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- #Episode 3- Japon : quand les arts traditionnels deviennent des médicaments
TOKYO – Et si la prochaine ordonnance de votre médecin était un cours de calligraphie ou un atelier d’ikebana ? Au Japon, les arts traditionnels ne sont plus seulement des loisirs : ils sont prescrits comme des thérapies pour soigner le stress, la dépression, voire les troubles cognitifs. Des études scientifiques récentes confirment ce que les Japonais savent depuis des siècles : la beauté peut guérir. La calligraphie, un antidépresseur naturel Dans un hôpital de Tokyo, des patients en chimiothérapie tiennent un pinceau, concentrés sur le tracé d’un kanji. Ce n’est pas un cours d’art, mais une séance de soin . Une étude publiée en 2024 dans ScienceDirect révèle que la pratique régulière du Shodō (calligraphie japonaise) réduit les troubles du sommeil de 30% chez les personnes âgées et améliore la mémoire. « Quand je me concentre sur le trait, mes pensées négatives disparaissent », témoigne Aiko, 72 ans, patiente en rémission. Pourquoi ça marche ? Les neurosciences expliquent que la calligraphie active les zones cérébrales liées à la pleine conscience , tout en stimulant la motricité fine. Résultat : une baisse du cortisol (hormone du stress) et une amélioration de l’humeur. À l’ Université Stanford , des oncologues intègrent même la pratique de la calligraphie pour leurs patients : « C’est une forme de méditation qui permet d’exprimer l’inexprimable », explique le Dr Lee. L’ikebana, l’art floral qui soigne l’anxiété Chiffre clé : –25% de marqueurs inflammatoires chez les participants à des ateliers d’ikebana, selon une étude de l’ Université de Kyoto . Cette discipline, bien plus qu’un simple arrangement de fleurs, est devenue un outil thérapeutique dans les hôpitaux japonais. « L’ikebana nous apprend à voir la beauté dans l’éphémère, ce qui aide à accepter la maladie », confie Mayuka Yamazaki, maître d’ikebana et consultante en management Zen pour les entreprises. Où ? À l’ hôpital universitaire de Kyoto , des ateliers sont proposés aux patients en oncologie. « Après une séance, ils dorment mieux et parlent plus facilement de leur peur », observe une infirmière. Le kintsugi, ou l’art de réparer son âme Une tasse brisée, réparée à l’or. Le kintsugi , art ancestral de réparation de céramique, est aujourd’hui utilisé en thérapie post-traumatique . « Réparer un objet cassé, c’est comme panser ses propres blessures », explique le psychologue Toshiro Osumi, qui anime des ateliers pour des victimes de burn-out ou de deuil. Une étude de 2023 montre que cette pratique augmente l’estime de soi et réduit les symptômes dépressifs, en s’appuyant sur le principe de wabi-sabi (l’acceptation de l’imperfection). Les arts martiaux, une gym pour le mental Donnée surprenante : Les pratiquants de karaté ou d’ aïkido ont 40% moins de symptômes dépressifs que la moyenne, selon une méta-analyse de 2024 . Ces disciplines, bien au-delà du sport, sont des écoles de résilience . « Les arts martiaux japonais enseignent à canaliser sa colère et à trouver son équilibre intérieur », souligne Hiroyuki Tanaka, maître de kendo et chercheur en psychologie à l’ Université de Osaka . Où ? Dans les écoles de Tokyo, des programmes d’ aïkido sont proposés aux adolescents pour lutter contre le harcèlement et l’anxiété. « Après trois mois, on observe une baisse significative des comportements agressifs », note une étude récente . L’art-thérapie made in Japan : quand l’hôpital devient un musée Innovation : Au National Center for Global Health and Medicine de Tokyo, les couloirs ressemblent à des galeries d’art. Peinture, musique, théâtre… Les patients sont encouragés à créer pour mieux guérir. « L’art active des zones du cerveau que les médicaments ne peuvent pas atteindre », explique le Dr Sato, pionnier de l’art-thérapie au Japon. Exemple : Dans un service de soins palliatifs, un programme de Clinical Art aide les soignants à gérer leur stress. Résultat : moins d’épuisement professionnel et une meilleure empathie envers les patients. l’art, une ordonnance pour demain ? Au Japon, la frontière entre culture et médecine s’estompe. Les arts traditionnels, validés par la science, offrent une réponse douce, efficace et accessible aux maux modernes. Alors, prêt à troquer votre boîte de médicaments contre un pinceau ou un bouquet de fleurs ?
- #Episode 2- Santé environnementale au Japon : innovations, prévention et médecine non médicamenteuse, un modèle pour la France ?
