pour le système de santé tout en maintenant des résultats cliniques équivalents , notamment en termes de mortalité, de réadmissions et de satisfaction des patients . Une autre étude internationale a constaté une réduction de 19 % des coûts pour les patients HaD, due à une durée de séjour plus courte et à une moindre utilisation d'examens complémentaires. Ces résultats convergent vers une idée essentielle : Lorsqu’elle est adaptée à la situation clinique et bien encadrée, l’Hospitalisation à Domicile permet de concilier qualité, économie et responsabilité. 🌍 Un impact environnemental réduit Au-delà de la question budgétaire, l’HAD constitue une réponse structurelle aux enjeux de santé environnementale , encore trop peu explorée à ce jour. Une étude de cycle de vie a montré que les visites à domicile ou par télémédecine génèrent 60 % d’émissions de CO2 en moins que les visites physiques en établissement :➤ 0,1 kg de CO2 par visite à domicile,➤ Contre 0,3 kg pour une visite classique. Ces effets sont encore plus marqués en milieu rural , où les trajets sont plus longs et les transports en commun moins accessibles. D'autres études soulignent aussi la réduction de la consommation d’énergie (chauffage, ventilation, équipements lourds) et de la production de déchets hospitaliers dans les modèles d’HAD. En résumé, moins de transports, moins d’énergie, moins de déchets = un modèle de soin plus sobre et plus aligné avec les objectifs de transition écologique . Des idées concrètes et des retours d’expérience inspirants Sur le terrain, de nombreuses actions illustrent déjà ce potentiel : Optimisation des tournées pour réduire les kilomètres parcourus, Introduction de téléconsultation pour les suivis simples, Réduction des emballages médicaux à usage unique , Éducation des patients au tri des déchets médicaux à domicile, Kits de soins éco-conçus , adaptés aux soins répétitifs, Chimiothérapies écoresponsables à domicile , encadrées par des protocoles adaptés. déploiement de l'HAD IMPACT SCORE®, pour transformer les intervenants à domicile en expert de la santé environnementale Certains établissements travaillent avec nous sur la réalisation de guides de bonnes pratiques environnementales pour les intervenants à domicile , transformant le soignant en ambassadeur de la santé-environnement . Un projet d’avenir… à structurer intelligemment Soyons clairs : l’HAD n’est pas une solution universelle. Elle ne doit pas être pensée comme un substitut systématique à l’hospitalisation. Elle nécessite un environnement familial favorable, une coordination rigoureuse, et des professionnels formés. Mais quand ces conditions sont réunies , l’HAD devient une réponse puissante, moderne et cohérente , qui mérite d’être structurée, professionnalisée et soutenue : Soutenue par les politiques publiques (via les Plans Santé-Environnement, les ARS, les référentiels HAS), Soutenue par les fédérations professionnelles (comme outil de différenciation et d’impact), Soutenue par des outils simples, visuels, co-construits. Conclusion L’Hospitalisation à Domicile n’est pas une idée nouvelle. Mais elle est aujourd’hui une idée juste, une idée alignée avec notre temps . Elle coche toutes les cases de la santé durable :✔ Pertinence clinique,✔ Réduction des coûts,✔ Allègement de l’empreinte environnementale,✔ Meilleure qualité perçue pour les patients.

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