Le Japon, confronté à des défis environnementaux majeurs, est devenu un laboratoire mondial pour la santé environnementale . Entre biomonitoring , prévention des perturbateurs endocriniens et développement de médecines non médicamenteuses , le pays innove pour protéger la santé des citoyens et des écosystèmes. Voici un tour d’horizon des avancées récentes, avec un focus sur les solutions qui pourraient inspirer la France. Biomonitoring et prévention des polluants : des centres d’excellence Le NIHS de Tokyo, sentinelle des perturbateurs endocriniens Le National Institute of Health Sciences (NIHS) est le fer de lance japonais dans la lutte contre les perturbateurs endocriniens. Il publie régulièrement des guides pratiques pour les chercheurs, les médecins et le grand public, et collabore avec la Japan Society of Endocrine Disruptor Research pour organiser des symposiums et des formations. Son objectif : réduire l’exposition aux substances chimiques (pesticides, plastifiants, PFAS) grâce à une approche scientifique et pédagogiques. Kyoto, ville pionnière en santé environnementale La préfecture de Kyoto a mis en place un centre dédié qui propose des consultations spécialisées, des ateliers d’éducation et des recherches appliquées sur les liens entre pollution et santé. Une approche intégrée qui fait école. Médecines non médicamenteuses : le Japon innove La « forêt-thérapie » (Shinrin-yoku) validée par la science Le Shinrin-yoku (bain de forêt) est désormais reconnu pour ses bienfaits sur le stress, l’immunité et la santé cardiovasculaire. Des études récentes montrent que : Une balade en forêt réduit le taux de cortisol (hormone du stress) de 12% en moyenne. L’exposition aux phytoncides (molécules émises par les arbres) renforce l’activité des cellules NK , essentielles pour l’immunité. Ces résultats ont conduit à l’intégration de la forêt-thérapie dans les programmes de prévention santé de plusieurs préfectures. Thermalisme : les onsen, une thérapie naturelle Les onsen (sources chaudes) japonais sont étudiés pour leurs effets thérapeutiques : Une étude de 2024-2025 montre que les bains thermaux réguliers réduisent l’hypertension de 15% chez les personnes âgées, grâce à une meilleure circulation sanguine et une réduction du stresssciencedaily.com +1. Les minéraux des onsen agissent aussi sur le microbiote intestinal et cutané , ouvrant des pistes pour la prévention des maladies chroniques. Alimentation traditionnelle : un bouclier contre la pollution Le régime japonais, riche en aliments fermentés (miso, natto) et en antioxydants (thé vert, algues), est associé à une longue espérance de vie et à une moindre prévalence de maladies chroniques. Des recherches récentes confirment que : Le miso et le natto renforcent la barrière intestinale et réduisent l’inflammation, protégeant ainsi contre les effets des polluants. Le thé vert , grâce à ses polyphénols, limite l’oxydation cellulaire liée à la pollution. Conclusion : et si la France s’inspirait du Japon ? Le Japon prouve que la santé environnementale passe par l’innovation, la prévention et des solutions naturelles . Forêt-thérapie, thermalisme, alimentation protectrice : autant de pistes pour enrichir les politiques de santé publique en France.
- #Episode 1: Santé environnementale au Japon : innovations, recherche et solutions récentes
Le Japon, confronté à des défis environnementaux majeurs (pollution industrielle, catastrophes naturelles, vieillissement démographique), se positionne comme un leader mondial en matière de santé environnementale . Grâce à des innovations technologiques, des recherches de pointe et des politiques publiques ambitieuses, le pays développe des solutions concrètes pour mesurer, prévenir et réduire l’impact des polluants sur la santé humaine et les écosystèmes. Voici un tour d’horizon des avancées récentes, basé sur des sources officielles et des études scientifiques. Biomonitoring humain : mesurer l’invisible Les PFAS, un enjeu de santé publique Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) , polluants persistants liés à des risques d’immunotoxicité et de cancers, font l’objet d’une surveillance accrue au Japon. Une étude récente, publiée en 2024 dans Environmental Health and Preventive Medicine , a analysé des échantillons sanguins de résidents d’Okinawa, l’une des zones les plus exposées du pays. Les résultats montrent des niveaux élevés de PFAS, justifiant des mesures de protection renforcées pour les populations locales. Cohortes et biomarqueurs Le Japon participe activement à des programmes de biomonitoring à grande échelle, comme le Japan Environment and Children’s Study (J-ECOH) , qui suit 100 000 enfants pour évaluer l’impact des polluants sur leur développement. Ces données permettent d’identifier des biomarqueurs précoces et d’adapter les politiques de santé publique. Recherche et innovation : anticiper les risques Climat et santé : une approche intégrée Le Ministère de l’Environnement japonais (MOEJ) publie tous les cinq ans un rapport d’évaluation des impacts du changement climatique sur la santé. Les recherches récentes soulignent l’importance de la résilience sanitaire , notamment face aux vagues de chaleur et à la pollution de l’air. Des innovations comme des vêtements rafraîchissants pour travailleurs ou des plans locaux de lutte contre les îlots de chaleur sont déjà déployées. Solutions concrètes : vers une société durable Politiques publiques et objectifs Le Si xième Plan de base pour l’environnement du Japon mise sur l’ innovation technologique , la décarbonation et la préservation du capital naturel . Parmi les mesures phares : Réduction des émissions de gaz à effet de serre et transition vers les énergies renouvelables. Développement de villes intelligentes (smart cities) intégrant la qualité de l’air et la biodiversité. Renforcement des centres de santé environnementale pour informer et protéger les citoyens Exemples inspirants Urayasu City (Okinawa) : Zone pilote pour la surveillance des PFAS et la protection des populations exposées Kyoto et Osaka : Recherches avancées sur les liens entre pollution et maladies chroniques, en collaboration avec les universités locales. Perspectives et défis Malgré ces avancées, le Japon doit encore renforcer ses efforts en matière de recyclage des plastiques et de réduction de la dépendance aux énergies fossiles , comme le souligne un récent rapport de l’OCDE . Cependant, son approche intégrée – alliant recherche, innovation et politiques publiques – en fait un modèle pour les pays confrontés à des enjeux similaires.
- Rappels alimentaires : le signal invisible qui menace nos assiettes
Chaque jour ou presque, des produits quittent discrètement les rayons de nos supermarchés. Un paquet de biscuits, un lot de jambon, une boîte de lait infantile. Motif : rappel sanitaire. Pourtant, peu de consommateurs en ont réellement conscience. Ces alertes sont diffusées sur des sites spécialisés, comme Doctissimo – rappels produits , mais elles passent souvent inaperçues. Des rappels à répétition Contaminations bactériennes (Listeria, Salmonella, E. coli), résidus chimiques, corps étrangers métalliques ou plastiques : les causes sont multiples, mais le constat est clair. Les produits les plus souvent concernés sont : les protéines animales : viandes, poissons, œufs, laits infantiles ; les produits transformés : plats préparés, biscuits, confiseries, charcuterie ; les produits importés : fruits secs, épices, chocolats. En 2023, le système d’alerte européen RASFF a recensé plus de 4 000 signalements . Un chiffre en hausse constante. Or, 6 rappels sur 10 concernent des produits ultra-transformés, confirmant leur vulnérabilité. Une alimentation sous surveillance Ces rappels ne sont pas anecdotiques. Ils dessinent en creux les failles de notre système alimentaire. Quelques chiffres suffisent à mesurer l’ampleur du problème : La consommation de viande rouge en France représente 1,55 million de tonnes par an , avec un impact colossal : 15 500 litres d’eau et 70,6 millions de tonnes de gaz à effet de serre pour chaque kilo. Le diabète touche désormais 4,5 millions de Français , en grande partie lié à une surconsommation de sucres cachés et de produits transformés. 47 % des fruits et légumes testés en Europe contiennent des résidus de pesticides (EFSA, 2022). Le dioxyde de titane , longtemps utilisé dans des bonbons et des laits infantiles, est toujours suspecté de toxicité La responsabilité de nos choix Face à ce constat, une évidence : notre alimentation doit changer. Réduire la part de protéines animales , pour notre santé mais aussi pour la planète. Privilégier les produits locaux et de saison , moins exposés à des chaînes logistiques complexes et aux rappels de masse. Dire non aux produits ultra-transformés , qui concentrent additifs, résidus et risques de contamination. Manger pour vivre, pas l’inverse Derrière les rappels alimentaires se cache un message bien plus large : ce que nous mettons dans nos assiettes façonne à la fois notre santé et notre avenir collectif. Plus de deux millénaires avant nous, Hippocrate nous avait déjà prévenus : « Que ton alimentation soit ton premier médicament ». Un rappel, cette fois, qu’il est urgent d’entendre.
- Pourquoi les entreprises doivent mesurer leur empreinte hydrique dès aujourd’hui
CDP, une référence mondiale CDP (anciennement Carbon Disclosure Project ) est l’organisation internationale qui collecte et publie chaque année des données sur la durabilité des entreprises. Ses questionnaires et rapports sont devenus une référence mondiale pour les investisseurs et les décideurs. En septembre 2025, CDP a publié un rapport alarmant : les entreprises déclarent 339 milliards de dollars US de risques financiers liés à l’eau . Bonne nouvelle cependant : 58,7 milliards suffiraient pour les atténuer — soit un retour sur investissement potentiel de 6:1 . Autrement dit, chaque euro investi dans la gestion de l’eau peut éviter jusqu’à six euros de pertes. Source : https://www.cdp.net/en/press-releases/internal-water-pricing-unlocks-resilience-and-long-term-growth Le prix interne de l’eau : de quoi parle-t-on ? À l’instar du « prix interne du carbone », de plus en plus d’entreprises adoptent un prix interne de l’eau .Concrètement, il s’agit d’assigner une valeur monétaire à l’utilisation de l’eau dans les opérations et les chaînes d’approvisionnement, au-delà du simple coût de la facture d’eau . Ce prix interne intègre par exemple : le risque de raréfaction dans certaines régions, le coût potentiel d’une rupture d’approvisionnement, la perte de réputation auprès des investisseurs ou clients, les dépenses futures de traitement ou de conformité. Résultat : les décisions d’investissement et d’approvisionnement ne se basent plus uniquement sur le prix « visible », mais sur la valeur réelle de l’eau pour l’entreprise . Pourquoi agir maintenant ? Le rapport du CDP souligne que seules 5 % des entreprises déclarantes utilisent aujourd’hui un prix interne de l’eau. Cela signifie que la grande majorité sous-estime fortement son exposition aux risques hydriques. Or, les investisseurs, les régulateurs et les consommateurs exigent de plus en plus de transparence. Intégrer cette dimension dès maintenant permet : de sécuriser la chaîne d’approvisionnement, de réduire des risques financiers majeurs, de capter des opportunités de marché estimées à 1,4 trillion USD . Notre approche concrète Nous proposons aux entreprises des POC (Proof of Concept) rapides de 6 à 8 semaines , qui permettent de : Mesurer votre empreinte hydrique sur vos sites et votre chaîne d’approvisionnement. Définir un prix interne de l’eau adapté à vos activités et à vos risques. Identifier les fournisseurs critiques les plus vulnérables à la raréfaction ou aux conflits d’usage. À l’issue de ce POC, vous disposez d’un modèle clair et chiffré pour piloter vos décisions financières et anticiper les attentes des investisseurs. Conclusion L’eau devient un facteur stratégique pour la compétitivité et la résilience des entreprises. Comme pour le carbone, celles qui sauront quantifier leur empreinte, fixer un prix interne et intégrer ces données dans leur gouvernance seront les mieux armées pour l’avenir. 👉 Et vous, souhaitez-vous tester un POC sur 6 à 8 semaines pour mesurer vos risques hydriques et mettre en place un prix interne de l’eau adapté à votre entreprise ?
- HAZARD SCORE : quand la prescription médicale rencontre la santé environnementale
La pollution liée aux médicaments est un angle mort de notre système de santé. Chaque jour, des substances pharmaceutiques se retrouvent dans l’eau, les sols ou les organismes vivants, avec des impacts parfois lourds sur la biodiversité et, in fine, sur notre propre santé. Pourtant, des outils existent pour aider les prescripteurs et les pharmaciens à intégrer cette dimension environnementale dans leurs choix thérapeutiques. Parmi eux, le Hazard Score , développé à partir de données toxicologiques et écotoxicologiques, propose une évaluation claire du potentiel d’impact environnemental d’une molécule. En pratique, il s’agit d’un indicateur agrégé, facilement accessible dans la littérature scientifique, qui attribue un score en fonction de la persistance, de la bioaccumulation et de la toxicité du médicament. L’intérêt est double : Pour les prescripteurs : comparer deux molécules équivalentes en termes d’efficacité clinique, et choisir celle qui aura le moindre impact environnemental. Pour les pharmaciens hospitaliers et d’officine : orienter leurs recommandations, intégrer un critère environnemental aux décisions d’achat, mieux informer les patients. Pour les soignants : comprendre que leurs gestes quotidiens (choix, préparation, élimination des produits) influent sur l’empreinte écologique des soins. Une étude menée par l’équipe du CHU de Strasbourg a montré que cet outil pouvait devenir un support stratégique pour écoconcevoir les prescriptions . D’autres travaux (HAL, 2021) soulignent qu’il constitue un langage commun entre médecins, pharmaciens et chercheurs pour responsabiliser les pratiques sans compromettre la qualité du soin. En clair, l’information est disponible, mais reste encore trop méconnue. Le Hazard Score doit désormais entrer dans le quotidien des professionnels de santé, au même titre que les référentiels thérapeutiques ou économiques. Car prescrire un médicament, c’est aussi prescrire un impact environnemental . À nous de choisir de le réduire.
- Mode durable : l’affichage environnemental des vêtements entre en scène
À partir du 1er octobre, les Français découvriront sur leurs vêtements une nouvelle information : le coût environnemental de leur t-shirt, jean ou veste. Derrière ce chiffre, une ambition claire : rendre visible l’impact caché de la mode, secteur parmi les plus polluants au monde. Un score calculé sur tout le cycle de vie Ce nouvel affichage, issu de la loi Climat et Résilience et porté par l’ADEME et le ministère de la Transition écologique, repose sur une analyse du cycle de vie (ACV) . Concrètement, il additionne les impacts environnementaux de chaque étape : culture ou extraction de la matière première, transformation, teinture, confection, transport, usage et fin de vie.Le score prend aussi en compte la durabilité : combien de temps le vêtement est conçu pour être porté, s’il est réparable, et même la pollution liée aux microfibres libérées au lavage. Pour garantir la transparence, toutes les marques devront s’appuyer sur Ecobalyse , un outil open-source piloté par l’État. Fini les méthodologies maison impossibles à comparer. Est-ce fiable ? Oui, mais pas parfait. Les données sont parfois incomplètes, notamment sur l’origine des matières ou les pratiques des fournisseurs. Le calcul du “coefficient de durabilité” reste incertain : qui peut dire avec certitude combien de fois un t-shirt sera porté avant d’être jeté ?Mais la démarche est sérieuse : elle s’appuie sur des années de recherche scientifique, des consultations publiques et des tests menés avec des experts. Pour la première fois, les consommateurs disposent d’une base commune et vérifiée pour comparer les vêtements. Ce que cela change pour chacun de nous Si vous hésitez entre deux produits, ce score devient un critère objectif . Choisir un vêtement au score environnemental deux fois inférieur, c’est réduire de moitié son impact.Pris isolément, le geste peut sembler modeste : quelques kilos de CO₂, quelques dizaines de litres d’eau économisés. Mais à l’échelle collective, le potentiel est immense.Imaginons : 1 000 consommateurs choisissant systématiquement le vêtement le plus sobre évitent chaque année plusieurs tonnes de CO₂ et des milliers de litres d’eau gaspillés. De quoi donner un signal fort à l’industrie. Un levier de transformation Car l’effet de levier est là : si la demande s’oriente vers des vêtements mieux notés, les marques devront repenser leurs chaînes de production, privilégier des matières plus vertueuses, investir dans la durabilité et la réparabilité.L’affichage environnemental ne promet pas de régler tous les problèmes de la mode, mais il installe une nouvelle norme : le prix affiché en euros n’est plus le seul qui compte . Le coût pour la planète entre désormais en ligne de compte. Convaincre de l’utiliser Reste à franchir une étape clé : que les consommateurs se saisissent réellement de cette information. Pour y parvenir, trois arguments simples peuvent être mis en avant : Un achat = un vote : chaque euro dépensé soutient une filière plus ou moins polluante. La transparence : ce score rend enfin visibles des impacts longtemps invisibles. L’effet collectif : si chacun agit, la transformation devient inévitable. Le pouvoir est dans le caddie !! En somme, l’affichage environnemental textile ouvre une ère nouvelle : celle où la mode ne se juge plus seulement à la coupe ou au prix, mais aussi à son empreinte écologique. Une révolution silencieuse, mais déterminante.
- 🌍 ECHO' RSE – Semaine du 15 septembre 2025
Agir pour la santé et les générations futures 💧 Pesticides : les rivières françaises sous surveillance Les résultats de l’étude PestiRiv , menés conjointement par Santé publique France et l’ANSES, viennent d’être publiés. Ils dressent un état des lieux préoccupant : les résidus de pesticides sont présents dans la quasi-totalité des cours d’eau français. Si les concentrations varient selon les territoires, des zones dites “hotspots” émergent, soulignant la nécessité d’agir localement.Cette étude apporte une base scientifique solide pour renforcer la réglementation agricole et guider les politiques publiques en matière de santé environnementale. 👉 Lire l’étude complète : https://toute-la.veille-acteurs-sante.fr/236183/presentation-des-resultats-de-letude-pestiriv-en-ligne/ 🌱 Horizon Europe : de nouveaux appels pour innover La Commission européenne ouvre plusieurs appels à projets Horizon Europe sur la thématique climat et biodiversité : HORIZON-CL6-2025-02 pour développer des partenariats Afrique-Europe sur les énergies renouvelables et durables. “Horizon Europe et l’IHI (Innovative Health Initiative) soutiennent des appels à projets autour de la fabrication circulaire de produits de santé , des biomatériaux avancés et de l’écoconception des dispositifs médicaux, y compris des procédures d’évaluation de conformité plus efficaces et des matériaux d’emballage écologiques. Ces initiatives offrent des opportunités de financement pour chercheurs, entreprises et établissements de santé. Research and innovation+2European Commission+2 ” 💶 PME & ETI : un nouvel outil financier pour la transition La Métropole de Lyon met en avant les Obligations Transition , un mécanisme soutenu par l’État permettant aux PME et ETI d’accéder à des financements avantageux pour leurs projets de décarbonation.Économies d’énergie, réduction des émissions, efficacité des procédés… Ces obligations constituent un levier concret pour accélérer l’investissement écologique dans le tissu économique local.👉 Détails : CCI Lyon Métropole – Obligations Transition 📅 Semaine européenne du développement durable 2025 Elle se tiendra du 18 septembre au 8 octobre 2025 . Cette édition mettra l’accent sur l’adaptation au changement climatique , avec des centaines d’événements organisés dans toute l’Europe. Collectivités, entreprises et associations sont invitées à inscrire leurs projets pour valoriser leurs initiatives. 👉 Programme et inscriptions : Ministère de la Transition écologique ✨ Conclusion À travers ces actualités, un fil rouge apparaît : la transition écologique n’est plus une option, mais un impératif qui se décline en actions concrètes — qu’il s’agisse de financer la décarbonation des PME, de renforcer la surveillance de nos ressources en eau, ou de bâtir des ponts entre innovation médicale et durabilité. Le scoring " TENDANCE RSE®" , permet de prioriser ses actions, contactez nous ! « Changer une règle, c’est changer le jeu ; agir localement, c’est déjà transformer le système. »
- Ultra-transformés : un essai contrôlé montre des effets néfastes indépendants des calories
Quand l’assiette fabrique la santé (ou la fragilise) Le caddie cliquette, les packs s’empilent, les codes-barres défilent. À 2 000 kilomètres de là, dans un hôpital universitaire de Copenhague, des jeunes hommes passent à la DEXA ( DEXA ou DXA (Dual-Energy X-ray Absorptiometry), qui est une technique d’imagerie médicale permettant de mesurer la densité osseuse et la composition corporelle.) , donnent du sang et un échantillon de sperme. Même âge, même profil, même protocole. Une différence, une seule : pendant trois semaines, leur assiette aura été soit truffée d’ultra-transformés, soit composée d’aliments bruts et peu transformés. Les calories, elles, ont été égalisées au gramme près. L’étude — un essai croisé 2 × 2 sur 43 hommes de 20 à 35 ans — pose une question très simple, presque brutale : le degré de transformation des aliments abîme-t-il la santé, indépendamment des calories ? Les chercheurs ont verrouillé le piège méthodologique : chaque participant a reçu successivement un régime ultra-transformé (≈ 77 % de NOVA 4) puis un régime peu transformé (≈ 66 % NOVA 1) (ou l’inverse), avec apports calibrés “adéquats” ou “en excès”, et une longue période de “wash-out” entre les deux. ( NOVA est une classification des aliments qui divise les aliments en quatre catégories en fonction de leur degré de transformation industrielle) Le verdict tombe vite, en chiffres sobres, sans effets de manche. À calories égales , le régime ultra-transformé fait prendre 1,3 à 1,4 kg en 3 semaines , quasi exclusivement sous forme de masse grasse . Le profil lipidique se dégrade : ↑ cholestérol total et ↑ ratio LDL:HDL (bras calories “adéquates”). La pression artérielle diastolique monte (bras “excès calorique”). Du côté hormonal, la mécanique fine se dérègle : ↓ GDF-15 (une hormone impliquée dans l’équilibre énergétique), ↓ FSH (clé de la spermatogenèse) dans le bras “excès”, testostérone en baisse tendancielle dans le bras “adéquat”. La mobilité totale des spermatozoïdes recule, là encore de manière tendancielle. Trois semaines. Pas trois ans. Ce que cela change si l’on veut vraiment faire de la prévention On pourrait en rester au constat. On peut aussi en tirer des conséquences pratiques, tout de suite, là où les choix alimentaires se forment et s’achètent. 1) Les écoles hôtelières, futurs centres de prévention C’est sur leurs plans de travail que se joue la santé publique de demain. Il faut généraliser des modules certifiants sur : NOVA & Nutri-Score , réduction des UPF ("Ultra-Processed Foods") , exposition aux contaminants (phtalates, PFAS), techniques culinaires protectrices (fibres, qualité des lipides, index glycémique), menu engineering bas-UPF.Faisons-en des laboratoires vivants : cartes “ 0-UPF ”, menus mesurés, suivis à 3–6 semaines de convives volontaires (poids, PA, lipides). En back-office, des achats responsables : cahiers des charges anti-migrants chimiques, traçabilité des matrices. ARS et Assurance Maladie peuvent financer ces stages terrains, notamment en cuisines scolaires, hospitalières, Ehpad. 2) La vraie disruption : la grande distribution prescrit… et incite La pédagogie passive a atteint ses limites. Embauchons des nutritionnistes en magasin : analyse volontaire du caddie (ticket de caisse + appli), “prescription alimentaire” personnalisée (baisser le % d’UPF, relever fibres et oméga-3, améliorer le ratio LDL:HDL).Puis jouons la tarification incitative : réductions progressives conditionnées au respect de la prescription lors des passages suivants. On peut imaginer des parcours “fertilité masculine” (moins d’UPF, plus d’antioxydants, poissons gras, noix, légumineuses) et des parcours cardio-métaboliques (fibres, index glycémique, huiles riches en mono-/poly-insaturés). La Sécu y gagne : en s’appuyant sur les dispositifs d’expérimentation (type Article 51 ), elle cofinance ces remises si et seulement si les indicateurs cliniques s’améliorent (poids, PA, LDL:HDL). On rémunère la preuve , pas l’intention. 3) Rendre le Nutri-Score obligatoire… et afficher NOVA/UPF en face avant L’essai danois rappelle que l’information doit être visible, comparable, opposable . Il faut imposer le Nutri-Score sur tous les produits (y compris MDD ( Marque De Distributeur) et livraison), ajouter un pictogramme UPF/NOVA simple et lisible, et resserrer les normes d’emballage pour les catégories à risque (phtalates, etc.). Tant que l’acheteur ignore le degré de transformation , il achète “à l’aveugle”. 4) Le levier public : achats et restauration collective Les cantines scolaires, universitaires, hospitalières peuvent tirer le marché . Fixons des seuils maximaux d’UPF dans les menus, intégrons la traçabilité NOVA dans les marchés, formons acheteurs et équipes cuisine . Trois semaines suffisent pour voir un effet : une année scolaire, c’est une opportunité de santé massive. 5) Mesurer pour transformer Passons à l’échelle via des essais territoriaux (6–12 mois) associant grandes surfaces + écoles hôtelières + collectivités . Mesurons achats (part d’UPF, panier moyen), biomarqueurs simples (PA, IMC, LDL:HDL), indicateurs de fertilité lorsque c’est pertinent (population 20–40 ans, centres d’andrologie). Ce que l’essai montre en 21 jours, un territoire peut le démontrer en 6 mois — et l’inscrire dans la durée. Ce que raconte, au fond, l’essai danois Il raconte une évidence que l’on n’osait pas objectiver : toutes les calories ne se valent pas quand la matrice change. Il raconte aussi que l’environnement chimique de l’aliment — de sa formulation à son emballage — entre dans notre sang et peut infléchir nos hormones. Il rappelle enfin que des effets rapides sont possibles : trois semaines d’une cuisine simple, travaillée, peu transformée , peuvent améliorer des marqueurs clés. Rien ici n’appelle la culpabilisation. Tout appelle l’organisation : des cuisines qui savent , des rayons qui accompagnent , des prix qui encouragent , des étiquettes qui disent la vérité , des données qui prouvent . Les écoles hôtelières et les grandes surfaces n’ont jamais été pensées comme des acteurs de santé . L’époque exige de les y installer. Référence Effect of ultra-processed food consumption on male reproductive and metabolic health , Cell Metabolism , “In Press, Corrected Proof”, 28 août 2025 (essai randomisé en cross-over, 43 hommes, 3 semaines par régime, calories égalisées). Open access sous licence Creative Commons.
- Santé et climat : investir dans la résilience rapporte quatre fois plus
La crise climatique n’est plus une hypothèse : vagues de chaleur, inondations, tempêtes ou incendies mettent déjà nos systèmes de santé à rude épreuve. Hôpitaux saturés, ruptures d’approvisionnement, coupures électriques… Les infrastructures de soin, conçues pour fonctionner en régime stable, se retrouvent souvent démunies. Or, un rapport récent du Forum économique mondial , réalisé en partenariat avec Deloitte , montre qu’investir dans la résilience climatique des soins de santé n’est pas un coût, mais un levier de performance et de durabilité . Le calcul est sans appel : chaque dollar investi génère jusqu’à quatre dollars d’économies , en réduisant les dépenses de santé et les pertes de productivité liées aux crises. https://reports.weforum.org/docs/WEF_Healthcare_in_a_Changing_Climate_2025.pdf Quand la résilience devient rentable Concrètement, les établissements capables de maintenir leurs services lors d’une crise limitent à la fois les coûts directs (hospitalisations d’urgence, transports sanitaires, surconsommation énergétique en cas de coupure) et les coûts indirects (arrêts de travail prolongés, aggravation des pathologies chroniques, perte de revenus pour les familles). La résilience n’est donc pas seulement un enjeu de santé publique : c’est aussi un investissement économique rationnel , qui sécurise les systèmes et préserve la continuité des soins. L’exemple inspirant du Bangladesh Au Bangladesh, un pays particulièrement exposé aux inondations, des cliniques communautaires surélevées ont été construites pour rester accessibles même lorsque les terres sont submergées. Équipées de réfrigération solaire , elles garantissent la conservation des vaccins et médicaments, même en cas de coupure d’électricité prolongée. Résultat : continuité des campagnes de vaccination, accès permanent aux soins essentiels, et confiance renforcée des populations locales dans leur système de santé. Ces projets démontrent qu’ une conception adaptée aux risques climatiques , même dans des contextes de ressources limitées, sauve des vies et réduit considérablement les coûts liés aux interruptions de service. Et en Europe ? Nos établissements hospitaliers ne sont pas à l’abri. Les vagues de chaleur de 2022 ont révélé la fragilité des infrastructures européennes : salles non climatisées, matériels sensibles aux températures extrêmes, dépendance à des réseaux électriques vulnérables. Imaginer des “hôpitaux résilients” , capables de fonctionner même lors de canicules ou de coupures d’énergie, devient une nécessité. Microgrids solaires, bâtiments éco-conçus, approvisionnements sécurisés et circuits courts… autant de leviers déjà à notre portée. L’enjeu pour la France La France doit se saisir de ces enseignements. Au-delà de l’adaptation des infrastructures, c’est toute la gouvernance hospitalière qui doit intégrer la résilience comme priorité stratégique. Les ARS , les collectivités et les ministères ont ici un rôle clé à jouer pour financer, structurer et généraliser ces solutions. Plutôt que de voir la résilience comme un coût supplémentaire, il est temps de la considérer comme un investissement vital et rentable , garantissant la continuité des soins, la confiance des citoyens et la soutenabilité économique du système de santé. Conclusion L’étude du Forum économique mondial le prouve : investir dans la résilience climatique, c’est investir dans l’avenir. Chaque euro placé aujourd’hui permet d’économiser quatre euros demain. « Préparer nos systèmes de santé aux chocs climatiques, c’est protéger à la fois nos vies, nos économies et notre cohésion sociale. »
- Le backlash : comprendre, constater, dépasser
Introduction – Poser le sujet Le terme backlash désigne une réaction de rejet, souvent soudaine et intense, face à une évolution perçue comme menaçante. Dans le champ social et politique, il incarne le contre-coup d’un progrès jugé trop rapide ou trop radical par une partie de la société. Les transitions sociales, environnementales et économiques n’y échappent pas : dès que l’élan s’accélère, surgit une force de rappel qui cherche à ralentir, voire à inverser la dynamique. Aujourd’hui, ce phénomène touche de plein fouet la RSE, l’ESG et les politiques environnementales. Aux États-Unis, un mouvement anti-ESG gagne du terrain. En Europe, certaines mesures de sobriété énergétique ou de transformation agricole déclenchent des mobilisations virulentes. Le backlash, loin d’être un accident, est le signe paradoxal que la transition est bien engagée au point de bousculer les habitudes et de réveiller les résistances. Les réglementations qui nourrissent ou déclenchent le backlash Les dernières années ont vu se multiplier des textes et cadres normatifs qui renforcent les obligations sociales, environnementales et de gouvernance des organisations. Ces réglementations constituent un levier puissant pour transformer les modèles économiques, mais elles alimentent aussi le sentiment de contrainte qui nourrit certains backlashs. Parmi les plus marquantes : La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) : entrée en vigueur progressive dès 2024, elle oblige des milliers d’entreprises européennes à publier des rapports détaillés sur leurs impacts sociaux et environnementaux, selon les normes ESRS. Le Green Deal européen et la taxonomie verte : classification des activités économiques durables, conditionnant l’accès aux financements et incitant les entreprises à orienter leurs investissements. Le devoir de vigilance (directive européenne en cours de finalisation) : obligation pour les grandes entreprises de contrôler les impacts de leur chaîne de valeur sur les droits humains et l’environnement. Les SPASER et la commande publique durable en France : obligation pour les collectivités de publier un schéma de promotion des achats responsables, créant une pression vertueuse mais perçue comme contraignante par certains acteurs économiques. Les réglementations climatiques nationales (plan France Nation Verte, Stratégie nationale bas-carbone, ZFE-m dans les grandes villes) : mesures visant à réduire les émissions de GES mais qui peuvent générer des crispations sociales (ex. backlash des transporteurs ou des agriculteurs). Ces obligations s’ajoutent à un contexte déjà complexe (inflation, crise énergétique, tensions sociales), ce qui explique en partie la vigueur des réactions de rejet. Un avenir d’opportunités : transformer le backlash en élan Sur le terrain, la réalité est bien différente du discours de découragement. Dans les établissements de santé que nous accompagnons depuis vingt ans, nous voyons émerger une conviction claire : il faut agir, et vite . Ce n’est pas la volonté qui manque, mais les compétences. Le déficit principal reste celui de la formation initiale et continue : médecins, soignants, ingénieurs biomédicaux, acheteurs, directeurs… tous expriment aujourd’hui le besoin de monter en compétences pour intégrer la RSE, l’éco-conception et la santé environnementale dans leur pratique. Ces sujets, qui pouvaient paraître « nouveaux » il y a deux décennies, deviennent désormais implicites : ils irriguent les décisions, les projets, la gouvernance. Et loin de reculer, la France est pionnière mondiale sur ces enjeux. Nos établissements de santé sont déjà cités en exemple à l’international, preuve que les efforts accomplis portent leurs fruits. Dire que « tout recule » est non seulement inexact, mais surtout dangereux, car cela alimente un sentiment d’impuissance. Or nous observons l’inverse sur le terrain : si certains pensent que « cela ne va pas assez vite », c’est justement le signe d’une exigence collective croissante . Derrière l’impatience, il y a une formidable énergie : celle d’un pays qui veut avancer plus fort et plus vite. C’est pourquoi nous croyons que le véritable moteur de cette transition réside dans un changement de récit : remplaçons le « À quoi bon ? » par le « Et pourquoi pas ? » . Plus nous mettrons en lumière les expériences réussies, plus nous ferons naître l’envie d’agir. C’est tout le sens de la veille ECHOrse® que nous avons lancée ce mois-ci : montrer la richesse des initiatives concrètes, et faire résonner l’intelligence collective du terrain. La meilleure réponse au backlash n’est pas la polémique, mais la communication positive et la démonstration par l’exemple . C’est par ce récit partagé que nous transformerons le doute en énergie, et la résistance en mouvement. #Rentree2025
- Soignants de demain : pourquoi les “green skills” deviennent indispensables
La transition écologique ne concerne pas que l’industrie, l’énergie ou l’agriculture. Elle s’invite désormais au cœur même des hôpitaux, cliniques et cabinets médicaux. Un rapport récent de l’ European Observatory on Health Systems & Policies tire la sonnette d’alarme : pour être résilients face au changement climatique et durables dans leurs pratiques, les systèmes de santé européens doivent intégrer des compétences vertes — ou green skills — dans la formation de leurs professionnels. Quand le climat bouscule la santé Canicules, vagues de pollution, inondations, nouvelles pathologies infectieuses… Le climat met les systèmes de soins sous tension. Les soignants se retrouvent en première ligne, non seulement pour soigner les conséquences médicales, mais aussi pour adapter les pratiques elles-mêmes. Un bloc opératoire surconsommateur d’énergie, des dispositifs médicaux à usage unique qui saturent les filières déchets, une climatisation mal dimensionnée qui alourdit la facture carbone et financière : chaque détail compte. Les green skills , de quoi parle-t-on ? Le rapport met en avant plusieurs champs de compétences essentiels : Consommation responsable : savoir évaluer l’impact environnemental d’un soin, privilégier les dispositifs réutilisables, réduire les gaspillages. Communication et pédagogie : être capable de sensibiliser patients, collègues et partenaires aux enjeux écologiques liés aux soins. Adaptation face au climat : comprendre les risques sanitaires liés au réchauffement, anticiper les besoins (hydratation, ventilation, stocks de médicaments sensibles à la chaleur). Innovation organisationnelle : intégrer l’éco-conception des parcours de soins, du tri des déchets hospitaliers à la mobilité durable des équipes. Des exemples qui montrent la voie En Espagne , certains services d’urgence forment déjà leurs équipes à la gestion des vagues de chaleur, incluant des protocoles cliniques et des stratégies de communication ciblées pour les patients vulnérables. En Royaume-Uni , le NHS développe des modules en ligne sur les soins bas carbone et encourage les green champions dans chaque hôpital. En France , les diplômes universitaires émergent : management du développement durable en santé, achats responsables, santé environnementale… mais l’intégration reste encore trop marginale. Une opportunité pour renforcer la résilience Former les soignants aux green skills , c’est leur donner des outils supplémentaires pour affronter les crises sanitaires et climatiques à venir. Mais c’est aussi une manière de redonner du sens : participer à la transition écologique devient une source de fierté et d’engagement pour des professionnels souvent en quête de reconnaissance. Et maintenant ? L’Europe avance, mais le défi est immense. Il ne s’agit pas seulement d’ajouter un module optionnel dans un cursus : c’est toute la culture de la formation médicale et paramédicale qui doit évoluer . Les futurs médecins, infirmiers, pharmaciens, ingénieurs biomédicaux devront apprendre à soigner… tout en réduisant l’empreinte de leurs soins. “Former aux green skills, ce n’est pas une contrainte : c’est préparer les soignants à soigner durablement les générations futures.”









